Cas de prédation en journée de la Chevêchette d'Europe sur une chauve-souris

Pour la 4e année consécutive, je suis la reproduction de ce couple de chevêchettes sur la commune d'Orcières (05). Le 14 juillet, les deux amis qui m'accompagnent viennent de retrouver les 3 jeunes envolés. Les petits cris du mâle nous alertent d'un nourrissage imminent.

« Ok, je les ai trouvés là-haut dans les branchages du gros mélèze. Je ne vois pas bien à travers toutes ces branches, à contre-jour.
La femelle a récupéré une proie !
Vu, c'est un oiseau, je vois les ailes !
Ah non, un mammifère, je vois des poils !
??? »


On se met enfin d'accord lorsqu'on réalise qu'il s'agit d'une chauve-souris. Pipistrelle ou petit myotis, dur à dire.
Le mâle l'a capturée en plein jour, sans doute dans un arbre à cavité.
Après la séance de nourrissage qui dure un bon quart d'heure, je passe au pied du perchoir pour essayer de récupérer d'éventuels restes mais en vain.
La trentaine de pelotes collectées au pied du nid pour analyse par Y. Kayser de la Tour du Valat ne donne rien de plus dans ce sens.
Venturons, becs-croisés, bouvreuils, mésanges, rouge-queue à front blanc, campagnols roussâtres, mulots mais pas de chiroptères.
Depuis 2014, sur les plus de 1200 proies récoltées et analysées par Y. Kayser, on a pu mettre en évidence près de 50 espèces différentes mais encore jamais de chauve-souris.
Les mauvaises conditions de prise de vue n'ont pas permis de déterminer l'espèce mais il serait intéressant de rechercher au détecteur d'ultra-sons, d'éventuels gîtes de chiroptères dans ce mélézin. Du travail pour 2019…

Epilogue
Le même soir, après avoir quitté mes compagnons, je me rends sur un secteur voisin où j'ai déjà contacté plusieurs fois des jeunes chevêchettes fraîchement envolées sans jamais découvrir de nid.
Petit rappel au cri de la femelle et dans la foulée immédiate, j'entends la réaction d'un jeune dans le versant de sapins juste sous moi.
Au final, ce seront 4 jeunes que je découvrirai et, après un « re-contrôle » des arbres à cavités cartographiés du secteur, je trouve enfin le nid dans un mélèze à cavité que je connais pourtant bien. Sauf que la cavité occupée n'est pas celle que je suis déjà venu contrôler mais une autre plus haut sur le revers de l'arbre, que je n'avais jamais remarquée.
Ce nid, ça fait près de 10 ans que je le cherchais... Ça n'est encore pas cette année que je verrai le feu d'artifice !

Marc Corail