Le balbuzard pêcheur

 

Photo : Olivier Simon ©
 

Présentation de l’espèce

Rapace spectaculaire, le balbuzard pêcheur, hôte autrefois commun de nos rivières, lacs et étangs ne peut être confondu : une grande silhouette claire aux ailes coudées, une tête expressive au masque contrasté, et surtout une technique de pêche en piqué, l’oiseau disparaissant dans une gerbe d’eau à la poursuite de sa proie, poisson d’eau douce ou de mer, parfois d’assez belle taille…

« L’élégance de ce fin voilier est un plaisir des yeux. Léger et puissant, il est taillé pour les longues randonnées, usant avec une égale aisance des battements souples et réguliers ou des glissés et des orbes (…). Le spectacle des pêches mouvementées est toujours magnifique, bien que la technique ne varie guère.»
Paul Géroudet, « les rapaces diurnes et nocturnes d’Europe »

Classification

Nom français : Balbuzard pêcheur (ou balbuzard fluviatile)
Nom latin : Pandion haliaetus
Embranchement : Vertébrés
Classe : Oiseaux
Ordre : Accipitriformes
Famille : Pandionidés, dont il est le seul représentant.
Genre : Pandion
Espèce : Haliaetus
On compte quatre sous-espèces : la forme présente dans l’Ancien Monde (haliaetus), la forme présente dans le Nouveau Monde (carolinensis), et deux formes des régions tropicales (ridgwagi dans les Caraïbes et cristatus dans le Pacifique occidental).

Description

Envergure : 145 -170 cm
Longueur : 50-58 cm
Poids : Femelle 1700 g, mâle 1400 g.
Dimorphisme sexuel : Peu marqué. La femelle possède souvent plus de tâches brunes sur le poitrail et le mâle est plus petit.
Voix : Le balbuzard se fait très peu entendre et seulement en période de nidification, cliquer ici pour entendre son cri d’appel.
Durée de vie : La survie des balbuzards adultes est estimée à une vingtaine d’années. Mais environ 50 % des jeunes meurent dans leur première année.
Habitat : proche de l’eau – étangs, rivières, canaux et bord de mer.
Reproduction : Il est fidèle au site de nidification. Il en résulte que les partenaires du couple se retrouvent chaque année. La ponte comprend le plus souvent 3 œufs (1-4). C’est la femelle qui les couve durant 37 à 41 jours. Le mâle nourrit la famille. Les jeunes volent à 7-8 semaines.
Alimentation : Le balbuzard pêcheur porte bien son nom puisqu’il ne consomme que du poisson. Il pêche souvent en faisant un vol sur place à 20-30 m de hauteur, puis il pique, ailes à moitié repliées, pattes en avant, et s’immerge plus ou moins dans l’eau.
Identification : C’est un rapace de taille moyenne à grande, avec des ailes longues et une queue plutôt courte. Les ailes, nettement coudées, lui donnent une allure de goéland. Il se caractérise en vol par le contraste entre le noir de la face supérieure et le blanc éclatant du dessous. Son plumage est brun foncé sur le dos chez l’adulte tandis que les juvéniles ont le dos brun clair avec à chaque plume un liseré crème. Les parties inférieures sont blanches avec une tache noire au poignet et une barre noire sous l’aile. Sa queue est courte et carrée, et sa tête est fine et proéminente, blanche avec une barre noire sur un oeil jaune. Le bec crochu est long, noirâtre, et la cire du bec est gris-bleu à la base. Les pattes sont gris-bleu également.
Aucun caractère morphométrique particulier ne distingue les populations corse et continentale. Il est admis qu’il n’existe qu’une seule sous-espèce (Pandion haliaetus haliaetus) en Europe et que les différences entre les deux populations sont d’ordre écologique, avec une population migrante dans le nord de l’Europe et une population sédentaire et erratique en Méditerranée occidentale. L’existence éventuelle de flux géniques entre ces deux populations est actuellement inconnue.

