Les rencontres du réseau Vautours

<

 

Webinaire du Réseau Vautours 

Editorial

 Réjouissons-nous du confinement, la nature en profite pour mieux respirer. Mais il est vrai aussi que la convivialité des Rencontres Vautours a disparu et nous manque déjà. Tout est dans l’équilibre et la mesure.
Nous vous proposons les 3, 4 et 5 février des Rencontres en visio conférence. Une première qui apportera forcement ses surprises d’organisation. Merci de votre indulgence. Et nous l’espérons, ce sera aussi une dernière grâce au vaccin qui devrait être déployé d’ici l’automne 2021 et donc nous permettra de nous retrouver en grande pompe pour les 27eme rencontres.
En attendant, nous espérons que vous serez nombreux à assister à cette visioconférence vautours.
Au plaisir de vous y retrouver.
Yvan Tariel (LPO)

 Le Programme

Mercredi 3 février 2021 17h

Vautour percnoptère
  • 17h
    Conservation du Vautour percnoptère le long de la voie de migration de la Méditerranée orientale (Stoyan Nikolov BSBP)
    La population balkanique du Vautour percnoptère a diminué de 80% au cours des 30 dernières années. Considérant qu'il s'agit de la dernière «forteresse» de l'espèce en Europe de l'Est et d'un «pont» entre les populations européennes et asiatiques de l'espèce, des actions urgentes sont nécessaires pour assurer son avenir. Conformément au plan d'action pour la voie de migration du Vautour percnoptère (Annexe 4 du Vulture MsAP) et au projet qui en a résulté, EGYTIAN VULTURE NEW LIFE en 2017, une alliance de 20 partenaires d'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique a uni ses efforts pour enquêter et atténuer les principales menaces dans les aires de reproduction et le long de la voie de migration. Le travail dans les Balkans (Bulgarie, Grèce, Albanie et Macédoine du Nord) est axé sur les activités contre-poison et sur le pilotage d'un programme de renforcement pour accélérer la reprise de la population. Au Moyen-Orient, les principaux défis sont d'identifier et de moderniser les lignes électriques tueuses (Turquie, Jordanie et Arabie saoudite), de lutter contre la chasse illégale d'oiseaux (Liban, Syrie et Égypte) et de réduire les risques d'empoisonnement aux ordures décharges (Liban et Égypte) et par rapport de l'utilisation d’Anti-inflammatoires en médecine vétérinaire (Arabie saoudite). Dans les aires d'hivernage, les principales actions de conservation visent à isoler les poteaux électriques dangereux autour des sites de la congrégation; réduction substantielle du risque d'empoisonnement dû aux conflits humains-carnivores et au contrôle des chiens sauvages (Éthiopie), ainsi que la recherche d'alternatives aux parties de vautours en médecine traditionnelle (Nigéria et Niger). Toutes ces activités sont dominées par le renforcement des capacités des autorités locales pour faire appliquer la législation, ainsi que par de vastes campagnes d'éducation et de sensibilisation.
  • 17h30
    Distribution du Vautour percnoptère sur les deux versants du Massif Pyrénéen et tendances évolutives comparées
    (Erick Kobierzyki-Nature Occitanie).
    Les diverses populations de vautours percnoptères sont dénombrées annuellement en France et tous les dix ans en Espagne où les effectifs sont bien plus importants. La population française représente environ 2% de la population européenne (90 couples territoriaux) alors que la population ibérique est parmi la plus importante du continent (1567 couples estimés en 2018 en Espagne et une centaine au Portugal)
    Le noyau de population nord pyrénéen contient les ¾ de la population française. En Espagne, près d’un tiers de la population est dénombré dans les trois régions autonomes de Navarre, d’Aragon et de Catalogne, et plus spécifiquement, on peut estimer 20% des couples de percnoptères espagnols sont localisés dans les Pyrénées et pré-Pyrénées.
    Un focus sur l’état des populations dans les diverses provinces et départements des deux versants du massif pyrénéen permet d’établir les tendances évolutives locales, comparer et proposer quelques analogies, tant sur les effectifs que les paramètres de reproduction. Nous évoquerons les connaissances et questionnements quant aux échanges entre les différents noyaux de population issus des contrôles de baguage et suivis télémétriques.
