Suivi par caméra 2013

Le Faucon pèlerin dans la capitale
A l’automne 2011, un couple de Faucons pèlerins est repéré dans la capitale, sur la cheminée Beaugrenelle de la CPCU dans le 15è arrondissement, à quelques centaines de mètres de la tour Eiffel. Hélas, en 2012, le couple ne niche pas ou échoue sa reproduction. Il reste néanmoins cantonné au site.
La LPO Mission rapaces prend alors contact avec la CPCU et la Mairie de Paris pour les alerter de la présence de cette espèce emblématique et mettre en place des actions appropriées.
Le nichoir, installé 15 ans plus tôt au sommet de la cheminée, par Dominique Robert pour le Faucon crécerelle, est contrôlé ; du substrat et un rebord sont ajoutés tandis qu’une caméra est installée fin novembre 2012 par la CPCU dans le nichoir afin de suivre la reproduction du couple de Faucons pèlerins dès 2013.
La caméra, reliée à un enregistreur, se déclenche dès lors qu’elle détecte du mouvement dans le nichoir. Les vidéos sont ensuite enregistrées et stockées sur un disque dur externe.
Ces vidéos permettront de mieux observer et d’étudier le quotidien de l’espèce et contribueront également à la sensibilisation du public.
La LPO tient à remercier la CPCU et la Mairie de Paris pour leur mobilisation en faveur du Faucon pèlerin. Elle remercie également les fondations Gecina et Nature & Découvertes pour leur soutien financier.

Le site et ses environs en images

 Sélection du mois de février 2013

Depuis le début du mois de février, nous assistons à des parades amoureuses du couple de Faucons pèlerins. Parmi ces comportements, les salutations occupent une grande place. Nous en observons tous les jours, parfois plusieurs fois par jour, dans le nichoir. Durant ce mois, le couple s'est aussi attelé à gratter le substrat présent dans le nichoir pour y préparer une cuvette dans laquelle la femelle y déposera ses oeufs.
Nous vous proposons ici une sélection de quelques vidéos montrant ces comportements :

Offrande de proie, salutations...
Notez sur la vidéo ci-dessous, à gauche, la gorge blanche et peu tâchetée du mâle ; sur la vidéo, ci-dessous à droite, les salutations permettent de bien remarquer la différence de taille entre mâle (aussi appelé tiercelet) et femelle. 

Sélection du mois de mars 2013

Ici quelques vidéos montrant l'activité nocturne du Faucon pèlerin. L'espèce profite en effet de l'éclairage urbain pour chasser !
A gauche, le mâle apporte au nichoir un étourneau sansonnet capturé alors que le jour n'est pas encore levé ; à droite, la femelle occupe pour la première fois le nichoir pour y dormir.

Depuis janvier, les salutations du couple sont très fréquentes. La préparation de la cuvette destinée à recevoir les oeufs mobilise les deux partenaires du couple. Les opérations de "grattage" sont régulières.

La mi-mars connaît des conditions météorologiques exceptionnelles. De fortes chutes de neige s'abattent sur le nord-ouest de la France et notamment à Paris. Le nichoir destiné initialement au Faucon crécerelle présente une grande ouverture laissant rentrer la neige, qui recouvre alors tout le sol du nichoir et en particulier la cuvette préparée par le couple. Heureusement, la femelle n'a pas encore pondu.
Quelques scènes du quotidien dans une ambiance de neige :

PONTE : Bonne nouvelle, la femelle a pondu son premier oeuf dans la nuit du 18 au 19 mars, entre 4h et 6h du matin (soit une date conforme pour la région). Espérons que la femelle en ponde encore 4 (le maximum). Rappelons que les oeufs sont pondus à intervalles de 48 à 72h. Merci à la CPCU pour sa vigilance et sa réactivité !

La femelle a pondu un 2è oeuf le 21 mars vers 12h30 (soit environ 56h après le 1er) puis un 3è oeuf le 24 mars entre 17h30 et 18h30 (soit environ 77h après le 2è).
Ci-dessous, à gauche, un relai de couvaison entre les deux adultes alors que 2 oeufs ont été pondus ; à droite, on remarque la présence des 3 oeufs (la couvaison commence juste).

Sélection du mois d'avril

COUVAISON : Chez le Faucon pèlerin, la ponte compte généralement 3 à 4 oeufs, et plus rarement 1, 2 ou 5. Ici, la ponte comprend 3 oeufs qui vont être couvés pendant une trentaine de jours par le couple. L'incubation est partagée entre le mâle et la femelle, de façon très variable selon les couples. En général, le mâle ne contribue qu'à hauteur de 25-30 % du temps.
Ici, nous vous proposons quelques séquences de couvaison et de relai de couvaison entre les 2 adultes ; en attendant l'éclosion prévue, si tout se passe bien, fin avril.

