Savoie

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À la recherche des petites chouettes de montagne

La tourbière des Saisies est un lieu unique aux paysages variés rappelant les forêts scandinaves. Perchée à 1700 mètres d'altitude, la zone humide est recouverte d'une pessière sénescente sur les deux tiers de sa surface. Les conditions semblent donc idéales pour accueillir les petites chouettes de montagne : la Chouette chevêchette et la Chouette de Tengmalm.
Des prospections ont ainsi été réalisées ce printemps afin de mettre en évidence leur présence sur le site. Après trois soirées passées à parcourir la tourbière, les résultats tombent : malgré un biotope favorable, seulement un mâle chanteur pour chacune des deux espèces a été contacté. La maigreur de ces résultats ne reflète cependant pas une faiblesse des effectifs, ces chouettes pouvant être hasardeuses à contacter.
À l'avenir, il faudra donc réitérer les prospections pour essayer de trouver d'autres individus.
Avis aux amateurs !
Guillaume CANOVA (LPO Info Savoie n°3, octobre 2015)

Un matin en Haute Maurienne

Mardi 1er janvier 2013, 7h28 en Haute Maurienne, versant Parc national de la Vanoise (Savoie), alors que le soleil rougit à peine les crêtes des montagnes environnantes, ma première sortie matinale de l'année récompensée par les chants simultanés de deux chevêchettes d'Europe. Un début prometteur?

Sébastien Laguet, ONF

Actions en faveur de la chevêchette et de la chouette de Tengmalm

Bilan du suivi

Année 2015

Pour la période concernée par cette synthèse, les données concernant la Chouette de Tengmalm semblent correspondre à une année moyenne au regard de la pression d’observation cumulée par les 3 structures participant à l’enquête (ONF, Parc National de la Vanoise et LPO73). Celle-ci reste toutefois difficile à estimer car elle n’est pas comptabilisée par les agents du parc national. Elle reste finalement assez faible à l’échelle du département. A l’automne 2014, seuls 4 contacts de l’espèce ont été enregistrés. Ce chiffre est cependant plus à mettre en relation avec une pression d’observation plus modeste qu’au printemps, notamment en ce qui concerne le territoire du Parc National de la Vanoise Le printemps met par contre en évidence une bonne activité vocale avec 20 individus observés ou entendus. Le massif de la Maurienne apporte près de 50% des données printanières, la plupart récoltées par les agents du Parc de la Vanoise. Les recherches ciblées réalisées par les agents de l’ONF sur le massif de l'Epine et de la Chartreuse n'ont pas permis de contacter cette espèce. Des sites de présence antérieure sont restés sans réponse suite aux prospections hivernales et printanières. L’interprétation de ces résultats reste cependant difficile (prospections insuffisantes, réelle absence, passage trop tardif...). De plus une donnée de contact sonore a été rapportée à l’ONF sur la forêt du Bourget du Lac (massif de l’Epine) par l'ancien garde forestier local. Cependant, des agents de l’ONF sont retournés ensuite sur le site indiqué pour essayer de recontacter l'espèce mais sans succès. Cette donnée nous parait plausible mais un doute persiste quand à une confusion avec le chant atypique de chouette hulotte. Les autres massifs ont permis l’identification de 3 à 4 mâles chanteurs ou couples. L’espèce confirme sa présence régulière sur le Beaufortain jusqu’alors peu prospecté. Deux loges occupées ont été découvertes (1 dans les Bauges par un bénévole LPO et 1 en Maurienne par un agent du Parc National de la Vanoise). Un suivi a pu être effectué par des bénévoles de la LPO Savoie sur celle découverte dans les Bauges avec au moins 1 jeune à l’envol fin mai. La mise en commun des connaissances (LPO, ONF, PNV) a permis de mettre en évidence la présence de 25 mâles chanteurs ou couples de Chevêchette d’Europe pour la période printemps/été 2015. Ce chiffre est cohérent avec les 26 contacts automnaux répartis de façon similaire sur les différents massifs ayant fait l’objet de prospections. La correspondance entre les prospections automne/hiver et printemps/été n’est toutefois pas parfaite. Les deux principaux massifs de Savoie que sont la Maurienne et la Tarentaise fournissent à eux deux respectivement 4 et 10 contacts pour la période de reproduction, ce qui représente plus de 50% des données pour cette période. Les autres massifs apportent des observations complémentaires, notamment sur le Beaufortain et la Maurienne. Le contrôle de sites connus les années précédentes ont souvent permis de recontacter l’espèce durant cette année d’enquête. Cependant malgré une recherche active à la repasse par les agents de l’ONF, les oiseaux de plusieurs secteurs de Belledonne et de Chartreuse n’ont pas été retrouvés. A l'inverse, de nouveaux secteurs ont été découverts, notamment en Chartreuse sur le Corbelet ainsi que sur le massif de l'Epine, commune de Verthemex (nouvelle localité). Cela conforte l'idée que l'espèce semble en phase d'expansion. En effet le site identifié avait été prospecté depuis 3 ans sans résultats. Cette année un mâle a été entendu à deux reprises au printemps, puis entendu simultanément avec une femelle sur le même site. A noter enfin en Maurienne la découverte par un agent ONF, le 16 juin sur la commune de Saint Jean d’Arves, d’un arbre à cavité avec au pied des pelotes évacuées d’une loge. Le cris aigüe d’une femelle est entendu juste à proximité de l’arbre, laissant espérer à une possible nidification, sans autre preuve de reproduction trouvée. Dans l’ensemble, l’année 2015 semble correspondre à année moyenne pour nos deux chouettes de montagne, dans la continuité de 2014. Les contacts automnaux n’ont pas été démentis par l’activité vocale de la fin d’hiver et du printemps… Les connaissances progressent, notamment avec un suivi de reproduction de Tengmalm dans les Bauges... l’objectif fixé en 2014 a donc été atteint ! A l’heure actuelle, la Chevêchette d’Europe est connue de 90 communes de Savoie (sur 304) et la chouette de Tengmalm est connue sur 68 communes. Respectivement 5 et 3 nouvelles communes pour chaque espèce sont donc venues compléter les connaissances sur le département. Il s’agit donc là d’une avancée importante. Les suivis de reproduction sont par ailleurs instructifs et seront reconduits dès que possible.
Coordination : Jérémie HAHN (LPO Savoie) et Sylvain DUCRUET (ONF)

