Libération du gypaète Silvano au Pays Basque : bon vent et longue vie !

Une information transmise pat Martine Razin

Samedi 23 juin, le gypaète Silvano, une femelle de 23 ans, a été libéré dans les montagnes de Cize au Pays Basque. Le centre de soins Hegalaldia veillait sur elle depuis presque 5 mois.

Le 31 janvier 2018, ce gypaète adulte était retrouvé par des chasseurs au Pays Basque. Les radios ont montré qu’il avait avalé un élément métallique provenant d'une boucle auriculaire d'ovin. Il portait en outre des signes de chute (rémiges abîmées, hématomes) résultant probablement de la percussion d’une clôture.
Il a été libéré avec succès par le centre de soins Hegalaldia ce samedi sous les yeux de quelques admirateurs.

La petite histoire de Silvano : capturée et équipée d’un émetteur VHF sur un site de nourrissage aragonais en 1995 à l’âge de quelques mois par la FCQ, cette femelle de gypaète est bien connue du réseau Casseur d’os qui suit cette espèce dans les Pyrénées dans le cadre du Plan National d’Actions : observée régulièrement à partir de 1997 de la Haute-Garonne au Pays Basque, elle se cantonne en couple en 2010 en basse vallée d’Aspe, sur un ancien site de nidification ; elle porte un émetteur qui ne fonctionne plus et des marques alaires. Elle pond pour la première fois en 2011 à l’âge de 15 ans, mais elle abandonne son nid suite aux manœuvres d’un hélicoptère près de son aire (son poussin meurt) et elle quitte définitivement son territoire : elle est contactée pour la dernière fois en mai 2011 en Aragon, puis elle perd ses marques alaires distinctives. Nous étions sans nouvelle de cet oiseau depuis 2011 … il portait toujours son émetteur non fonctionnel sur le dos, il lui a été retiré dès son entrée en centre de soins.


L’ingestion d’un élément métallique de taille réduite mais contenant du plomb et du zinc, semble avoir affecté Silvano (chute de plumes de vol, syndrome Pica) bien que la plombémie était négative à l’analyse (mais un traitement préventif avait été administré) ; toutefois, d’après le laboratoire spécialisé, le plomb analysé a une signature isotopique très différente du plomb des projectiles retrouvé hébituellement dans les tissus des animaux intoxiqués, et d’après divers experts, les vautours régurgitent les boucles auriculaires qu’ils peuvent avaler : les raisons de la détresse de Silvano restent donc floues.

Bon vent à Silvano, partie en ne laissant derrière elle … que ses fientes.

Identification de Silvano : pas de plume décolorée, pas de marque alaire ni émetteur, mais une plume de l’aile gauche relevée vers le haut + sa bague métal Madrid.

Toute observation de cette femelle nous intéresse : n’hésitez pas à nous contacter.

Photos: Nicolas Mourlan et Vadim Heuacker