Luna et Ercu

Le 3 juin, deux jeunes Gypaète Barbu nés dans le cadre du programme d'élevage en captivité coordonné par la VCF pour la conservation (EEP) ont été lâchés dans la vallée de Niolu dans le nord de la Corse. C'est la deuxième année consécutive qu'un tel événement a lieu, après Cimatella et Muntagnolu en 2016.

Plus d'une centaine de personnes se s’est rassemblée dans la commune de Lozzi pour l'occasion et a accompagné les deux jeunes vautours jusqu’à la grotte où ils passeront les dernières semaines avant de s’envoler. L'événement a été organisé par le Parc Naturel Régional de Corse (PNRC) avec la participation du Président du PNRC, des représentants du gouvernement français (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement, DREAL) la Fondation Albert II de Monaco et le maire de la municipalité de Lozzi, ainsi que la présence de représentants du VCF et du zoo d'Ostrava.

Les oiseaux ont été nommés par les enfants de l'école de Niolu, Luna (qui signifie «lune» en corse) et Ercu (nommé d'après un refuge local). Ercu est né dans le centre spécialisé pour Gypaète de Guadalentín (Andalousie, Espagne) le 28 février, alors que Luna (BG959) est né dans le zoo d'Ostrava (République tchèque) le 1er mars. Chacun a été rigoureusement sélectionné parmi les 18 oiseaux identifiés pour être lâchés parmi les 5 projets de réintroduction coordonnés par le VCF (Andalousie, Vercors-Baronnies, Grands Causses, Alpes suisses et Corse), en tenant compte des considérations génétiques, ainsi que l'âge, le sexe, entre autres.

La population de vautours barbus en Corse est le dernier vestige d'une ancienne métapopulation qui comprenait la Sardaigne, la Sicile, les Alpes et la Corse. Il a connu un déclin sévère au cours des dernières décennies, en particulier au cours des 10 dernières années, où le nombre de couples est passé de 10 à 5, pendant que la productivité a plongé encore plus en atteignant zéro depuis 2 ans. Parmi les causes principales on peut citer la diminution de la diversité génétique et l'augmentation de la consanguinité, mais aussi les activités humaines et le manque de ressources alimentaires. Un plan d'action d'urgence a été élaboré et mis en œuvre pour sauver cette population de l'extinction.

Les considérations génétiques sont traitées de deux manières :
1) Sauvegarder l'information génétique restante en incluant les oiseaux corse dans le programme EEP par prélèvement d'œufs de couples non viables; Le prélèvement des œufs a commencé l'année dernière et un vautour encore en captivité attend son futur partenaire, alors que malheureusement, les deux œufs collectés en 2017 se sont révélés stériles. Ces derniers proviennent d’un couples qui n'a produit que 3 poussins au cours des 10 dernières années et rien depuis 2014
2) Augmenter la diversité génétique dans l'île en introduisant des jeunes de différentes lignées issus d’oiseaux en captivité. Depuis l'année dernière 4 oiseaux ont déjà été relâchés dans les montagnes corse.

Ercu et Luna s'habituent maintenant à leur nouvel environnement au-dessus de la vallée de Niolu où ils voleront en moins d'un mois. Jusque-là, une équipe de techniciens et d'assistants du PNRC et du VCF surveillera les ébats quotidiens des deux jeunes oiseaux dans la grotte et plus tard quand ils quitteront la région Prochainement, un technicien du VCF les équipera d’un émetteur pour assurer le suivi de leurs mouvements.
Nous croisons les doigts pour la réussite du projet et nous leur souhaitons une longue vie. Leur enracinement devrait apporter une nouvelle vigueur de la population corse!


L’opération a été en partie financée par la DREAL la Fondation Prince Albert II de Monaco avec le soutien actif de Bernard Recobert et de Philippe Mondielli

Source VCF ici.

Crédit photos: S. Firlová/VCF