Année 2014

Pour la période concernée par cette synthèse, les données concernant la chouette de Tengmalm semblent correspondent à une année moyenne au regard de la pression d’observation cumulée pour les 3 structures participant à l’enquête (ONF, Parc National de la Vanoise et LPO73). Celle-ci reste toutefois difficile à estimer car elle n’est pas comptabilisée par les agents du parc national.
A l’automne 2013, seuls 5 contacts de l’espèce ont été enregistrés. Ce chiffre est cependant plus à mettre en relation avec une pression d’observation plus modeste qu’au printemps. Le printemps met par contre en évidence une bonne activité vocale avec 25 individus observés ou entendus. Les massifs avec le plus de données sont les Bauges (massif régulièrement prospecté), la Tarentaise, où l’espèce a été contactée par les agents du Parc National de la Vanoise et des bénévoles LPO sur des secteurs connus mais également découverte sur deux nouvelles localités. La Chartreuse montre une activité printanière qui s’inscrit dans une année normale. La plupart des données pour ce massif ont été récoltées par les agents de l’ONF du secteur.
Le massif de Belledonne n’a fait l’objet d’aucune prospection spécifique. Les connaissances sur la présence de l’espèce sur ce massif restent lacunaires et devraient faire l’objet d’une attention particulière dans les années à venir.
Aucune preuve de reproduction n’a été récoltée sur la période de l’enquête 2013-2014.
La mise en commun des connaissances (LPO, ONF, PNV) a permis de mettre en évidence la présence de 25 mâles chanteurs ou couples de chevêchette d’Europe au printemps 2014. Ce chiffre est cohérent avec les 22 contacts automnaux répartis de façon similaire sur les différents massifs ayant fait l’objet de prospections.
Les deux principaux massifs de Savoie que sont la Maurienne et la Tarentaise fournissent à eux deux respectivement 14 et 7 contacts au printemps, ce qui représente 84% des données printanières. Trois nouvelles localités ont été identifiées mais aucune preuve de reproduction n’a cependant été trouvée sur ces massifs.
Les autres massifs apportent peu d’observations complémentaires mais on soulignera la découverte d’une cavité occupée sur le massif des Bauges ayant fait l’objet d’un suivi par les bénévoles de la LPO Savoie. Découverte le 22 avril, la reproduction est ensuite suivie jusqu’à l’envol réussi de 4 jeunes. Une première en Savoie qui permet de mieux cerner la biologie de l’espèce.
Synthèse : Dans l’ensemble, l’année 2014 semble correspondre à un retour à la normale pour nos deux chouettes de montagne après 1 ou 2 années médiocres. Les contacts automnaux n’ont pas été démentis par l’activité vocale de la fin d’hiver et du printemps, notamment en ce qui concerne la Tengmalm… Les connaissances progressent, notamment avec un suivi de reproduction de chevêchette très instructif dans les Bauges. L’objectif des prochains suivis sera de réussir à réaliser un suivi similaire pour la chouette de Tengmalm.
A l’heure actuelle, la chevêchette est connue de 85 communes de Savoie (sur 304) et la chouette de Tengmalm est connue sur 65 communes. De nombreuses découvertes restent possibles !