A gauche : balbuzard adulte (photo : L.M. Préau ©), à droite : jeune (photo : P. Marcellot ©)

Répartition

 Il est presque cosmopolite. La répartition du balbuzard pêcheur au niveau mondial concerne les régions boréales et tempérées de l’hémisphère nord, l’Amérique Latine, l’Asie du Sud-Est et les côtes de l’Australie. En Europe, il est surtout présent en Scandinavie et en Ecosse. Il est aussi présent en Europe centrale et orientale, dans les Balkans et sur certaines îles de Méditerranée (Baléares, Corse). En Afrique, la population est composée de jeunes et d’adultes hivernants.
En France, l’espèce niche sur les côtes occidentales de la Corse, et en région Centre (départements du Loiret, du Loir-et-Cher et du Cher). Le balbuzard est également reproducteur en Ile de France (un couple) depuis 2005 et en Lorraine (un couple) depuis 2008.

Effectifs

Europe : 5 500-6 500 couples
France :

  • Couples : en 2009 , 29 couples reproducteur en Corse et 31 en France continentale.
  • Hivernants : quelques cas signalés chaque année. Moins de 10 oiseaux.
  • En migration : plusieurs milliers d’oiseaux traversent la France au printemps et à l’automne.

Statuts

Le balbuzard pêcheur, comme toutes les espèces de rapaces, est protégé en France selon la loi du 10 juillet 1976 (arrêté d’application du 17 avril 1981).
De plus, il figure en annexe I de la Directive « Oiseau » (n° 79/409 du 6 avril 1979). Cette directive européenne s'applique à tous les Etats membres de la Communauté depuis le 6 avril 1981. Elle vise à assurer la protection de toutes les espèces d'oiseaux désignées en annexe I de la dite Directive et elle permet la désignation de Zones de protection spéciales qui sont destinées à renforcer le réseau Natura 2000.
Il figure également en annexe II de la Convention de Berne qui a pour objet d'assurer la conservation, au niveau européen, de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats naturels, notamment des espèces et des habitats dont la conservation nécessite la coopération de plusieurs Etats.
De plus, en tant qu’espèce migratrice, la Convention de Bonn (82/461/CEE du Conseil, du 24 juin 1982) lui accorde un statut de protection à l'échelle mondiale. Comme l’ensemble des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, il est protégé par le CITES ou encore Convention de Washington. Cette « Convention sur le Commerce International des Espèces » est un accord international entre Etats qui a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.
Le balbuzard pêcheur est également mentionné sur la Liste Rouge qui regroupe les espèces considérées en danger, vulnérables et/ou rares suite à leurs faibles effectifs ou à la tendance évolutive de leurs populations. Il est classé dans la catégorie CMAP 1 (espèce dont la Conservation Mérite une Attention Particulière) qui regroupe toutes les espèces menacées à l’échelle planétaire avec le statut d’oiseau vulnérable. De plus, en Europe, il figure en catégorie SPEC 3 qui désigne l’ensemble des espèces dont le statut européen est défavorable et dont la majorité de la population mondiale est hors d‘Europe.

English summary
Previously common along French rivers and lakes, the Osprey (pandion haliaetus) completely disappeared from mainland France, with only a few couples surviving in Corsica. Today it has come back as a breeding bird in the Centre region to where it returned some twenty years ago.
The Osprey (wingspan of 145-170 cm for a weight of 1.4 to 1.7 kg) cannot be mistaken for another bird: light coloured with bent-back wings, an expressive head with strongly contrasting markings, and, above all, a fishing method of plunging feet first, the bird disappearing in a fount of water as it reaches for its prey – a sizeable fresh or salt water fish.
In France the population is of about 50 breeding couples, divided into two populations.
• One in the Centre region (22 pairs)
• One in Corsica (27 pairs)
The Osprey is a migratory bird that winters in Africa. It is a vulnerable species that, like all birds of prey, benefits from its protected status both in France and at the international level.
 

