Suivi des gypaètes barbus au Népal : un nouveau projet de recherche par Tulsi Subedi

— Source : Vulture Conservation Foundation —

La VCF est à la pointe du mouvement de conservation de cette espèce en Europe, et l’a notamment réintroduite ou repeuplée dans plusieurs régions (Alpes, Andalousie, Grands Causses, Corse), où les populations sont bien connues et correctement suivies.

Divers projets ont par ailleurs été lancés pour combattre les menaces qui pèsent sur cette espèce, afin qu’elle puisse se développer en Europe et accroître son aire de répartition. Toutefois, les données manquent concernant les gypaètes barbus vivant plus à l’est : voilà pourquoi ce nouveau projet de recherche sur les gypaètes barbus dans l’Himalaya est bienvenu.

Il y a peu, la VCF a rencontré Tulsi Subedi, un étudiant en doctorat népalais qui étudie actuellement l’espèce dans son pays : « Cette espèce a fait l’objet de plusieurs études en Europe et en Afrique du Sud, mais nous ne savons pas grand-chose de l’écologie des déplacements des individus himalayens. C’est pourquoi j’ai lancé un projet ambitieux focalisé sur cette espèce en 2014. À ma connaissance, il s’agit du tout premier projet sur le gypaète barbu dans son aire de répartition asiatique faisant appel à des balises GPS. Ce projet vise principalement à produire des informations quantitatives sur l’écologie des déplacements de l’espèce, et à étudier les menaces qui pèsent sur le gypaète barbu dans l’Himalaya. Même si le concept est né en 2014, il a fallu du temps pour que le projet démarre, puis pour débuter le travail de terrain. J’ai attrapé mon premier gypaète barbu au Népal pour lui installer une balise GSM le 17 mai 2016. À l’heure actuelle, 9 individus (4 adultes et 5 juvéniles) sont équipés d’une balise, dont toute une famille, ce qui permettra d’élucider leurs habitudes migratoires. J’espère que les résultats de mon étude permettront de préparer un plan de conservation et de gestion du gypaète barbu au Népal.

Les premiers résultats montrent que certains individus vivant en haute altitude passent fréquemment la frontière sino-népalaise ; une démarche de conservation multinationale pourrait donc être nécessaire. Les données ont également révélé que dans l’Himalaya, ils volent jusqu’à 7 500 m d’altitude, et que la plupart niche sans doute au-dessus de la limite de l’étage nival (5 500 m). Nous pensons également que certaines lignes électriques rurales pourraient être fatales pour ces oiseaux dans les régions montagneuses du Népal, ce que nous allons examiner en détail ».

Pour plus d'infos et de photos, consultez le site du VCF.

Traduction par Adrien Gauthier