Eolien : 5 nouveaux cas de mortalité de Faucon crécerellette en 2014 causés par les parcs éoliens du Causse d’Aumelas (Hérault)

Quatre parcs éoliens (31 éoliennes au total) ont été implantés depuis 2006 sur le causse d’Aumelas (Hérault). Ces parcs éoliens sont situés à moins de 3 kilomètres des plus proches colonies du Faucon crécerellette et sont également situés dans le rayon d’action des deux principales colonies de Saint-Pons-de-Mauchiens et de Saint-Pargoire.

Un suivi de la mortalité aviaire est réalisé depuis 2010 par la LPO Hérault pour le compte de plusieurs Sociétés Projets représentées par la société EDF-EN France.

Au total, c'est donc 18 cas qui ont été constatés entre 2011 et 2014. Après correction des biais dus à la durée limitée de persistance des cadavres sur le terrain, à l’efficacité de l’observateur et à la surface réellement prospectée, les estimations du nombre de cas de mortalité du Faucon crécerellette induits par ces aérogénérateurs sont comprises dans une fourchette allant de 31 cas de mortalité (méthode Jones) à 82 cas (méthode Winkelmann), avec une moyenne pour ces 4 estimations différentes de 54 cas, soit près du triple que le nombre constaté (18) lors des prospections de terrain. Même si ces données sont à prendre avec recul, car résultant de méthodes statistiques estimatives, ces corrections soulignent donc que la réalité des cas de mortalité peut être plus importante que celle observée sur le terrain et confortent la nécessité d’engager au plus vite des mesures pour comprendre et supprimer les incidences sur le Faucon crécerellette.

Depuis 2014, EDF-EN a mis en place sur les éoliennes les plus meurtrières un système d’effarouchement dénommé DT-Bird®. Ce système est actuellement testé afin d’évaluer son efficacité pour réduire voire annuler la mortalité constatée. Cependant, parmi les cinq nouveaux cas de mortalité constatés en 2014, trois ont été constatés sous des éoliennes équipées de DT Bird® (mode effarouchement). De ces trois cas, un seul a été détecté par le système, les 2 autres sont le résultat, soit d'un système non opérationnel lors de la collision, soit d'une absence de détection. Ces éléments soulignent, à minima, que le système DT Bird® n'est pas encore pleinement optimisé ce qui contribue à raviver nos inquiétudes quant à la résolution urgente de la mortalité sur ce parc (plus d'informations dans le crécerellette info nº 20).