La réserve naturelle de Scandola en Corse va perdre son diplôme européen « espaces protégés »

Source : AFP
 Dans un rapport daté du 30 mars, le Conseil de l’Europe annonce sa décision de ne pas renouveler en septembre prochain le Diplôme européen des espaces protégés de la réserve naturelle de Scandola en raison notamment du manque de progrès concernant la gestion de la pression touristique sur les milieux et les effets dommageables sur la nature du site, ses écosystèmes et les espèces de flore et de faune qui lui sont propres.

 Photo aérienne de la réserve de Scandola, en Corse, le 11 OCTOBRE 2019

 

Institué par le Conseil de l’Europe en 1965, ce Diplôme européen distingue certains sites pour leur valeur exceptionnelle et l’importance de les préserver. Ce label salue la qualité des efforts de protection et de sauvegarde des gestionnaires des sites diplômés. Cela suppose que des mesures soient prises pour assurer la protection à long terme des espaces concernés et pour vérifier les conditions de conservation. Il est d’abord octroyé pour cinq ans, et peut ensuite être renouvelé pour des périodes de dix ans.

 

Le retrait de ce label européen à la réserve de Scandola est notamment dû à la situation préoccupante de la population de balbuzard pêcheur qui s’effondre dans la réserve. En effet, le succès reproducteur des couples nicheurs de balbuzards a fortement chuté depuis 10 ans : en 2018, un seul jeune à l’envol à Scandola contre 15-20 poussins à l’envol jusqu’en 2010. La majorité des échecs se concentre sur la fin de la période d’élevage des jeunes, de mi-juin à mi-juillet, période où la circulation des embarcations touristiques est très importante dans la réserve. Le trafic est deux fois plus important dans la réserve de Scandola qu’en dehors, avec jusqu’à 400 passages de bateaux par jour en juillet sous certains nids. Ces dérangements modifient le comportement des adultes : les males apportent moins de proies à la nichée tandis que les femelles restent plus longtemps en alarme loin du nid.

En juillet 2019, une charte avait été signée avec les associations de bateliers pour faire respecter une zone de quiétude de 250 mètres autour de chaque nid occupé de balbuzard pêcheur d’avril à fin juillet. Cette année, les deux couples encore nicheurs avaient pu mener chacun 1 jeune à l’envol.

 

Source : AFP - publié le 21 avril 2020
Corse : la réserve de Scandola perd son diplôme européen "espace protégé"


La réserve de Scandola (Corse-du-Sud) va perdre son Diplôme européen des espaces protégés, une distinction qu'elle avait obtenue en 1985, en raison notamment de la trop forte pression touristique sur le site et de ses effets néfastes sur la flore et la faune.

Cette décision du Conseil de l'Europe, publiée dans un rapport daté du 30 mars, a été prise à l'unanimité des experts concernés lors d'une réunion les 18 et 19 mars, et ce notamment "en raison du considérable manque de progrès réalisés et des tentatives minimales de communication" de la part des gestionnaires de la réserve. Elle prendra effet en septembre.

Sur le fond, le retrait de ce label européen à la réserve de Scandola, créée en 1975 sur 920 hectares terrestres et 1.000 hectares de zone marine, est notamment dû à "la fréquentation incontrôlée (du site) par les visiteurs de tous bords et (...) les effets dommageables sur la nature du site, ses écosystèmes (et) les espèces de flore et de faune qui lui sont propres".

Dès décembre 2018 un rapport du CNRS avait souligné par exemple que "la population de balbuzards pêcheurs, un rapace protégé et menacé en mer Méditerranée, (s'effondrait) dans la réserve naturelle nationale de Scandola" à cause du tourisme.

José Filippi, directeur du Parc naturel régional de Corse, s'est déclaré "très surpris par cette décision", auprès de l'AFP : "De nombreuses choses sont faites depuis un an et demi pour protéger ce site (et) deux conseils scientifiques se sont d'ailleurs réunis durant cette période", a-t-il affirmé, précisant qu'une "réponse technique" sera communiquée dans quelques jours et que tout sera mis en œuvre pour "récupérer ce diplôme".

En mars 2019, neuf associations corses avaient écrit au ministre de la Transition écologique d'alors, François de Rugy, pour demander "des mesures d'urgence dès l'été 2019", dont une "zone d'interdiction" d'accès, pour sauver la réserve. "Située dans le Sanctuaire des Pélagos, la partie marine de la Réserve est désertée par les poissons et autres animaux marins en raison du fort dérangement et de la pollution sonore", avaient notamment fustigé les associations dans ce courrier.

Également inscrite au Patrimoine mondial par l'Unesco, la réserve de Scandola est titulaire de nombreux autres labels de protection, comme Aire marine protégée et zone Natura 2000 notamment.

En France métropolitaine, cinq autres sites ont obtenu ce diplôme européen des espaces protégés, la Camargue (Bouches-du-Rhône et Gard), la Vanoise, les Ecrins et le Mercantour dans les Alpes, et l'île de Port-Cros dans le Var.