Présentation

 

Présentation de l’espèce

Classification

  • Nom français : Gypaète barbu (anciennement appelé : casseur d’os)
  • Nom latin : Gypaetus barbatus
  • Embranchement : Vertébrés
  • Classe : Oiseaux
  • Ordre : Falconiformes
  • Famille : Accipitridae
  • Genre : Gypaetus
  • Espèce : barbatus

On distingue deux sous-espèces de gypaète : meridionalis qui vit en Afrique orientale (essentiellement en Ethiopie) et méridionale (Drakensberg) et barbatus, présent en Afrique du Nord, en Europe et en Asie.
Gypaetus barbatus barbatus se différentie de meridionalis par une taille et un poids plus importants, des tarses emplumés jusqu'aux doigts et des plumes noires couvrant le canal auditif à l’arrière du bec.
La limite de répartition géographique entre meridionalis et barbatus se situe entre la péninsule arabique et la corne de l'Afrique mais n’est pas définie précisément. Les gypaètes du Yémen ont la même tête que barbatus alors que leurs tarses sont peu emplumés comme chez le meridionalis.
Le gypaète est l'une des quatre espèces de vautours présentes en France. Deux autres espèces appartenant à des genres différents ont une taille équivalente : le Vautour fauve Gyps fulvus et le Vautour moine Aegypius monachus. Le Vautour percnoptère Neophron percnopterus est une espèce migratrice de plus petite taille.

Photo Bruno Berthémy ©

Description

La taille est comprise entre 1,10 m et 1,50 m, pour un poids de 5 à 7 kg. L’envergure varie de 2,60 à 2,90 m chez les plus grands individus. Le gypaète est l'un des plus grands rapaces européens.
En vol, ses ailes étroites et pointues et sa longue queue cunéiforme lui donnent une silhouette svelte et élancée faisant penser à un immense faucon.
Les juvéniles et les immatures sont brun foncé avec un léger contraste entre le corps et les ailes qui s'accentue avec l'âge. Le plumage évolue progressivement et c’est entre 5 et 6 ans que le gypaète obtiendra son plumage d’adulte. Le plumage de l’oiseau évolue au cours des mues régulières, permettant aux observateurs avertis de distinguer les différentes classes d’âge.
Chez l'adulte, le contraste de son plumage de couleur gris ardoisé aux ailes et blanc à orangé pour la tête et le ventre ne permet pas de le confondre avec les autres vautours. L’iris, de couleur paille, est entouré d’un cercle orbital rouge. Quant aux vibrisses plumes noires qui forment la barbe), elles sont visibles même chez les immatures. Le conduit auditif est recouvert de plumes noires et certains individus portent un collier plus ou moins marqué. Les plumes des pattes recouvrent les tarses jusqu'aux doigts. Il n'existe pas de dimorphisme sexuel net chez cette espèce.

Un oiseau coloré

Le plumage du ventre et de la tête de l’adulte est blanc à l’origine et la coloration orangée est acquise par des bains dans des sources d’eau ou de boues ferrugineuses qui vont charger peu à peu le plumage en oxyde de fer et donner cette coloration caractéristique. En Corse les adultes ne sont pas – ou sont peu - colorés, probablement parce que ces sources sont rares dans les massifs non calcaires.
Bien qu’il existe des exceptions, l’intensité de cette coloration signalerait le statut erratique ou territorial des oiseaux - les oiseaux reproducteurs étant généralement les plus colorés - et permettrait aux individus de faire l’économie de conflits intra spécifiques.

 