    Tendances évolutives sur les deux versants du massif pyrénéen (Erick kobierzycki Nature Occitanie)
Vautour fauve
  • 18h
    Cas d'étude de l'analyse écosystémique des vautours fauves à Chypre
    (José Tavares VCF)
    La population de vautours fauve à Chypre, abondant dans la première moitié du XXe siècle, a subi un déclin rapide et soutenu. La population actuelle est estimée à 20 individus, dont 3 couples reproducteurs, et on estime une extinction probable d'ici 15 ans sans intervention urgente.
    Un projet LIFE (LIFE With Vultures) est en place, avec des actions contre l’empoisonnement, pour réduire les collisions avec les lignes électriques et pour augmenter les ressources alimentaires, mais aussi avec la translocation de vautours fauves d'Espagne pour renforcer la population à Chypre (n=24), et une campagne de sensibilisation ciblée, à la fois dans les communautés locales liées aus vautours fauve et dans toute l'île.
    Dans le cadre de ce projet on a calculé les services écosystémiques fournis par les vautours fauves à Chypre. Services écosystémiques sont les contributions que les écosystèmes/la biodiversité apportent au bien-être humain. Il y a une classification internationale commune des services écosystémiques (CICES) de l'Agence européenne pour l'environnement, avec 3 principaux types de services écosystémiques : 1) Services d'approvisionnement = produits obtenus directement ; 2) Services de régulation et de maintien = avantages obtenus de la régulation et du maintien des processus écosystémiques ; 3) Services culturels = avantages non matériels
    Dans le cas des vautours, ils sont responsables pour des services de régulation associés à l´équarrissage et éventuellement pour le tourisme de nature. Les vautours fournissent un service d’équarrissage efficace, rentable et respectueux de l'environnement. Un étude en Espagne a démontré que les vautours sont responsables pour une réduction considérable des émissions annuelles de gaz à effet de serre (de 77344 tonnes d'équivalent CO2) et des coûts économiques (50 millions de dollars en paiements d'assurance) découlant de la collecte et du transport des carcasses vers les usines de transformation par véhicules (Morales-Reyes et al.2015) .
    Sur la question du tourisme, le birdwatching est une vraie industrie internationale, et des principaux secteurs en croissance. Les revenus de l'observation des oiseaux peuvent souvent dépasser les autres industries locales qui dépendent des ressources naturelles.
    Les résultats de notre étude confirment le rôle des vautours en tant que fournisseurs de Services écosystémiques à Chypre :
    • Si les carcasses des DV des vautours seraient livrées au site d'alimentation des vautours le plus proche au lieu d'être ramassées et transportées vers l'usine = réduction de 43 à 61% de la distance parcourue et des émissions de CO2 associées.
    • Le Tourisme liés aux vautours représente potentiellement quelque chose comme 648,818€ de revenus générés chaque année.
  • 18h30
    Signalements d’interactions VF-bétail sur le Massif Central et les Pyrénées
    (Matthis Petit OFB)
    La veille territoriale concernant les plaintes liées aux interactions entre le vautour et le bétail a été poursuivie en 2020. Ces signalements recueillis par l’OFB et les Parcs Nationaux ont été recensés et cartographiés sur le massif central et le massif des Pyrénées. On observe que des secteurs éloignés de zones de présence historique du vautour et peu habitués à l’espèce ont fait l’objet de plaintes en 2020. En grande majorité, ces signalements ne permettent pas de déterminer la cause de la mortalité ni d’identifier une intervention ante-mortem des vautours sur le bétail. De rares cas d’interactions ante-mortem ont été confirmés sur des bovins en situation de vulnérabilité accrue. Des outils de communication à destination des éleveurs ont été réalisés ou sont en cours de production pour sensibiliser sur le sujet.

