Présentation de l'espèce

Nom anglais : Golden Eagle / Nom allemand : Steinadler / Nom espagnol : águila real / Nom hollandais : steenarend / Nom italien : aquila reale

Classification

Nom français : Aigle royal
Nom latin : Aquila chrysaetos
Embranchement : Vertébrés
Classe : Oiseaux
Ordre : Falconiformes
Famille : Accipitridae
Genre : Aquila
Espèce : chrysaetos

L’Aigle royal appartient à la famille des Accipitridés qui fait partie de l’ordre des Falconiformes. L’Aigle royal appartient au genre Aquila qui comprend différentes espèces (~n=18) :

  • Aquila chrysaetos - Aigle royal
  • Aquila heliaca – Aigle impérial
  • Aquila aldaberti – Aigle ibérique
  • Aquila verreauxii – Aigle de Verreaux
  • Aquila audax - Uraète audacieux, Aigle d'Australie
  • Aquila pomarina – Aigle pomarin
  • Aquila hastata – Aigle lancéolé
  • Aquila clanga – Aigle criard
  • Aquila rapax – Aigle ravisseur
  • Aquila nipalensis – Aigle des steppes
  • Aquila gurneyi – Aigle de Gurney
  • Aquila africana – Aigle de Cassin
  • Aquila spilogaster – Aigle fascié
  • Et L’Aigle botté Hieraaetus pennatus devient Aquila pennata et l’Aigle de Bonelli Hieraaetus fasciatus devient Aquila fasciata

L’aigle royal est présent sur de vastes territoires…

L’Aigle royal (A. chrysaetos) a une distribution bien plus large que l’Eurasie puisqu’il a une répartition holarctique. Il se rencontre sur les 4 continents où il occupe les zones climatiques steppique, méditerranéenne, tempérée et boréale.

Sur ces vastes territoires, il est représenté par 6 sous espèces :

  • A.c chrysaetos : Nord, centre-Sud et Est de l’Europe jusqu’au centre de la Sibérie à la rivière Lenisseï ;
  • A.c homeyeri : Péninsule ibérique y compris les versants sud et nord des Pyrénées, Afrique du nord, puis s’étend vers l’est de l’Egypte à la Crête jusqu’au Caucase et en Iran, et vers le sud les hauts plateaux Ethiopiens. La zone de contact de A.c chrysaetos et A.c homeyeri doit correspondre au sud du massif central.
  • A.c daphanae : Est de l’Iran, toute la zone himalayenne jusqu’à l’ouest et le centre de la Chine (la plus grande espèce).
  • A.c Kamtschatica : Centre de la Sibérie et Ouest de l’Altaï, jusqu’en Mongolie et le Nord-est de la Chine puis jusqu’à la péninsule du Kamchatka. Il semble avoir disparu du Tibet.
  • A.c japonica, la plus petite des sous espèce occupe le Japon et la péninsule Coréenne.
  • A.c canadensis : de l’Alaska, l’ouest des Etats-Unis jusqu’au Mexique. Il a disparu du Tennessee jusqu’au Appalaches.

Une longue histoire…

L’Aigle royal, magnifiant la nature sauvage, a dû faire face à partir du début du 19ème siècle aux pires des persécutions notamment en Europe et en Amérique du Nord.
Au moyen âge, il était considéré comme l’oiseau des rois et son abattage était interdit aux manants au risque de la peine capitale. Puis tout a commencé lorsque nos sociétés en plein essor industriel et agricole ont engagé la grande traque contre les nuisibles. Le décret du 12/12/1905 fixant la liste des nuisibles et utiles allait alors organiser les massacres qui suivirent.
Entre 1950 et 1970, ce sont plusieurs millions de rapaces qui ont été abattus en Europe notamment en France et en Allemagne et le plus souvent avec en contrepartie le versement de prime « d’encouragement ». Ainsi, sans aucune distinction toutes les espèces qui portaient des serres et un bec crochu ont été condamnées à mort par tous les moyens : des battues, aux affûts, en passant par les piégeages, les appâts empoisonnés, les abattages des reproducteurs, jusqu’aux destructions des aires et des nichées,…, tout était permis jusqu’à pourchasser l’espèce en avion en Amérique du Nord. Ces massacres glorifiés dans la presse n’ont pas pour autant amélioré le statut des gibiers, en revanche, les rapaces ont payé un lourd tribut au point que certains ont disparu et d’autres sont toujours menacés d’extinction.