Biologie et écologie

Habitat

Le gypaète ne vit pas seulement dans des massifs montagneux reculés, bien que ces massifs soient devenus les derniers bastions où il s’est maintenu. Les seules constantes de son habitat sont un relief abrupt présentant des milieux ouverts avec des ongulés sauvages ou domestiques de taille moyenne, des zones rupestres pouvant abriter un vaste nid et des pierriers sur lesquels il pourra casser des os. L’altitude importe peu. L'espèce nichait dans la dépression de la Mer Morte (en dessous du niveau de la mer) et niche sur les contreforts de l’Everest.
En Europe, on peut observer l'espèce en haute montagne où les troupeaux d’ongulés sauvages (isards, chamois, bouquetins, mouflons…) sont théoriquement présents toute l’année. En hiver, les ongulés sauvages morts dans les avalanches constituent l’essentiel de la nourriture que trouveront les gypaètes de haute montagne, qui leur permettra d’élever leurs jeunes. On peut aussi observer l'espèce en moyenne montagne. Les densités d’ongulés sauvages non forestiers dans ce type de biotope sont généralement faibles et la présence du gypaète est liée au maintien du pastoralisme. Cependant, le cheptel quitte généralement la moyenne montagne en hiver et les ressources alimentaires hivernales deviennent plus limitées qu’en haute montagne, facteur entraînant une plus faible productivité si des nourrissages artificiels ne sont pas alimentés afin de compenser cette dépression trophique saisonnière. Le gypaète affectionne particulièrement les grands massifs calcaires qui offrent de grandes cavités et de nombreuses grottes ou il peut construire son nid. Toutefois, il peut nicher sur des montagnes cristallines, comme en Corse, ou sur d’autres types de substrats. Les aires des Pyrénées françaises sont installées dans des falaises entre 640 et 2540 m d’altitude et celles des Alpes sont situées entre 1300 et 2600 m environ. Il existe des aires plus basses (Crète à 300 m d’altitude) et d’autres plus hautes (Himalaya). Chaque couple possède plusieurs aires qu’il utilise de façon rotative, situées dans un rayon généralement inférieur à 2000 m les unes des autres.

Reproduction

Le gypaète fait partie des espèces dont les individus peuvent vivre plus de 30 ans mais qui se reproduisent peu et tardivement. La stratégie du gypaète repose donc sur la longévité et l'expérience des adultes.

Formation du couple et âge de première reproduction

Les couples sont sédentaires et se fixent sur un territoire toute l'année. Dans une population en bonne santé, les couples sont tous constitués d’adultes. Les oiseaux arrivant à maturité doivent donc trouver de nouveaux territoires ou remplacer les adultes manquants au sein des couples. La situation est différente dans les Alpes où l’absence de couples a probablement permis aux oiseaux issus des lâchers de se sédentariser plus facilement et à un âge parfois plus précoce (absence de concurrence venant d’adultes déjà installés).
En général, les oiseaux ne se reproduisent pas avant l’âge de 7 ans. En revanche, la formation du couple peut débuter bien avant. Les couples sont généralement longs à se former et plusieurs années peuvent se passer avant qu’un jeune soit élevé avec succès. Des trios sont présents dans les quatre populations européennes actuelles et dans la plupart des cas ils sont formés par deux mâles et une femelle. Leur productivité est très variable : elle peut être optimale ou nulle pendant des années, en fonction des conflits et compétitions générés ou non par ce type de formation.

Phénologie de la reproduction

Le cycle de reproduction du gypaète dure pratiquement un an. Les parades nuptiales débutent en octobre avec la sélection du site de reproduction et la construction ou le chargement de l’aire installée dans une paroi rocheuse et garnie abondamment de laine déposée sur un vaste matelas de branchages.
Les accouplements débutent deux mois avant la ponte, c'est-à-dire habituellement en novembre et la ponte d'un ou deux œufs, déposés à quelques jours d'intervalles, intervient entre le 20 décembre et la fin du mois de février dans les massifs français (dates plus précoces en Crète et en Catalogne espagnole).
L'incubation dure environ 54 jours. Si deux poussins naissent, la compétition entre les deux conduit le plus jeune à être éliminé par le plus âgé (phénomène de caïnisme). Le jeune s'envole à 120 jours en moyenne, entre le 10 juin et fin août, généralement entre fin juin et fin juillet.

Productivité

Sur les territoires les plus productifs de Crète, les couples élèvent un jeune tous les ans. Dans les Pyrénées espagnoles et françaises, la productivité peut dépasser 70 % sur les meilleurs territoires. En captivité, la productivité est généralement assez faible (30 %).

