La dispersion du Gypaète barbu

Nous avons le sentiment ces derniers jours, que les gypaètes des Grands Causses ont décidé de « casser » les idées reçues. Tout d’abord, Arcana qui s’envolât avant l’ouverture de la vire, opérant des vols plus longs que ces comparses au même âge et opérant de formidables figures acrobatiques. Ensuite, Calandreto et ses débuts en tant que casseurs d’os (cf. précédente brève) imité désormais par Viaduc et Arcana. Enfin et surtout, Durzon, âgé seulement de 170 jours, lorsque le 16 juillet 2017 il entamât un long périple vers l’Allemagne (dernière donnée GPS au 24 juillet 2017).

En quoi Durzon brise-t-il les idées reçues ?
Le jeune gypaète s’émancipe selon la nomenclature autour de 150 jours après l’envol en Afrique du Sud (C.Brown*) et entre les 95ème et 247ème jours après l’envol dans les Pyrénées (C. Sunyer*). Par ailleurs, R.Heredia* a au cours de ses travaux marqués deux jeunes au nid lesquels n’ont pris leur indépendance qu’à l’âge de dix mois. Il est connu que les individus peuvent se déplacer sur de très longues distances : plusieurs centaines de kilomètres par rapport à leurs lieux de naissance (A. Margalida cité par M. Grussu et J.F. Seguin). Néanmoins, ces déplacements s’opèrent en théorie lorsque les oiseaux acquièrent une certaine autonomie et la capacité de trouver une ressource alimentaire. Or pour le moment, Durzon est vraisemblablement encore très jeune et son départ 47 jours après son envol mérite une attention toute particulière.
Nous pouvons pour le moment constater que les trois autres gypaètes se nourrissent encore sur le site du lâcher, adoptent des comportements sociaux et se réunissent les soirs au sein d’un dortoir lâche.

Mathilde Mas