Cardabelle m'invite à partir !

Week-end de permanence sur le Causse Méjean et comme bien souvent l’après-midi est consacré à l’équarrissage.

En partant pour ma tournée, j’aperçois un vautour sombre en vol, les ailes tombantes, seul au dessus du charnier.

Je pense au vautour moine et me dit que j’aurais peut être la chance de le voir et faire quelques photos en apportant les carcasses à mon retour.

Lorsque j’arrive aux portes du charnier quelle surprise de trouver un gypaète.
L’oiseau qui n’est autre que Cardabelle, posée sur les restes d’une carcasse, ne décolle pas et me regarde d’un air intrigué.
Soudain elle profite d’un coup de vent glacial pour s’élever tranquillement et commence à dessiner de grands cercles autour de l’enclos.

Elle se rapproche de plus en plus, la curiosité et la proximité du gypaète sont impressionnantes.
A certains passages elle n’est qu’à quelques mètres.
Elle se risquera même à un exercice magnifique de vol stationnaire juste au dessus de moi, allant même jusqu’à oser une petite descente d’intimidation.

A ce moment je n’ai plus que sa tête et une petite partie des ailes dans l’objectif !

Je comprends bien qu’il ne s’agit en aucun cas d’agressivité mais simplement de sa façon de me demander de bien vouloir quitter les lieux afin de continuer son repas tranquillement.
Je remonte donc dans le 4x4, « vaincu par le géant ».

Cardabelle, après quelques tours, retournera se poser à proximité du charnier un moment et repartira ensuite en direction des Gorges de la Jonte.
Quel beau moment !

Régis Descamps
ATE
Parc National des Cévennes