Année 2013

Chouette de Tengmalm : Pour la période concernée par cette synthèse, les données concernant la chouette de Tengmalm sont extrêmement faibles au regard de la pression d’observation (ONF, PNV et LPO). A l’automne 2012, 1 seul contact de l’espèce a été enregistré. Et cela malgré l’étude "petites chouettes" menée jusqu’à l’automne 2012 sur une partie du massif des Bauges par la LPO (0 contact). C’est à peine mieux au printemps avec 5 individus observés ou entendus. L’absence de données sur le massif des Bauges est remarquable car il s’agit d’un secteur bien occupé par l’espèce et régulièrement parcouru par les ornithologues.
Chevêchette d’Europe : La mise en commun des connaissances (LPO, ONF, PNV) a permis de mettre en évidence la présence de 20 à 25 mâles chanteurs ou couples de chevêchette sur la période 2012-2013. Malgré le cumul des efforts de chaque contributeur, le nombre de contacts au printemps a été assez faible. On retrouve le massif des Bauges en tant que principal contributeur avec 10 individus cantonnés à l’automne mais étonnamment plus aucune donnée au printemps. Ce constat doit toutefois être relativisé puisque l’étude spécifique des petites chouettes menée par la LPO Savoie pour le Parc naturel des Bauges s’est terminée à l’automne 2012. On peut donc imaginer que la pression d’observation au printemps a été bien plus faible. La Maurienne, par exemple, a permis d’identifier une dizaine d’individus à l’automne et 9 ont été contactés au printemps. Il ne s’agit cependant pas toujours des mêmes localités car le contrôle automne-printemps ne peut être systématiquement réalisé. Les autres massifs apportent peu d’observations complémentaires mais on peut noter l’identification de 3 nouvelles localités dans le Beaufortain et la Chartreuse apporte 5 localités occupées par l’espèce. Plusieurs contacts à basse altitude (autour de 900 m) ont été notés dans le Beaufortain et le massif de l’Epine (mont du Chat). Cependant, il n’est pas possible de dire s’il s’agit d’individus durablement installés.
Synthèse : Dans l’ensemble, l’année 2013 semble avoir été très mauvaise pour nos deux chouettes de montagne. La meilleure circulation et le partage des informations entre les différents participants de l’enquête (ONF, Parc national de la Vanoise, Parc naturel de Chartreuse, LPO…) avaient laissé présager de meilleurs résultats. Force est de constater que malgré l’effort de prospection et de mutualisation des données, l’activité vocale semble avoir été extrêmement faible. Cela est sans doute à mettre en relation avec des conditions météorologiques difficiles au printemps et en été ainsi que de faibles populations de micromammifères. Espérons que la saison 2013-2014 soit plus favorable à nos deux chouettes boréales !
Coordination : Jérémie HAHN

