Août, dans la Loire : deux grands-ducs victimes des lignes électriques

Deux oiseaux victimes du réseau aérien de transport d'électricité sont signalés mi août dans la Loire. Rares sont les oiseaux retrouvés.
L’étude (fichier PDF) sur les causes de mortalité du Grand-duc révèle que plus d’un tiers des oiseaux retrouvés morts ont été victimes d’une électrocution sur un pylône (28%) ou de la collision contre un câble électrique (6%). 

Un grand-duc blessé est signalé dans la vallée du Cotatay. Sur place, une forte délégation du quartier m'attend. Quatre tout jeunes enfants garçons et filles, deux autres garçons plus grands et très intéressés et trois couples d'adultes soit douze personnes en tout. Les enfants me guident à travers une petite lande à genêts et nous nous trouvons face à un Grand-duc apparemment bien vigoureux qui marche, mais ne vole pas. Avec raison, personne ne se sent le courage de l'attraper : il ne vaut mieux pas se saisir d'un Grand-duc sans prendre quelques précautions. Mais j'ai prévu tout le matériel et notre oiseau se retrouve dans son carton.

 

Le Grand-duc victime d'une collison contre une ligne électrique. Eric Berthon ©

Les questions fusent :
- C'est bien un Grand-duc ? Oui.
- Niche-t-il ici ? probablement, mais je ne sais pas où précisément.
- Comment s'est-il blessé ? il s'est sûrement heurté à une ligne électrique.
- Va-t-il survivre ? j'espère que oui...
- Où allez-vous l'emmener ? au centre de soin de Saint-Forgeux dans le Rhône.


Chemin faisant, les habitants du quartier m'indiquent que la dépouille d'un autre Grand-duc a été trouvée non loin d'ici, nous y allons donc. Effectivement, nous tombons rapidement sur un cadavre de jeune Grand-duc, mort depuis une ou deux semaines, au pied d'un pylône EdF. Pour celui-ci la cause de la mort ne fait guère de doutes, il s'est électrocuté en se posant au sommet du poteau et en touchant un fil avec son aile. La LPO demandera à ERDF d'intervenir pour neutraliser cette portion de ligne.

Un transport est promptement organisé et quelques heures plus tard, notre oiseau est entre les mains du vétérinaire qui l'examine. Le constat est surprenant :

  • Fracture de l’humérus (aile) qui remonte à 15 jours ou 3 semaines. Probable collision avec un câble électrique aérien. La fracture s’est ressoudée toute seule et de façon à peu près correcte, dans l’axe, ce qui est très rare.
  • Donc l’oiseau marche et ne vole plus depuis 2 ou 3 semaines. Il est évidemment très affamé (1 jour ou deux de plus et il était mort de faim).
  • Programme de soins : 1 semaine pour le réalimenter progressivement, puis 2 ou 3 semaines en volière pour voir s’il vole correctement, puis relâcher, si tout va bien.

On peut espérer que cet oiseau sera sauvé. Si c'est le cas, il le devra à la chaine de solidarité qui s'est mise en place sur une recette très efficace. Des sympathisants qui préviennent des bénévoles de la LPO. Une action rapide grâce à une association efficace. Un centre de soin opérationnel et un véto compétent.
Longue vie à ce Grand-duc et merci aux bénévoles et aux sympathisants !

Patrick Balluet
LPO Loire