Une nouvelle étude identifie les rapaces les plus durement touchés par les parcs éoliens

Photo © www.volganet.ru By Fiona Dobson

Une nouvelle étude a montré quelles espèces d'oiseaux et de chauves-souris risquent le plus d’entrer en collision avec les éoliennes. Les rapaces et les oiseaux migrateurs arrivent en tête de liste. Cette étude est la première à donner une vision globale du problème et à identifier des solutions possibles pour permettre aux oiseaux, aux chauves-souris et aux éoliennes de cohabiter avec un minimum de conflits.

A cause du changement climatique, les pays du monde entier sont à la recherche d’énergies vertes. Avec l’usage accru de l'énergie éolienne et l’augmentation du nombre de turbines, il est essentiel d'évaluer l'impact sur les oiseaux et les autres espèces sauvages. Le Dr Chris Thaxter du British Trust for Ornithology (BTO) insiste sur l'importance de trouver «l'équilibre délicat entre un avenir plus vert et une biodiversité saine».
L'une des principales préoccupations concernant le développement des parcs éoliens est le risque de collision avec les oiseaux et les chauves-souris; Les pâles rotatives géantes capturent non seulement la puissance du vent, mais peuvent aussi surprendre la faune sans méfiance, conduisant à des collisions mortelles. Ce problème a été bien documenté en Europe et en Amérique du Nord, mais jusqu'à présent on en savait beaucoup moins sur la situation dans d'autres parties du monde où l'énergie éolienne est en pleine expansion.
Pour la première fois, une étude récente publiée dans Proceedings Of The Royal Society B montre une vision globale de la situation. Les taux de collision de diverses espèces d'oiseaux et de chauves-souris ont été modélisés en fonction de leurs comportements migratoires et de leur écologie, ainsi que la hauteur et la capacité des éoliennes. Ce travail important a été mené par le BTO et soutenu par BirdLife International, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature, la Société Royale pour la Protection des Oiseaux, le Centre Mondial de Surveillance de la Conservation des Nations Unies et l'Université de Cambridge.

Les taux de collision élevés chez les rapaces pourraient être dus à leurs adaptations visuelles pour la chasse: ils ont une grande tache aveugle au centre de leur champ de vision.

Les espèces les plus vulnérables sont les oiseaux de proie, en particulier le pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla), l'aigle royal (Aquila chrysaetos) et le vautour fauve (Gyps fulvus) - en partie parce que leur terrain de chasse sont les terres agricoles où sont fréquemment les parcs éoliens (onshore). Un récent article de Nature suggère que les taux de collision élevés pour les rapaces pourraient aussi être dus à leurs adaptations visuelles à la chasse; ils ont une grande tache aveugle au centre de leur champ de vision, ce qui explique qu'une éolienne peut les surprendre.
La grande vulnérabilité des oiseaux de proie est particulièrement problématique car de nombreuses espèces sont lentes à se reproduire, ce qui implique que la perte d'adultes reproducteurs dans des collisions mortelles a un effet beaucoup plus important sur la population que sur de nombreuses autres espèces. A cela s’ajoute le fait que de nombreux rapaces sont déjà globalement menacés, en particulier les vautours d'Afrique et d'Eurasie, de sorte que les parcs éoliens dans les zones où vivent ces oiseaux peuvent aggraver une situation déjà dramatique pour la survie de ces espèces.
Les oiseaux migrateurs sont également exposés au risque de collision, en particulier lorsque les parcs éoliens sont placés sur les voies de migration importante; les côtes et les couloirs de migration comptent le plus grand nombre d'espèces d'oiseaux vulnérables, comme l'isthme du Mexique au Panama en Amérique centrale et la vallée du Rift en Afrique de l'Est.
Pour les chauves-souris, les nombres les plus élevés de collisions ont été étudiées en Amérique du Nord. Plusieurs espèces telles que la chauve-souris cendrée (Lasiurus cinereus) et la chauve-souris rousse (Lasiurus borealis) sont particulièrement vulnérables.
En plus de souligner l'importance de choisir le bon emplacement pour les parcs éoliens (comme d'éviter les voies de migration importantes), le document suggère que la construction de turbines moins nombreuses et plus grandes peut aider à réduire le risque de collisions mortelles.
En documentant la conception et l'emplacement des futurs projets, des recherches comme celles-ci aident à atténuer les problèmes entre les parcs éoliens et les oiseaux. Cela permet de profiter des avantages de la production d'énergie renouvelable tout en minimisant les effets sur la faune.
Stuart Butchart, scientifique en chef de BirdLife International, a souligné l'importance de la recherche en déclarant que «les parcs éoliens ont un rôle clé à jouer dans la réduction de notre dépendance aux combustibles fossiles. Cette nouvelle étude fournit des informations essentielles pour s'assurer que le développement de l'énergie éolienne tient compte des impacts potentiels sur les oiseaux et les chauves-souris, et que les éoliennes ne sont pas placées dans les endroits les plus sensibles. "