Les données de paléogéographie signalent l’Aigle royal en France au Pléistocène moyen (800 000-128 000 ans BP ) et supérieur (128 000-10 000 ans BP), au Cap de la Biehle, à la Caune de l’Arago, à Evenos, à Combe Grenal, à la Fage, à Lunel- Viel et à Terra Amata. Il était également signalé en Géorgie à Kudaro ; en Italie à la grotte Maggiore di San Bernardino ; en Tchéquie à Chlum ; en Azerbaïjan dans le site de Binagady. Il ne semblait pas alors différer par les dimensions et la morphologie de l’Aigle royal actuel, tels que le confirment les fragments trouvés dans la grotte du Lazaret, située à Nice dans les Alpes-Maritimes (ROGER. 2004). Toutefois, le travail de comparaisons des os a permis de mettre en évidence des différences de proportions et de tailles des formes fossiles révélant soit des écotypes, soit l’apparition de sous-espèces nouvelles. Ainsi, en Corse, un aigle de la stature de l’Aigle royal actuel mais présentant des différences allométriques par rapport à l’espèce actuelle figure sur la liste des oiseaux du Pléistocène.
Ceci étant énoncé, l’Aigle royal était certainement représenté bien avant le Pléistocène, de l'Oligocène au Pliocène (de -36 à -2 millions d'années), par une forme voisine de celle que nous connaissons.
Une période sombre de persécution…
L’Aigle royal a su traverser les âges. Pour nous parvenir, il a dû résister aux bouleversements climatiques du pléistocène (de -2 millions d'années à -10 000 ans). Malgré cet extraordinaire périple, son existence a été mise en péril à notre époque par l’homme qui, en le persécutant, l’a exposé aux pires des dangers !

Après plus de 150 ans de persécution l’Aigle royal et les rapaces ont été ensuite progressivement protégés :
• Arrêté du 24/04/1972 abrogeant la chasse des rapaces ;
• Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) du 3 mars 1973 (Washington) ;
• Puis loi du 19/07/1976, complétée par l’arrêté du 17/04/1981 modifié par celui du 05/03/99, qui fixait la liste des espèces protégées…

Description

Aigle royal adulte - Photo : Bruno Berthémy ©

L’Aigle royal figure parmi les plus grands aigles dont la silhouette harmonieuse se distingue aisément dans le ciel décrivant des figures vertigineuses ou bien planant les ailes étendues.
Le plumage de l’adulte de l’Aigle royal est d’un brun foncé uniforme. Le bec est de couleur foncée, la cire et les doigts sont jaunes, et la queue discrètement rayée. Les plumes du dessus de l’oiseau sont généralement plus pâles, principalement celles du derrière de la tête qui sont teintées de doré. Cette pigmentation procure à ce prédateur un camouflage efficace; c’est probablement pour cette raison que ces oiseaux sont le plus souvent détectés en vol plutôt qu’au sol.

Le plumage des immatures est plus foncé et moins uniforme que celui des adultes. Il est caractérisé par deux cocardes blanches sur les ailes à la base des primaires et par une bande blanche à la base de la queue, terminée par une large barre noire.
Le plumage des juvéniles est quant à lui nettement plus sombre que l’adulte avec des cocardes blanches sus alaires et de larges bandes blanches sous alaires sur presque toute la longueur de l’aile bien perceptibles. La queue blanche se distingue, elle est bordée d’une bande noire terminale et d’un liseré blanc à l’apex.

  • Taille : 80 à 87 centimètres (mâle), 90 à 95 centimètres (femelle)
  • Envergure : 190 à 210 centimètres (mâle), 215 à 230 centimètres (femelle)
  • Poids : 2900 à 4550 grammes (mâle), 3800 à 6600 grammes (femelle)
  • Longévité : 30 à 40 ans dans la nature et plus de 50 ans en captivité.
  •   Voix : L’Aigle royal est particulièrement silencieux. Il peut toutefois émettre des « glatissement » qui même s’ils sont rares chez l’adulte sont plus communément utilisés par les aiglons réclamant leurs pitances à leurs parents, peu de temps avant le premier envol. Ces cris plaintifs émis par les jeunes tenaillés par la faim s’apparentent à deux syllabes : « kyok-kyok- kyok ». Ces cris sont perceptibles à l’aire et en vol durant la période de dépendance et audibles à plus d’un kilomètre.