Biologie et écologie

Deux populations de balbuzard, ayant des écologies bien distinctes, sont présentes en France métropolitaine. En Corse, les balbuzards sont sédentaires ou erratiques à l’échelle du bassin méditerranéen, et nichent sur les falaises de la côte occidentale. Sur le continent, l’espèce niche sur des arbres en forêts et migre au sud du Sahara.

Migration et hivernage

La population européenne, à l’exception des oiseaux méditerranéens (dont les oiseaux corses), passe l’hiver en Afrique. Le balbuzard, grand migrateur au vol puissant, utilise un large front de migration et ne craint pas de traverser les mers et les déserts. Les jeunes de l’année migrent eux aussi en septembre, et restent 1 à 2 ans sur les sites d’hivernage avant de revenir en Europe.

Lors des migrations de printemps et d’automne, le balbuzard effectue des haltes sur des sites favorables (fleuves, étangs…), le plus souvent en solitaire, mais parfois par paires ou en petits groupes. Il peut séjourner durant quelques jours, voire quelques semaines. Les seuls rassemblements importants sont observés en zone d'hivernage (jusqu'à 25 individus), notamment sur les côtes de la Guyane française.

Migration d’automne : en route pour les quartiers d’hiver

L'arrivée dans les quartiers d'hiver a lieu fin septembre-début octobre. L’hivernage consiste pour un oiseau à aller passer la mauvaise saison sous un climat plus tempéré. La population d'Europe du Nord, à laquelle se joignent vraisemblablement les oiseaux nicheurs de France continentale, hiverne dans la région tropicale située entre le Sénégal et l'Ethiopie, surtout en Afrique occidentale, entre la Mauritanie, le Mali et le Gabon. Quelques oiseaux scandinaves ont aussi été signalés au sud de l'équateur et de l’Afrique. La population qui hiverne en Afrique de l'est et du sud proviendrait de Russie et peut-être d'Iran.

Migration de printemps : les nicheurs s’installent

En mars, un à plusieurs milliers de balbuzards adultes vont traverser la France. Les haltes migratoires sont plus brèves qu’à l’automne, car la concurrence pour récupérer les sites de nidification dans le nord de l’Europe est rude. En région Centre, les arrivées sur les sites ont lieu à partir de début mars (Loiret) et s'échelonnent jusqu'en avril. Les oiseaux nicheurs du bassin méditerranéen s'installent dès février. Ceux qui nichent pour la première fois arrivent en moyenne un mois plus tard que les adultes expérimentés.

Reproduction

Le balbuzard ne se reproduit pas avant sa troisième année. Des oiseaux non nicheurs de deuxième année sont cependant observés sur les sites de reproduction. Certains d'entre eux construisent une aire « d'essai », sans y pondre. Une reproduction réussie intervient souvent après plusieurs années d'essais.

L’installation

Les couples ne se forment pas dans les quartiers d’hiver. Sur le site de reproduction, le mâle construit un ou plusieurs nids au-dessus desquels il parade tous les jours pour tenter d’attirer une partenaire. La femelle va en général choisir le nid qui lui semble convenir le mieux, mais il arrive qu’elle reparte. Le mâle peut alors la suivre vers une autre région ou rester pour « proposer » ses nids à d'autres femelles. Si une femelle accepte un nid, elle participera à sa recharge (qui consiste en fait à « rafraîchir » l’ancienne aire) avec le mâle, pour ensuite s’accoupler sur le nid, après que le mâle lui ait proposé un poisson.

L’aire

Le nid est installé sur un site tranquille, élevé, offrant un large champ visuel, souvent à proximité des lieux de pêche, mais pas nécessairement au bord de l'eau : certains couples peuvent se déplacer sur plusieurs kilomètres pour s'alimenter et nichent en pleine forêt, notamment dans des clairières. Le nid est réutilisé pendant plusieurs années successives par le même couple, même après un échec de la reproduction.
L'aire est construite à l'aide de branches mortes collectées sur le sol, à la surface de l'eau, ou sur les arbres. Son centre est garni à l'aide de matériaux plus fins : brindilles, herbes, feuilles, mousse... L'aire atteint 1 m à 1,5 m de diamètre, parfois plus. Sa construction prend 2 à 3 semaines. Elle est rechargée en branches chaque année. À la longue, sa hauteur peut atteindre exceptionnellement 2 m (en région Centre, la plupart des aires sont hautes de 40 à 70 cm). La présence d’aires anciennes conditionne en partie le succès de la reproduction.