Régime alimentaire

Les gypaètes sédentaires occupent de vastes territoires qu'ils prospectent à basse altitude à la recherche de nourriture. Contrairement à certaines légendes ou aux gravures anciennes, le gypaète montre un comportement exclusivement nécrophage, à l’exception des tortues terrestres capturées dans les Balkans il y a encore quelques décennies. Comme les autres vautours, il exploite des cadavres d’animaux morts de manière naturelle ou accidentelle, en particulier ceux des ongulés sauvages et domestiques. Dans les secteurs ou d’autres espèces de nécrophages sont présentes, il est le dernier maillon de la chaîne alimentaire, se contentant des os, des pattes, des ligaments et de quelques restes carnés restés accrochés aux carcasses et délaissés par les autres. Quand le réseau trophique est complet, le régime alimentaire du gypaète est composé à 80 % d'os. Il est remarquablement adapté à la consommation de ces derniers, à la fois par son comportement et par son système digestif. Le poussin lorsqu’il est âgé de moins de deux mois consomme de la viande. Le gypaète est capable de jeûner durant plusieurs jours.

Le casseur d'os

Lorsque les os sont encore reliés les uns aux autres ou trop gros pour être avalés, le gypaète s’envole avec et laisse tomber l’ensemble de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres de hauteur sur un éboulis rocheux. Ainsi brisés, les os peuvent alors être ingérés. Cette technique nécessite un apprentissage, les jeunes mettant souvent plusieurs semaines à trouver un lieu adapté au-dessus duquel ils lâchent les os. Ce comportement est inné, les jeunes apprennent à casser les os dans les premières semaines suivant leur envol. Par ailleurs, le gypaète a la capacité d’ingérer des os très longs (jusqu’à 40 cm de long) voire plusieurs extrémités de pattes d’ongulés entières (brebis, isard, etc.). Il évacue les poils et les onglons qu’il ne peut digérer sous la forme de pelotes de réjections.

Disponibilités alimentaires

Les disponibilités alimentaires pour le gypaète ont été étudiées en Haute-Savoie et en Savoie, ainsi qu’en Corse et dans les Pyrénées.
Dans les Alpes, ces travaux montrent d'une part, l'émergence de deux espèces ressources quantitativement fondamentales dans ce secteur d'étude : le mouton en période estivale et le bouquetin en période hivernale (période de reproduction), et d'autre part l'importance de l'offre en terme de diversité et, en particulier, de façon qualitative en période de nourrissage du jeune gypaète au nid (importance probable de la marmotte comme facteur de succès de la reproduction). L'évolution globale des effectifs de cheptel ovin (300 000 ovins en estive) montre une légère régression depuis une quinzaine d'année tandis que les effectifs d'ongulés sauvages sont en constante augmentation (plus de 45 000 chamois, 5 500 bouquetins). Les études menées dans les Alpes du Nord ont montré que les ressources alimentaires répondaient largement aux besoins de l'espèce actuellement (capacité d'accueil théorique, basé sur les disponibilités alimentaires, évalué à plus de 100 couples reproducteurs en Savoie et Haute-Savoie).
Dans les Pyrénées, l’isard (25 000 isards recensés en 2002) et le cheptel ovin (1 000 000 d’ovins en 2002) constituent l’essentiel des ressources trophiques, une ressource abondante bien que non homogène, enrichie localement par la présence de marmottes et de cerfs en altitude. L’extinction du Bouquetin des Pyrénées au cours du 20e s a probablement affecté l’espèce sur le versant français.
En Corse, la faiblesse des effectifs de Mouflon (1000 mouflons) et l’hétérogénéité de sa répartition (2 noyaux isolés) aggravée par la régression du pastoralisme traditionnel au cours du 20e siècle peuvent expliquer en grande partie le faible taux de reproduction des gypaètes corses. En effet, la raréfaction de ces ongulés en montagne entraîne une fermeture du milieu qui défavorise la recherche d’une nourriture de plus en plus rare.

