Nouvelle étude sur la répartition des gypaètes barbus pyrénéens

— Source : Vulture Conservation Fondation —

Une nouvelle étude (Margalida et al., 2016, parue dans Scientific Reports) a révélé que l’utilisation de l’espace est différente d’un gypaète barbu à l’autre (notamment entre les oiseaux territoriaux et non territoriaux), mais ne change pas avec les saisons. Les auteurs ont analysé les déplacements de 19 gypaètes barbus dans les Pyrénées équipés de balises GPS entre 2006 et 2014, qui ont permis d’obtenir 66 000 positions GPS.

L’étude a permis de confirmer les prédictions des auteurs, selon qui les déplacements lors des périodes de reproduction et de non-reproduction sont semblables, car les mauvaises conditions climatiques en hiver sont compensées par un réseau de placettes de nourrissage servant principalement durant la saison de reproduction. Quant à la période estivale (de non-reproduction), l’alimentation y est plus abondante pendant la saison de la transhumance.

Concernant la présence de placettes de nourrissage et l’utilisation de l’espace, les auteurs ont découvert que seules 5 % des positions GPS se trouvaient à moins de 1 km des placettes, ce qui laisse à penser que les oiseaux trouvent largement de quoi se nourrir dans les montagnes. Ils ont également découvert que le domaine vital des gypaètes barbus non territoriaux englobe plus de placettes que les individus territoriaux, chez qui le cœur du domaine vital ne comporte aucune placette. En outre, les individus inexpérimentés relient un plus grand nombre de placettes lors de leurs déplacements, car elles font office de source de nourriture fiable. Les auteurs suggèrent que les oiseaux territoriaux délaissent les placettes car ils savent exploiter de manière plus efficace des proies non fiables mais de meilleure qualité.

Autre découverture intéressante : de 46 % (gypaètes barbus territoriaux) à 54 % (oiseaux non territoriaux) du domaine vital se trouve en-dehors des aires protégées.

La plus grande population naturelle de gypaètes barbus en Europe vit dans les Pyrénées. Une meilleure connaissance des déplacements de cette espèce contribuera à l’amélioration des actions de gestion visant à accroître la distribution de cette espèce, et à limiter le risque d’extinction de métapopulation. L’identification des zones cœurs utilisées par ce vautour est une étape cruciale de la conservation de l’espèce, et permettra d’affiner les stratégies de gestion.

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Traduction par Adrien Gauthier