Cadalen. Trois hommes soupçonnés d'avoir abattu un aigle royal dans le Tarn

Vu sur le site de La Dépêche

En décembre 2019, la balise GPS d’un aigle royal s’est interrompue alors que le rapace survolait le Gaillacois. Plus précisément le secteur de Cadalen. Une interruption synonyme de la mort de cet oiseau classé espèce protégée. Mercredi, trois mois après, cet évènement, trois hommes étaient en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Gaillac pour s’expliquer sur la mort du rapace à proximité d’un élevage de poule. Ils comparaîtront devant le tribunal correctionnel pour destruction d’espèce protégé. Une qualification susceptible de leur valoir une peine de 3 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amendes.

À la demande du procureur d’Albi, la gendarmerie et l’observatoire français de la biodiversité étaient cosaisis afin de mener à bien les investigations nécessaires à cette enquête."Cet aigle royal faisait l’objet d’un marquage agréé par le muséum d’histoire naturelle, explique François-Xavier de Resseguier, de l’office de la biodiversité. Il faisait partie d’un programme du Centre de recherches sur la biologie des populations d’oiseaux. Ce jeune mâle de 1 an avait été bagué dans l’Hérault. Une fois qu’il est suffisamment dégourdi, il part à la recherche de son domaine vital. 98 individus sont suivis dans le cadre de ce programme dont 13 dans le massif central".

C’est une population fragile puisque 18 jeunes seulement ont pris leur envol en 2019 dans ce secteur. Cette population du massif central est importante pour la biodiversité car elle permet de faire le lien entre les Alpes et les Pyrénées. Elle ne comporte que 38 couples reproducteurs. Ce jeune mâle n’a pas eu le temps de s’accoupler alors qu’il peut vivre 25 ans. Lorsque sa balise GPS n’a plus émis, l’office de la biodiversité a été alerté par le bagueur. Il a permis de situer le lieu de la mort et les gendarmes sont remontés jusqu’aux auteurs présumés du tir mortel. Le harnais GPS a été retrouvé dans l’Agout. Mais pas l’oiseau. Néanmoins, les enquêteurs ont recueilli assez d’éléments pour renvoyer devant le tribunal les trois comparses.

En octobre dernier, ce sont deux aigles de Bonelli qui ont été tués dans le Gers et les Landes. Une enquête a été ouverte pour retrouver le ou les coupables.

Patrick Guerrier