Distribution et effectifs

La sous-espèce présente en France, Gypaetus barbatus barbatus, occupe les régions montagneuses du Centre et du Sud de l’Europe, de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, et de l’Asie mineure à la Chine.
En Asie, il occupe les principaux massifs montagneux de la Turquie à la Mongolie où ses effectifs et leur tendance sont inconnus. Il est difficile d’évaluer les effectifs et l’évolution des populations asiatiques, la présence d’adultes pouvant masquer pendant plusieurs décennies la tendance négative d’une population (TERRASSE, 2001). En Turquie et dans le Caucase, ses effectifs sont estimés à moins de 150 couples. La population orientale de l'Europe n'a pas d'échanges avec les autres populations européennes occidentales du fait de la disparition de l'espèce de tous les Balkans (même s'il subsiste quelques individus erratiques en Albanie et en Macédoine), de la Grèce, de Sicile et de Sardaigne.
En Europe de l'Ouest, son aire de distribution s’est morcelée et il est présent actuellement dans les Pyrénées (147 couples en 2011), en Corse (5 couples en 2015), dans les Alpes (33 couples en 2015), en Crète (5 couples en 2010) et en Andalousie (1 couple en 2015).
En 2015 en France, il y a 40 couples territoriaux dans les Pyrénées, 5 couples en Corse, et 9 dans les Alpes. Soit une population totale de 54 couples. Deux programmes de réintroduction dans le Vercors et dans les Grands Causses été mis en place en 2010 et 2012 pour relier les populations alpines et Pyrénéennes.

Menaces et statuts

Menaces

Les facteurs de destruction directe

Principalement deux facteurs de destructions directes affectent le gypaète barbu, celui qui touche tous les rapaces nécrophages, c'est-à-dire le poison et celui concernant cette fois l’ensemble des grands rapaces, les lignes électriques. Le tir qui fut la principale cause de disparition de l’espèce, ne semble plus être une menace mais une vigilance doit être conservée notamment dans les Alpes ou des cas sont répertoriés. Mais ces menaces s’expriment différemment selon les massifs.
Les collisions contre les lignes électriques et les câbles de remontés mécaniques affectent indifféremment les gypaètes barbus adultes et les jeunes. La multiplicité des câbles présents dans les Alpes françaises constitue un facteur défavorable et potentiellement limitant pour le maintien d'une population de gypaètes barbus viable dans les Alpes (RAZIN, 2000). Des cas de mortalité par électrocution ont été recensés dans les Pyrénées espagnoles. Ce facteur est donc à prendre aussi en considération dans les Alpes.
Le poison et les intoxications semblent être des facteurs propres aux Pyrénées, mais ceci s’explique en partie par le fait que cette menace n’est pas surveillée de près dans les autres massifs. Avec le retour du Loup, ce risque doit être considéré comme potentiel dans les Alpes. Ceci, d’autant plus que des cas d’empoisonnement d’autres espèces ont été signalés
En Corse nous ne disposons que de peu d’informations sur les causes de mortalité. Les deux derniers cas avérés de tirs datent de fin 1991. Aucun cas d’empoisonnement et de collision n’est connu. Au moins six modifications de partenaires au sein des couples ont été notées durant les 10 dernières années, laissant suspecter autant de cas de mortalité en plus des cas présentés dans le tableau 3 (page 25). Pour ces six cas la cause de disparition est inconnue, les individus n’ayant pas été retrouvés.

Les facteurs de perturbation et de dégradation et perte des habitats
  • Les perturbations

Les gypaètes barbus peuvent se montrer très sensibles aux dérangements visuels et sonores, même à des distances importantes des nids. Le succès reproducteur des gypaètes barbus pyrénéens est corrélé à la fréquence des activités humaines pratiquées à proximité de leur territoire toute l’année (ARROYO et RAZIN, 2006).
Les survols aériens sont considérés comme une menace très importante. La chasse est potentiellement très perturbante puisqu’elle se déroule pendant l’installation du couple et la ponte. Sont autant de menaces s’ils sont proches du site de nidification, les travaux mécaniques bruyants, les skieurs hors piste, les escaladeurs, le vol libre et le parapente ainsi que l’écobuage surtout présent dans les Pyrénées.

