Espèces protégées : les centres de soins ont aussi un rôle à jouer

 Les actions de sauvegarde et de protection des espèces menacées, c’est aussi la récupération d’individus blessés ou malades ! En effet, chaque année, des espèces protégées sont soignées par les équipes de centres de soins de la faune sauvage.

Retour ci-dessous sur les oiseaux pris en charge dernièrement, et sur la situation généralement très précaire des centres de soins!

1. Retour sur les oiseaux pris en charge par l’Hôpital pour la faune sauvage de Ganges

   L’Hôpital pour la faune sauvage Garrigues Cévennes (Hérault) est un projet développé depuis 2008 par les bénévoles de l’association Goupil connexion. Des oiseaux et des mammifères sauvages locaux y sont accueillis. L’association développe également des actions de sensibilisation en direction du grand public.

   Deux espèces faisant l’objet d’un Plan National d’Actions ont notamment été accueillies récemment au HFS de Ganges: le Vautour moine et l’Aigle de Bonelli. En plus des soins apportés aux oiseaux, il faut mentionner le temps à passer que cela représente, les lieux et personnels dédiés, les apports de nourriture et de médicaments, mais aussi les radiographies, les chirurgies, etc…réalisés.

   Quelques exemples d’oiseaux pris en charge :

- En 2018, deux jeunes vautours moines :

o Un jeune mâle « Shakespeare », non relâchable en nature, qui a rejoint le BIOPARC de Doué la Fontaine dans le programme de reproduction en captivité (dans le réseau européen des Parcs Zoologiques).

o Une jeune femelle arrivée avec des signes neurologiques graves, qui est morte fin 2018. Son squelette est parti au Muséum National d’Histoire Naturelle en étude de robotique.

- Et en 2019, sur un été particulièrement sec, ce furent quatre jeunes vautours moines :

o « Xylophone » qui après être reparti en pleine forme, a été dernièrement localisé au Nigéria !
o « Xérès », reparti en pleine forme aussi mais qui a été retrouvé tué dans le Parc à Loups à Saint-Léger-de-Peyre en Lozère.
o « Xanthos » est arrivé fin septembre avec de graves problèmes de perte de rémiges, malade et maigre. Il est reparti fin décembre en parfait état. Il est allé rejoindre les volières du Verdon de la LPO PACA pour repartir au printemps prochain avec d’autres vautours.
o « Xavier » est une femelle récupérée maigre et parasitée, qui a été relâchée début janvier dans les Grands Causses.

     

- … et un jeune mâle Aigle de Bonelli, arrivé en août : il avait été trouvé blessé dans l’Hérault, près de son site de naissance, certainement suite à un choc avec une ligne électrique. Après opération, il a fallu près de 4 mois de réhabilitation à cet oiseau, qui sera suivi lui aussi par GPS par le réseau Bonelli.

Des vautours fauves, espèce qui fait aussi l’objet d’un Plan National d’Actions, arrivent aussi régulièrement à l’HFS.

2. Les centres de sauvegarde, une situation très précaire !

Le centre régional de sauvegarde de la faune sauvage caussenard, situé à Millau, prend également en charge de nombreuses espèces chaque année, et notamment des vautours fauves et d’autres espèces protégées. Il existe deux autres centres de sauvegarde de la faune sauvage de la LPO en région Occitanie : les centres de Labruguière dans le Tarn et de Villeveyrac dans l'Hérault, qui travaillent également activement à l’accueil et au soin de ces espèces.
Malgré de nombreuses sollicitations et recherches de financements, ces structures doivent largement s’autofinancer pour assurer leur activité.

Les actions des centres de soins s’inscrivent dans celles menées par tous les acteurs de la préservation de la biodiversité, notamment lorsque des espèces sont concernées par des PNA. Elles servent, en synergie avec l’ensemble des partenaires, notre bien commun qu’est la biodiversité.

Actuellement ces structures ne disposent d’aucun soutien financier conséquent, ce qui rend très précaires leur situation et leurs conditions de travail. Les équipes assurant les missions de soins aux animaux sont essentiellement bénévoles. Cela pose également la question de la reconnaissance de leur rôle en tant qu’acteurs de la conservation de la biodiversité.

À ce jour, aucun volet portant sur l’accueil en Centres de Réhabilitation pour diagnostic, traitement, et réhabilitation, n’est prévu dans le cadre des Plans nationaux d’actions. La LPO Grands Causses et ses partenaires reconnaissent et souhaitent mettre en lumière les interventions des centres de soins en faveur des espèces protégées et menacées. Il est primordial qu’ils soient reconnus et soutenus à la hauteur du travail réalisé.