Jeudi 4 février 2021 17h

Vautour moine
  • 17h
    2010-2020 : Dix années de reproduction du Vautour moine dans les Pyrénées espagnole, rétrospective et données remarquables 
    (Emilie Delepoule GREFA)
    Dès 2010, à peine trois ans après le lancement du projet de Réintroduction du Vautour moine dans les Pyrénées, une première reproduction a lieu avec succès dans la Sierra de Boumort. Depuis lors, ce sont près de 60 éclosions qui se produisent sur le site avec presque 40 jeunes à l´envol. En 2020, avec 15 couples reproducteurs, le grand nombre de données récoltées au cours de ces années de suivi intensif nous permettent de faire une rétrospective de cette décennie ainsi qu’un état des lieux des succès et difficultés que connaît la jeune colonie catalane dans son implantation. Nous mènerons une réflexion à partir des différents paramètres qui influent sur sa dynamique tels que, entre autres, la formation des couples, la répartition des territoires et leurs caractéristiques, les dates de ponte et d´éclosion ainsi que les incidences qui peuvent mettre à mal le cycle reproducteur.
  • 17h30
    Une analyse des méthodes utilisées pour la réintroduction du Vautour moine (Aegypius monachus) en Europe et de leur efficacité
    (Alex LLopis VCF-Marleen Huyghe Zoo d'Anvers)
    La réintroduction d'une espèce menacée est une mesure de rétablissement essentielle pour contrecarrer la perte de biodiversité dans le but de rétablir une population viable à long terme. L'un des facteurs les plus influents dans les réintroductions est la méthode de libération et sa mise en œuvre. Depuis les années 1980, plusieurs projets de réintroduction du Vautour moine ont été ou sont en cours, utilisant principalement deux méthodes de lâcher avec des résultats différents (méthodes du Hacking et d'acclimatation des volières). Dans ce travail, nous essayons de compiler toutes les informations obtenues à partir de plusieurs études/analyses réalisées par différents auteurs sur les résultats obtenus dans le cadre de différents projets de réintroduction. En outre, nous avons également inclus des résultats de lâchers supplémentaires jusqu'à aujourd'hui non encore analysés, afin de comparer les facteurs qui pourraient influencer le succès des lâchers. Grâce aux études réalisées, il a été possible de déterminer que la présence d'individus sur le site de lâcher a un effet positif sur le taux de sédimentation (effet d'attraction con-spécifique), étant donné qu'il est important de lâcher un nombre élevé d'oiseaux pendant les premières années pour essayer d'établir rapidement une colonie locale. D'autre part, la présence de colonies de reproduction à proximité du site de lâcher peut avoir un effet négatif sur le taux de fixation des oiseaux relâchés. Mais les auteurs sont également parvenus à des résultats totalement contradictoires dans leurs zones d'étude, ce qui peut s'expliquer par la taille des échantillons, la situation géographique du site de lâcher et l'origine des spécimens réintroduits, ou par la manière dont les méthodes de lâcher ont été appliquées, montrant que le stress a une influence négative sur le succès du lâcher, ce qui est très important pour offrir aux oiseaux les meilleures conditions si l'on veut assurer une réintroduction réussie.
  • 18h
    Le PNA Vautours moine 2021-2030 (Renaud Nadal LPO)
    Le Vautour moine, en France comme dans de nombreux pays européens, n’a pas survécu à l’avènement de l’époque contemporaine. Sa réintroduction a été menée à partir des années 90 dans le sud du Massif central puis dans les pré-Alpes à partir de 2004. En 2020, 48 couples se sont reproduits en France et 23 jeunes ont pris leur envol. Cette population connait une croissance régulière mais lente depuis la première reproduction d’un couple il y a 25 ans, en 1996.
    23 jeunes à l’envol après 25 ans d’effort et de suivi minutieux… avec des effectifs aussi réduits, la situation du Vautour moine en France reste précaire, d’autant plus que la survie des individus est affectée par diverses causes de mortalité d’origine anthropique : électrocutions, poisons, éoliennes, etc. Une étude scientifique vient de révéler qu’une surmortalité de 10 adultes par an suffirait à causer une nouvelle extinction de l’espèce dans les 25 prochaines années et il en faudrait bien moins pour freiner, voire arrêter, sa croissance.
Gypaète barbu
  •  18h30
    Bilan Gypconnect (Pascal Orabi LPO)
    Le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus barbatus)est considéré comme vulnérable sur les listes rouges européenne et mondiale de l'UICN et après avoir été en voie d'extinction en France, il y est désormais considéré comme vulnérable.
    Pour combler le hiatus existant entre ses populations des Alpes et des Pyrénées, un projet européen a été mis en œuvre dès 2015 : le LIFE GYPCONNECT. Ce projet vise à établir de nouveaux noyaux de population de Gypaètes barbus et à restaurer les échanges entre ces différents noyaux de population pour former une véritable métapopulation européenne.
    A cet égard, le programme LIFE GYPCONNECT a permis la réintroduction d’oiseaux dans le Massif-Central et le département de la Drôme afin de combler le hiatus persistant entre les Alpes et les Pyrénées. Après 5 années de réalisation du LIFE GYPCONNECT, nous proposons de vous présenter les principaux résultats obtenus.