  • Les dégradations et pertes d’habitats

Les aménagements et l’extension des activités humaines ont profondément modifié le milieu naturel et bouleversé l’équilibre des écosystèmes montagnards. Ceci a un impact sur l’ensemble du monde du vivant, des producteurs primaires jusqu’au Gypaète barbu, situé au sommet de la chaîne alimentaire et dont la présence implique celle de vastes étendues de reliefs, de pâturages et de nature préservée.
Dans les Alpes françaises, beaucoup de vallées ont basé leur économie sur le tourisme hivernal, impliquant l’extension des domaines skiables. On assiste également à l’extension de certaines infrastructures qui peuvent s’avérer potentiellement meurtrières pour les rapaces dont le Gypaète barbu (câbles de téléski, lignes électriques, câbles de système de déclenchement d’avalanche…).
Dans les Pyrénées, ce sont les Pyrénées-Atlantiques qui ont le plus souffert de changements, notamment dans la montagne basque ou de nouvelles pistes et des microcentrales électriques viennent stériliser les sites de reproduction historiques à un rythme régulier depuis 25 ans.
 

  • Insuffisance des ressources alimentaires

Les couples alpins et la majorité des couples pyrénéens bénéficient de populations d’ongulés sauvages. C’est en Corse et au Pays-Basque que le Gypaète barbu souffre le plus d’insuffisance des ressources alimentaires. En effet ces deux régions abritent peu d’ongulés sauvages (600 mouflons en Corse, moins de 100 cerfs et isards au Pays-Basque) et sont dépendantes de l’élevage et de la présence d’ovins ou de caprins (ou de leurs cadavres) à proximité des sites de reproduction en hiver.

L'isolement des populations

Une des principales menaces qui pèse sur l’espèce actuellement en Europe tient à la fragmentation et à l’isolement de ses populations. Autrefois, des échanges existaient entre ces populations : la population pyrénéenne était liée au sud à celles de la péninsule ibérique et d’Afrique du Nord. La population alpine s’étendait à l’est, jusqu’en Asie mineure par delà les Balkans et les Monts Rhodopes, et probablement au sud dans les Apennins, proches de la Corse et de la Sardaigne. Enfin les populations pyrénéenne et alpine étaient vraisemblablement reliées aussi par un corridor (Corbières, Cévennes et pré-Alpes).
La population insulaire de Corse est la plus menacée d’isolement actuellement. Les populations corse et pyrénéenne, de par leur isolement, semblent avoir développé des spécificités génétiques. Toutefois, les experts réunis en Septembre 2009 en Andalousie lors du colloque international Gypaète barbu, ont mis en évidence l’importance de favoriser les échanges entre les différentes populations même si cela pourra entraîner une modification à terme de cette spécificité génétique.

Statut de conservation

 Au niveau mondial, le Gypaète barbu est classé "least concern" (= préoccupation mineure") (Birdlife International 2008)
A l'échelle européenne, d'après les critères définis par BirdLife International (TUCKER et HEATH, 1994), le Gypaète barbu est classé en catégorie SPEC 3 (Species Populations in European Category 3) qui regroupe les espèces dont les populations ne sont pas concentrées en Europe, mais dont le statut de conservation est défavorable pour les populations européennes.
L'espèce a été classée "Vulnérable" en Europe (BirdLife International, 2004).
En France, l'espèce est inscrite sur la Liste Rouge révisée de la faune dans la catégorie "En danger" (UICN France, 2008). Elle est classée dans la catégorie CMAP 1 qui regroupe les espèces présentes en France et menacées à l'échelle mondiale dont la Conservation Mérite une Attention Particulière de niveau 1.

Evaluation de l’état de conservation selon les critères UICN

Malgré les efforts entrepris depuis plus de 10 ans en Europe de l'Ouest, l’espèce est toujours considérée selon les critères UICN comme "Menacée d'extinction".
L’évaluation pas massif est intéressante de part le contraste des situations. Dans les Pyrénées françaises la population est toujours considérée comme "Vulnérable", dans les Alpes françaises elle est toujours considérée comme "Gravement menacée d'extinction" et en Corse la population est considéré comme "Gravement menacée d'extinction".

L’état de conservation selon les critères de la directive "habitats, faune, flore" est classé "défavorable mauvais" c'est-à-dire la plus mauvaise des catégories.