Le second retour de Basalte!

 C’est un merveilleux cadeau de Noël que Basalte a offert aux équipes en charge du suivi des gypaètes caussenards.
Après un premier retour l’année passée, la présence de ce jeune gypaète est de nouveau confirmée fin décembre 2014 par Jean-Louis Pinna, ancien garde du Parc national des Cévennes et l’un des pionniers de la réintroduction des vautours dans les Grands Causses.


Pour mémoire, Basalte est l’un des premiers casseurs d’os lâchés dans le sud du Massif central, en 2012.
En avril 2013, après avoir passé neuf mois cantonné au site de lâcher, il quitte les Grands Causses pour rejoindre les Alpes, où il navigue entre la Savoie, la Haute-Savoie et la Suisse. Puis, il traverse de nouveau la vallée du Rhône et revient passer l’hiver 2013-2014 en Lozère, sur son site de lâcher.
Depuis la perte de sa balise GPS en juin 2013, peu d’observations nous sont communiquées. La dernière observation de Basalte, en date du 21 avril 2014, nous indiquait qu’il avait rejoint de nouveau les Alpes (observation dans le Vercors, à proximité d’un autre site de lâcher de gypaètes barbus). En juin 2014, un Gypaète barbu immature pouvant être Basalte est observé en Isère, mais sans pouvoir être identifié avec certitude.

En un an, le plumage de Basalte a encore bien changé. Cet oiseau subadulte va entamer sa quatrième année. Il arbore désormais en vol une silhouette plus svelte et élancée, d’un aspect irrégulièrement dentelé ; de nouvelles rémiges arrondies et plus courtes sont bien visibles parmi les vieilles plumes pointues et plus longues, qu’elles viennent progressivement remplacer. Son poitrail s’est éclairci et sa tête noire est parsemée de quelques plumes plus claires. Sa mue rend ses colorations peu visibles (seule la décoloration de ses deux rectrices est encore visible). La lecture de ses bagues reste donc le moyen le plus efficace de l’identifier.

Basalte a retrouvé Layrou, avec qui il avait déjà passé l’hiver précédent, ainsi qu’Adonis lâché en 2014.
La cohabitation de ses trois mâles gypaètes est déjà plus interactive, les deux plus âgés adoptant des comportements davantage territoriaux.

Crédit photo : Basalte en vol - décembre 2014 © Régis Descamps

 

Quant aux autre gypaètes barbus caussenards...

Cardabelle reste dans les Pyrénées

Cardabelle - la femelle ayant pris son envol en 2012 en Lozère - est depuis le printemps 2013 dans les Pyrénées, dont elle arpente le versant Sud, au cœur du noyau central de la population pyrénéenne de Gypaète barbu. Ses déplacements s’étendent toujours essentiellement aux sites de nourrissages espagnols. C’est d’ailleurs sur l’un de ces sites qu’elle a été observée pour la dernière fois, le 19 juin 2014.

 

La longue convalescence de Layrou

Près de six mois après son relâcher, ce gypaète barbu de deuxième année est toujours dans les Grands Causses et n’a, depuis, effectué aucun déplacement en dehors de ce territoire.

Crédit photo : Layrou en vol © Frédéric Delmas

 

Adonis, toujours dans les Grands Causses

Adonis est toujours présent dans les causses depuis son envol, en juin 2014. Au cours de l’été, ce jeune mâle a ponctuellement et progressivement étendu ses pérégrinations aux gorges et vallées alentours, sans toutefois quitter les Grands Causses. Adonis a passé l’automne et le début de l’hiver aux côtés de Layrou. Les conditions météorologiques sont pendant plusieurs semaines très pluvieuses et ne favorisent donc pas les déplacements de ces grands rapaces.
Le retour de Basalte semble finalement avoir stimulé de nouveaux mouvements chez Adonis, qui élargit davantage ses déplacements depuis début janvier.

Crédit photo : Adonis et Layrou en vol - © Philippe Baffie

 

Sans nouvelles de Jacinthe...

Jacinthe – jeune femelle lâchée elle aussi en 2014 – a passé l’été et le début de l’automne dans les causses, aux côtés de ses deux congénères Adonis et Layrou.
Malheureusement, l’équipe en charge de son suivi est sans nouvelle depuis plusieurs mois. Sa balise GPS a cessé d’émettre fin septembre 2014 et, malgré les recherches et prospections, aucun contact visuel n’a été établi depuis.
Cette absence de contact ne laisse rien présager de bon sur ce qu’est devenue la jeune femelle.

Crédit photo : Jacinthe en vol - Raphaël Néouze

 Un corridor en construction

Les trois lâchés opérés dans les Grands Causses depuis 2012 ont permis à six jeunes gypaètes barbus de prendre leur envol. Trois oiseaux de trois classes d’âge différentes sont aujourd’hui présents dans le sud du Massif central, avec une belle surprise en cette fin d’année 2014 : le retour de Basalte.

La présence de ces trois gypaètes barbus sur ce territoire est très prometteuse et les déplacements de Basalte entre le sud du Massif central et les Alpes sont porteurs d’espoir pour la continuité du programme de réintroduction et de conservation en faveur de l’espèce.

D’autres évènements encourageants confortent les prémices d’un corridor pour les gypaètes entre Alpes et Pyrénées. Un jeune oiseau lâché dans les Vercors en 2012 (Angelo) s’est déplacé jusqu’à Périgueux, en passant par le Massif central (Grands Causses et Monts du Forez) en avril 2013, juste avant le départ de Basalte et de Cardabelle.
A noter de plus, l’observation non négligeable d’un Gypaète barbu adulte le 23 avril 2014 dans les Hautes-Corbières, en limite de Montagne noire. Les observations de gypaètes dans ce secteur deviennent de plus en plus fréquentes (3 observations, dont une en juin 2013). Elles concernent des individus en prospection alimentaire se nourrissant souvent sur les sites de nourrissage.

Nous vous rappelons que vous pouvez suivre les déplacements de Layrou et Adonis depuis l'onglet Le suivi des oiseaux de notre site Internet.