Projet d'arrêté relatif au contrôle des populations de campagnols et de mulots : les craintes des naturalistes.


Projet d’arrêté relatif au contrôle des populations de campagnols et de mulots nuisibles aux cultures, ainsi qu’aux conditions d’emploi des produits phytopharmaceutiques contenant de la bromadiolone

Un récent projet d’arrêté visant à encadrer les modalités de lutte contre les campagnols qui causent des dégâts aux cultures a été soumis à consultation publique du 25 octobre au 08 novembre 2012. Ce projet d’arrêté prévoit notamment d’étendre la liste des espèces cibles des campagnes de lutte chimique à plusieurs micromammifères (Campagnol terrestre (Arvicola terrestris), Campagnol des champs (Microtus arvalis), Campagnol provençal (Microtus duodecimcostatus), Campagnol souterrain (Microtus subterraneus), Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus).
http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/projet_d_arrete_campagnols_version_consultation-1_cle851e98.pdf

La LPO, via son responsable national du dossier, Pascal Orabi, a réagi à ce projet d’arrêté en dénonçant les manquements et insuffisances.
L’arrêté proposé à la consultation publique est de manière générale orienté vers la lutte chimique alors qu’il aurait été préférable qu’il consacre une plus grande importance à la surveillance et à la prévention des risques de pullulation. La LPO réprouve le recours à la lutte chimique, en particulier, considérant d’une part, que des alternatives plus respectueuses de l’environnement existent et n’ont pas été expérimentées dans le cadre de démarches intégrées et cohérentes et d’autre part, que tous les compartiments de notre environnement continueront à être contaminés avec l’usage inconsidéré de nombreuses substances chimiques de synthèse. Face à l’usage de plus de 3000 toxiques violents, il est temps de renoncer à l’usage inconsidéré des xénobiotiques ou à défaut d’exiger une utilisation responsable tant en se basant sur des renseignements scientifiques qu’en respectant le principe de précaution. Malheureusement la décision de campagnes de traitement chimique ne semble pas systématiquement soutenue par des évidences scientifiques mais plutôt des raisonnements économiques. Pourtant le renoncement à la lutte chimique et le recours à des mesures alternatives, outre leur efficacité, permettent de répondre également à des préoccupations d’ordre économique. Pour s’en persuader, une campagne de traitement à la Chlorophacinone en Espagne en 2007 a été plus onéreuse (24 million €) que le paiement des dommages aux cultures (5.5 million €)…
Lire la contribution de la LPO à la consultation publique (pdf).