La ponte

La ponte compte 2 à 3 oeufs, pondus avec un intervalle d'un jour entre chaque œuf. Plus rarement, des pontes de 4 oeufs sont observées, d'autres d'1 seul. Comme tous les rapaces diurnes, ils ne font qu'une nichée par an.

L’incubation

L'incubation, prise en charge par les deux parents (surtout par la femelle), dure 37 jours en moyenne entre mi-avril et début mai. Les éclosions n’ont pas lieu en même temps, mais les unes après les autres. Les poussins sont nidicoles, c’est-à-dire qu’ils naissent incapables de se déplacer et de se nourrir par eux-mêmes. La femelle reste au nid en permanence pendant les 10 premiers jours, réchauffant les jeunes. Elle continue à les protéger si nécessaire par mauvais temps jusqu'à 28 jours. Elle se contente ensuite de garder le nid, perchée non loin, et abrite sa progéniture du soleil en lui faisant de l'ombre avec les ailes ouvertes.

L’élevage des jeunes

Les poussins sont nourris par la femelle, le mâle se chargeant d'apporter les proies au nid : de 4 poissons par jour durant les 10 premiers jours, à 4-5 durant les 10 jours suivants, pour atteindre 5 à 7 poissons jusqu'à l'âge de l'envol, qui a lieu quand les jeunes ont en moyenne 51 à 53 jours (en juillet-août). Le mâle passe alors souvent en vol près de l'aire, avec une proie dans les serres pour inciter les jeunes à quitter le nid.
Après l'envol, les parents les nourrissent durant encore un bon mois. Les jeunes sollicitent surtout le mâle, qu'ils observent pêcher. Ils ne seraient capables de pêcher correctement que 7 semaines après avoir quitté le nid, où ils reviennent dormir pendant quelques jours à quelques semaines. Le mâle y apporte encore régulièrement du poisson vivant.
La famille peut rester unie jusqu'en automne (jusqu’en juillet-août dans le Centre). La femelle quitte le site de reproduction la première, suivie de peu par les jeunes. Le mâle part le dernier.

Régime alimentaire

Le balbuzard est presque exclusivement piscivore, c’est-à-dire qu’il ne mange que du poisson. Il pêche le plus souvent en eau claire, où les proies sont facilement visibles (les oiseaux corses en eau salée et ceux du continent en eau douce).

Un rapace spécialisé…

Il capture des poissons qui nagent en surface et peut s’immerger sous l’eau jusqu’à 1 m de profondeur, après les avoir repérés en vol ou depuis un perchoir.
Plusieurs adaptations morphologiques relatives à cette technique de capture font du balbuzard un pêcheur spécialisé : pattes et serres assez longues et très fortes, serres très incurvées (avec la particularité de pouvoir mettre deux doigts en avant et deux doigts en arrière), aspérités sur la face inférieure des doigts permettant une bonne prise des poissons visqueux, plumage dense et compact.

 …mais pas difficile

La diversité des espèces de poissons exploitées est considérable, qu'elles soient d'eau douce ou d'eau salée. Ces poissons mesurent de 10 à 50 cm (25 cm en moyenne) et pèsent de 50 g à 1,7 kg (250 g en moyenne). On cite des cas de balbuzards qui se sont noyés, les serres coincées dans les os ou les écailles des proies trop lourdes, habituellement relâchées.

Pêche dans la Loire - Photo : B.Quinstard

Utilisation des habitats

Si l’on peut trouver le balbuzard pêcheur dans la plupart des grandes régions poissonneuses, il ne s’installe pas non plus n’importe où.

