[Article scientifique] La migration des Balbuzards et l'utilisation des courants aériens au dessus de la mer

Une étude parue l'an dernier a mis en évidence l'utilisation des courants d'airs ascendants par le Balbuzard Pêcheur, lorsqu'il traverse la méditérannée. Alors que la majorité des rapaces ne se risquent pas à traverser la mer et préfèrent survoler les terres en profitant des courants d'air ascendants générés par par le relief, le Balbuzard Pêcheur semble être une exception. Sa morpholigie et son comportement migrateur particulier (traversant la mer sur des centaines de kilomètres) ont permis aux chercheurs d'émettre l'hypothèse qu'il utilise les courants d'air ascendants au dessus de la mer, comme certaines mouettes ou autres oiseaux marins. 

Cette hypothèse a été verifiée en étudiant le vol de 5 Balbuzards italiens, équipés de balises GPS. Les 5 rapaces ont tous entrepris une migration au dessus de la mer méditérannéenne (entre 184 et 712 kilomètres), et ont tous utilisé ces fameux courants d'air ascendants (7,5 fois par tranche de 100km).
Le processus est simple : Par endroit, la surface de la mer méditéranéenne est plus chaude que l'air ambiant, et lui transmet cette chaleur. La masse d'air située au raz de l'eau, une fois chauffée, tend à monter dans le ciel et un courant d'air ascendant est ainsi créé. Le Balbuzard  en profite donc pour gagner en altitude sans trop se fatiguer. 
Toutefois, les enregistrements ont montré que le Balbuzard bat des ailes la plupart du temps, même lorsqu'il utilise un courant ascendant, ce dernier n'étant pas assez puissant pour permettre au rapace de planer tout en s'élevant. 

Cette étude permet de mieux comprendre la distribution du Balbuzard pêcheur au sud de la Mer Méditérannée et la grande variété de ses stratégies migratoires. Cepandant, aucune preuve n'est faite quant à la nécessité chez le Balbuzard d'utiliser ces courants ascendants pour traverser la mer. D'après les chercheurs, il est donc possible que ce comportement ne soit pas mû par le besoin d'économiser son énergie mais plutôt pour des question de sécurité, l'animal se considérant plus en sécurité en altitude.

Figure : Représentation 3D du vol d'un des Balbuzards pêcheurs suivis au dessus de la méditérannée et de l'utilisation d'un courant d'air ascendant

Vous pouvez retrouver l'intégralité de l'article à cette adresse : https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rsbl.2018.0687

Source : Duriez O, Peron G, Gremillet D, Sforzi A, Monti F. 2018 Migrating ospreys use thermal uplift over the open sea. Biol. Lett. 14: 20180687.