Année 2012

Pour la période concernée par cette synthèse, l’étude sur les petites chouettes de montagne menée par la LPO Savoie pour le Parc naturel régional des Bauges au printemps a permis de récolter des informations sur la chouette de Tengmalm au sein du massif sur des secteurs peu connus jusqu’à maintenant. D’après l’ONF, l’activité vocale semblait plus calme que les années précédentes sur le massif de la Chartreuse alors que les Bauges ont permis de recenser 9 mâles chanteurs. La détection de 7 chanteurs en Maurienne et Lauzière et de 5 chanteurs en Tarentaise confirme une bonne implantation de l’espèce sur ces massifs. De nombreuses localités restent à découvrir, notamment en dehors du parc national ou sur ses marges. La détection de deux mâles chanteurs dans le Beaufortin vient confirmer l’implantation de l’espèce sur ce massif où les mentions étaient jusqu’alors peu nombreuses et irrégulières. Le massif de Belledonne, très peu prospecté, n’apporte qu’un seul mâle chanteur et le massif de Chartreuse/Epine 3 chanteurs. Au total, 27 chanteurs ont été contactés en 2012 en Savoie. Les altitudes extrêmes sont très étalées, notamment du fait des contextes très contrastés entre les massifs plutôt thermophiles de la Maurienne où l’espèce monte jusqu’à près de 2 100 mètres (zone de combat) et les massifs "frais" de la Chartreuse ou des Bauges où les premières Tengmalm chantent à partir de 900-950 mètres. Aucune reproduction n’a été suivie et la forte pression d’observation ne permet pas de comparer l’intensité de l’activité vocale aux années précédentes. La mise en commun des connaissances (LPO, ONF, PNV) a permis de mettre en évidence la présence de 30 à 31 mâles chanteurs ou couples de chevêchette d’Europe sur la période 2011-2012. Cela constitue l’estimation la plus importante depuis le début de cette enquête. Ce constat est très encourageant mais doit cependant être relativisé du fait de prospections plus importantes et une meilleure circulation des informations. Le massif de la Chartreuse (+ Epine) a fourni à lui tout seul 7 ou 8 mâles chanteurs (dont 2 sur l’Epine) ce qui est plus que la Tarentaise (5 chanteurs) pourtant plus étendue (faible pression d’observation). Le massif des Bauges a également abrité 7 mâles chanteurs ou couples, ce qui correspond à une année moyenne sur cemassif maintenant assez bien connu. La Maurienne apporte seulement 4 mâles chanteurs alors que le massif est très favorable à l’espèce. Cela peut toutefois s’expliquer par des prospections moins importantes. Le massif de Belledonne, dont le versant occidental a été parcouru par l’ONF apporte 5 mâles chanteurs, ce qui est plutôt encourageant. Aucune nidification n’a été suivie mais l’activité vocale sur les massifs les mieux connus (Bauges, Chartreuse) semble cohérente avec les années précédentes si l’on tient compte de l’augmentation de la pression d’observation.
Coordination : Jérémie HAHN

Année 2011

En raison du peu de recherches consacrées à la chouette de Tengmalm, le printemps 2011 n’a pas permis de recenser un grand nombre d’individus chanteurs. Les prospections menées par l’ONF et les données récoltées par les gardes du Parc national de la Vanoise ont cependant permis d’identifier 7 mâles chanteurs répartis sur 3 massifs (Chartreuse/Epine, Maurienne et Tarentaise). Les contacts ont eu lieu entre 850 m et 1 520 m d’altitude.
Une convention d’échange de données passée entre la LPO Savoie et le Parc de la Vanoise sur la période « atlas » ainsi que l’intégration des données de l’ONF ont permis d’ajouter de nombreuses nouvelles localités concernant la chevêchette d’Europe et d’améliorer considérablement les connaissances sur l’espèce dans le département : 27 à 29 chanteurs ont été localisés cette année dans le département.
Coordination : Jérémie HAHN

Année 2010

Dans le massif des Bauges, l’activité vocale printanière de la chouette de Tengmalm semble avoir été similaire à 2009 malgré une pression d’observation plus importante sur les secteurs du Revard et du Margériaz (3 ou 4 chanteurs ont été contactés sur le premier site et 4 ou 5 sur le second). Deux autres chanteurs isolés ont été contactés ailleurs sur le massif et un cas de nidification (jeunes en dehors du nid) a été prouvé au courant de l’été sur un secteur où l’espèce n’avait pas été contactée au printemps.
Le massif des Bauges reste un des secteurs les mieux connu en Savoie (en dehors de la Vanoise) pour la chevêchette d’Europe avec au minimum 6 à 7 chanteurs : 3 chanteurs ont été entendus sur le plateau du Revard, au moins deux sur le Margériaz et une nouvelle localité a été découverte à l’automne (forêt du Lindar).
Par ailleurs, 2 nouvelles localités ont été découvertes en Tarentaise.
Enfin, une seule chevêchette d’Europe a été contactée à l’automne sur Belledonne malgré quelques recherches spécifiques sur des secteurs où l’espèce avait été contactée en 2009.
Coordination : Jérémie HAHN

Contacts et liens utiles

- Jérémie HAHN (coordinateur)
- Sylvain DUCRUET (coordinateur)

- http://savoie.lpo.fr/