Une condition générale : du poisson

Le balbuzard est présent dans une gamme très large de climats : en Europe, en Asie, en Océanie, en Afrique du Nord et de l’Est, ainsi qu’en Amérique du Nord. Il évite les régions les plus arctiques et de haute montagne. Sa présence dépend entièrement de la disponibilité en poissons. Peu lui importe la salinité du milieu : l'espèce niche aussi bien en bordure de mer que loin à l'intérieur des terres.

Des exigences locales

Localement, il peut se montrer assez exigeant. Il niche presque exclusivement dans les arbres dans le nord du Paléarctique (sauf sur des pylônes électriques en Allemagne), en général à proximité de lacs ou de cours d'eau. Il s'installe uniquement sur des parois rocheuses et des petits îlots en région méditerranéenne, où il est cantonné au littoral.
Ailleurs, où il existe encore des populations abondantes (Amérique du Nord), on le rencontre sur des sites parfois inattendus : pylônes électriques, ponts, tours, ruines, au sol... Le choix du site de nidification est beaucoup plus large dans les régions où la densité de couples nicheurs est plus élevée. Il niche au sol sur la plupart des îlots le long de la Mer Rouge, ainsi qu’en Nouvelle-Calédonie et en Australie.

Mue

La mue d'été intervient après la reproduction et dure 2 mois : juillet et août. Celle d'hiver commence en novembre dans les zones d'hivernage et se poursuit jusqu'en février. Elle se termine juste avant la migration de retour. Elle dure presque 3 mois.

Survie et mortalité

La survie annuelle des balbuzards adultes (plus de 2 ans) est assez élevée (longévité maximale : 24-25 ans dans la nature).
La survie des jeunes et des sub-adultes est plus difficile à évaluer. Ils ne sont pas territoriaux dès la première année, les chances de les contrôler sont donc moindres. 43 à 60 % des jeunes à l'envol seraient encore en vie après un an. Globalement, sur 100 jeunes balbuzards qui survivent jusqu'à l'envol, 37 seront encore en vie quatre ans plus tard, et auront la possibilité de se reproduire. Huit ans après, 17 d'entre eux seront encore en vie. Seuls 6 à 8 atteindront l'âge de 12 ans.
Il existe des nicheurs de plus de 20 ans. On cite un oiseau bagué qui a vécu 27 ans.
Le balbuzard ne supporte pas la captivité et y meurt en moyenne au bout de deux ans.

Comportements

Un rapace peu territorial…

Un des traits les plus marquants du balbuzard est son caractère grégaire. En effet, le territoire défendu, de taille très variable, se limite aux abords immédiats de l'aire. Le territoire de pêche n'est pas défendu. Le balbuzard diffère en ce sens des autres oiseaux de proie qui défendent un territoire de chasse. Par contre, des disputes, parfois violentes, sont fréquentes près du nid.

… et plutôt social

Les couples peuvent aussi s'installer en colonies lâches, les nids étant séparés de quelques centaines de mètres, voire quelques kilomètres, comme c'est le cas en région Centre. Cependant, de vraies colonies existent en Amérique du Nord, notamment, à proximité de sites très poissonneux. Les nids y sont séparés tout au plus de quelques dizaines de mètres. De tels cas n'ont pas été décrits en Europe.

English summary
This long-distance migratory does not fear crossing seas and deserts. The arrival in the wintering quarters – mostly in West Africa for European birds, takes place at the end of September and the beginning of October. They come back to France from the month of February in Corsica and from the month of March in the Centre region.
The Osprey does not breed before its third year. The pairs form at the reproduction site : the male builds a nest which the female chooses. She will lay 2 or 3 eggs there, which she will brood for 37 days between mid-April and the beginning of May. The young fledge in July-August when they are, on average, 51 to 53 days old.
Almost all the Osprey’s diet is fish, which it catches in clear waters – fresh water in the Centre region and seawater in Corsica. They are therefore found in places that abound in fish. They make their nests on rocky outcrops in the Mediterranean region and in trees in the Centre region. It is not a very territorial bird and is relatively social, but in Europe it is very wary of man.