 

Depuis la ponte, les deux adultes se sont relayés pour assurer la couvaison des trois oeufs. L'éclosion des oeufs est attendue ces prochains jours (soit vers le 20-21 avril).

ECLOSION : le 25 avril au matin, sous une belle journée ensoleillée, 2 oeufs ont éclos. Le premier poussin est né à 6h30, le second vers 9h15. La femelle les couvre (à cet âge, les poussins ne régulent pas leur température) et continue de couver l'oeuf non éclos. En général, les éclosions se succèdent durant la même demi-journée. Il est toutefois possible que l'éclosion du dernier oeuf pondu ait lieu 48 à 72h plus tard. Le 3è oeuf a éclos dans la nuit du 25 au 26 avril, a priori aux environs de 2h du matin.
La femelle s'occupe également à manger les coquilles des oeufs éclos.
Quant au mâle, dès la naissance des poussins, il se fait en général plus discret dans le nid. Les rares instants où il vient à l'aire, c'est pour apporter des proies que la femelle découpe en petits morceaux pour nourrir ses poussins. D'ailleurs, vers 12h, le mâle a fait une brève apparition pour le tout premier nourrissage.

Pendant les 15 jours à venir, la femelle va continuer de couver ses poussins, tandis que le mâle aura pour mission de rapporter des proies pour la femelle et les poussins. Il n'est pas impossible que les martinets noirs tout juste de retour de migration fassent partie des proies capturés par le mâle.

Sélection du mois de mai

Au fil des jours et des semaines, les poussins grandissent fortement. Leurs besoins en nourriture s'accroissent considérablement, obligeant les adultes à chasser des proies plus grosses. Le mâle s'occupe presque exclusivement du ravitaillement tandis que la femelle s'occupe de nourrir les jeunes (elle dépèce les proies et donne la becquée aux poussins). 
Afin de réduire la surface avec l'air froid, les poussins se regroupent ventre contre ventre pour former une sorte de pyramide. La femelle laisse quelquefois ses jeunes seuls dans le nichoir. Elle se tient généralement à proximité du nichoir, se tenant prête à défendre ses jeunes en cas de danger.

A partir de la 4è semaine, le duvet disparaît progressivement laissant place aux plumes définitives. Ils sont aussi capables de se déplacer avec plus d'aisance dans le nichoir. Il faudra néanmoins attendre que les jeunes atteignent leur 6è semaine pour observer les premiers vols (soit fin mai/début juin).

Sélection du mois de juin

Le 3 juin, les 3 jeunes (2 mâles et 1 femelle) étaient encore dans le nichoir. Aucun n'avait tenté de s'envoler. Les premières tentatives d'envol devraient avoir ces jours-ci. Espérons qu'aucun d'eux ne chute. Rappelons que la cheminée culmine à plus de 130 mètres.

 

Mercredi 5 juin, les deux jeunes mâles ont pris leur envol du nichoir, tachant tant bien que mal de voler et d'atterir sur les batiments environnants. Ce jeudi, la jeune femelle était encore dans le nichoir, battant des ailes energiquement pour s'entrainer avant le grand saut. 
La période est critique pour les jeunes encore mal volants. Une chute ou un atterrissage mal contrôlé peut avoir lieu à tout moment. Ce jeudi, un jeune mâle a trouvé refuge sur un rebord de fenêtre d'une tour d'habitation voisine. Tout cela sous la surveillance des adultes.

Vendredi 7 juin, peu après 16h20, la jeune femelle s'est envolée pour la première fois du nichoir. Le lendemain, une habitante du quartier assiste à sa chute. Elle alerte aussitôt les pompiers qui viennent récupérer l'oiseau et le transfère à l'ecole vétérinaire de Maison-Alfort. L'examen clinique et la radiographie révèlent que la jeune femelle n'est pas blessée mais affaiblie et amaigrie. Elle reste donc quelques jours sous surveillance avant d'être relâchée mercredi par la LPO. 
Merci à cette habitante pour son action exemplaire, merci également au directeur de la bibliothèque de Beaugrenelle qui nous a permis de relâcher l'oiseau depuis le toit du batiment.

Les jeunes faucons sont tous volants. Ils apprennent à chasser en présence de leurs parents. 
Courant juillet, ils devraient quitter les lieux et découvrir de nouveaux horizons. Longue vie à eux et vivement la prochaine saison de reproduction !