Vendredi 5 février 17h

  • 17h
    Différentes formes de partenariats entre les milieux in-situ/ex-situ appliquées à la préservation des vautours
    (Fanny Blais Puy-du-Fou)
    Investie depuis de nombreuses années dans la conservation des espèces menacées, une large communauté de professionnels issus de différents milieux témoigne aujourd’hui d’une grande diversité d’actions entreprises en faveur de la préservation des vautours.
    Consciente que la conservation d’une espèce s’effectue dans une diversité d’approches, cette communauté s’investie à différents niveaux, tous champs de compétences confondus, et s’emploient au fil du temps à relier entre elles les nombreuses actions de préservation entreprises par les milieux in-situ/ex-situ tant sur le plan local qu’international.

    A son niveau, c’est avec le même dynamisme et beaucoup d’engagement, que l’Académie de Fauconnerie s’investie depuis de nombreuses années dans différents projets en faveur de la préservation des vautours.
    Elle s’organise autour de trois missions principales qui permettent la mise en lumière de différentes formes de partenariats vécues entre le milieu in-situ et ex-situ.
    -la sensibilisation de tous les publics, en faveur de la préservation des espèces animales, au travers de ses différentes activités pédagogiques
    -la conservation des espèces menacées, par le biais de la reproduction de ses oiseaux, ainsi qu’au travers d’un soutien régulier attribué à différents programmes de conservation
    -la recherche, permettant une meilleure compréhension du règne animal et assurant, de ce fait, le développement d’une préservation adaptée

    Par le biais de retours d’expériences, ces différentes formes de partenariats vécues et appliquées à la préservation des vautours entre les milieux in-situ/ex-situ seront présentées.

  • 17h30
    Revue de presse scientifique vautours
    (Olivier Duriez CEFE-CNRS)
    L'auteur présentera une sélection d'articles scientifiques publiés ces 2-3 dernières années qui présentent une importance particulière pour l'étude et la conservation des vautours en France et dans le monde.  
  • 18h
    Point sur la populations des 4 espèces de vautours en Europe
    (José Tavares VCF)
    Contrairement à la situation des vautours ailleurs dans le monde, les vautours en Europe continuent à récupérer - les populations de gypaètes barbus, vautours moines et fauves ont enregistré des augmentations dans de nombreux pays et géographies européennes. Seul le percnoptère reste dans une situation plus fragile, même si certaines populations - notamment la principale d'Espagne, semblent être stabilisées.
    L´empoisonnement et l´électrocution-collision avec l'infrastructure énergétique restent les principales menaces qui pèsent sur les vautours sur le continent européen. Des progrès satisfaisants ont été réalisés dans les efforts visant à interdire les munitions au plomb, et donc le saturnisme en Europe.
    Une bonne recherche sur les vautours est également l'un des principaux facteurs que soutiennent le succès de la conservation des vautours en Europe. Nous présentons ici les résultats les plus révolutionnaires et innovants de différents projets de recherche actuellement en cours en Europe.

    18h30
    Le suivi dans le Refuge de Montejo (Espagne) (1975-2020)
    (Fidel José Fernández y Fernández-Arroyo)
    Le Refuge de Rapaces de Montejo a été une des premières réserves naturelles d´Espagne à être créée pour la protection des vautours. Proposé par Félix Rodríguez de la Fuente, sa conservation a été beaucoup plus difficile encore que sa création. Depuis 1974/75, pendant 46 ans j’ai fait des observations pendant plus de 51.328 heures. C’est sans doute le plus long suivi réalisé en Espagne.
    J´ai dénombré, dans ces gorges, 981 nids différents de Vautours fauves, dans lesquels j´ai vu 7.024 jeunes à l’envol (le record est de 313 en 2017). Un nid a été occupé pendant 38 ans, et un autre pendant 20 ans. En 2020, on a pu recenser 275 envols et 27 nouveau nids.
    La population de Vautours percnoptères est une des plus denses d´Europe: 89 nids avec 413 jeunes à l’envol. Le taux d´envol y est de 1,37. En une année nous avons eu jusqu’à 19 couples. En 2020, il y a eu 12 couples dont 9 ont permis l’envol de 12 jeunes.
    Le Vautour moine, bien que très visible sur le site, a niché mais sans succès trois fois (en 2000, 2001 et 2006
    On a pu observer une dizaine de fois le Vautour de Rüppell ainsi que le Gypaète barbu.

Les documents

Les bilans

Les présentations

Les Actes

Autres documents

Les replay des conférences

 

 



 

 

Les rencontres précédentes