Rassemblement de Circaètes dans l’Aude.

Le 18 août 2014, un rassemblement de 10 circaètes a été observé sur un champ moissonné d’une plaine viticole à Laure-Minervois, dans l’Aude. Cette concentration est d’autant plus remarquable que certains suivaient un tracteur passant la charrue à disques sur cette parcelle de moins d’un hectare, à la manière des milans noirs, et semblaient peu farouches.
Pas moins de 10 oiseaux ont été observés simultanément, évoluant à des hauteurs différentes, en vol stationnaire de chasse pour les uns ou cerclant au-dessus du champ et des vignes alentours pour les autres.
Des interactions entre ces rapaces ont été observées, se traduisant par de nombreux cris et vols, cou tendu et serres pendantes comme pour assurer la défense d’un territoire.
Cinq tentatives de prédation, dont l’une réussie, sur des micromammifères (Campagnol des champs ou Campagnol provençal) mis à découvert par le tracteur ont été observées. Le rongeur a été consommé sur place. Jusqu’à trois oiseaux ont été vus posés à même le champ.
Concernant le sexe et l’âge des oiseaux présents, deux femelles adultes typiques, trois mâles adultes, deux immatures (2A a priori) ont été identifiés. Aucun juvénile ne semblait présent.
Au moins cinq Faucons crécerellettes (trois mâles et deux juvéniles), stationnés depuis le 15 août, deux Faucons crécerelles, deux Busards cendrés (1A et mâle immature 2A) ainsi que deux Rolliers d’Europe étaient présents en chasse sur le champ ou ses abords tout au long des observations.
Aucune interaction n’a été observée entre les circaètes et ces espèces si ce n’est un survol par le busard immature de l’un des circaètes posé au sol.
Concernant les conditions météorologiques, ensoleillées et orageuses, celles-ci semblaient propices aux reptiles divers, proies habituelles du Circaète. Plus qu’un réel manque de proies, les observations effectuées semblent traduire un comportement opportuniste de circaètes locaux – la date étant bien précoce pour évoquer une éventuelle halte migratoire – mettant à profit le travail du tracteur pour capturer des proies inhabituelles.
Si un tel comportement de rassemblement alimentaire sur des espaces agricoles intensifs est connu en Israël, dans un contexte d’habitat très différent, il semblerait qu’il n’ait pas été observé en France auparavant.