Présentation du milan royal

Photo : Bruno Berthémy ©

Photo : Bruno Berthémy ©
 

Présentation

Classification

  • Nom français : Milan royal
  • Nom latin : Milvus milvus
  • Embranchement : Vertébrés
  • Classe : Oiseaux
  • Ordre : Accipitriformes
  • Famille : Accipitridés 
  • Genre : Milvus
  • Espèce : milvus

A l’étranger :

  • Danois : Rød glente
  • Néerlandais : Rode Wouw
  • Anglais : Red Kite
  • Finlandais : Isohaarahaukka
  • Allemand : Rotmilan
  • Hongrois : Vörös kányaItalien : Nibbio reale
  • Norvégien : Glente
  • Polonais : Kania ruda
  • Espagnol : Milano real
  • Suédois : Röd glada

Petite histoire

Jusqu’aux XVIe et XVIIe siècles, le milan royal faisait la voirie dans des villes comme Paris ou Londres. Louis XIII chassait en vol le milan royal à l’aide de faucons gerfauts dans la plaine Saint-Denis et relâchait ses prises par la fenêtre depuis le Louvre après avoir coupé les deux rectrices centrales (premier exemple de marquage !). D’où son nom de milan royal, parce que son vol était réservé à l’équipage royal. Ce devait être un oiseau extrêmement abondant avant l’invention du fusil !

Description

« Merveilleux voilier d’exploration, le Milan royal cherche tout autre chose que la vitesse. Il flâne, plane et louvoie au dessus des terrains découverts, le gouvernail de la queue sans cesse en action ; les gauchissements souples des ailes, au besoin quelques battements légers et nonchalants, guident ses évolutions. »

Paul Géroudet 

Photo : Christian Aussaguel ©

Milan royal – photo : Romain Riols ©
  • Envergure : 145 à 165 cm.
  • Longueur : 59 à 66 cm.
  • Poids : 800 g à 1 050 g pour le mâle et 950 g à 1 300 g pour la femelle.
  • Dimorphisme sexuel : Il existe un léger dimorphisme de taille chez les adultes, les ailes du mâle mesurent 475 à 500 mm tandis que celles de la femelle sont plus grandes, de 475 à 530 mm.
  • Voix : Plutôt silencieux, il peut faire entendre des sortes de miaulements et des cris aigus « hi hi hi ».Cliquer ici pour entendre son cri d’appel.son extrait des CD "Tous les oiseaux d'Europe" avec l’aimable autorisation de Sittelle.
  • Durée de vie : Record de 26 ans pour une femelle.
  • Habitat : Le milan royal se rencontre dans les milieux ouverts, souvent agricoles.
  • Reproduction : 2 à 3 œufs en moyenne, pondus en mars-avril, vont être couvés pendant 35 à 40 jours. Les jeunes, élevés pendant deux mois, attendront environ l’âge de 3 ans avant de commencer à se reproduire à leur tour.
  • Mue : Elle commence en avril-mai par les rémiges primaires pour se terminer en septembre par les pennes de la queue juste avant le départ en migration. Les juvéniles commencent à muer avec les plumes du corps dès leur premier automne mais le remplacement des plumes de vol ne débute pas avant le printemps suivant.
  • Alimentation : C’est un rapace particulièrement opportuniste et très charognard.
  • Identification : Le milan royal est un rapace très facile à identifier, entre autres grâce à sa longue queue rousse triangulaire, profondément échancrée, typique de l’espèce. La tête est blanchâtre et le plumage brun rouge dessus et roux rayé de brun dessous. Les ailes sont tricolores dessus et on peut observer au-dessous deux fenêtres blanches, situées au niveau des poignets, également caractéristiques du milan royal.Les jeunes oiseaux sont faciles à reconnaître dans les premiers mois suivant leur envol : l’ensemble du plumage est nettement plus pâle, les couvertures sus-alaires sont terminées par une petite frange blanche et l’iris est sombre.

Distinction milan royal/milan noir

En vol, il est assez facile de distinguer les deux espèces qui diffèrent par la couleur du plumage (notez les tâches blanches au niveau des poignets chez le milan royal) et la forme de la queue (très échancrée chez le milan royal).

 Détermination de l'âge chez le Milan royal

Afin de distinguer un Milan royal juvénile d'un Milan royal adulte, voici quelques critères clés à connaître.

 

Biologie et écologie

Habitat

Le milan royal est typiquement une espèce des zones agricoles ouvertes associant l'élevage extensif et la polyculture. Les surfaces en herbage (pâtures, prairies) sont généralement majoritaires. Il n'habite pas les paysages très boisés dont les massifs forestiers trop proches les uns des autres ne correspondent pas du tout à son mode de chasse et d'alimentation. De même, la proximité des zones humides seules ne suffit pas à l'établissement de couples nicheurs. En France, les paysages vallonnés qui constituent le piémont des massifs montagneux lui conviennent parfaitement. Le milan royal niche des plaines jusqu’aux étages collinéen et montagnard (jusqu’à 1 400 mètres). Toutefois il franchit régulièrement cette limite pour chercher sa nourriture.

Milieu typique de nidification - Photo : Romain Riols ©

Reproduction

L’installation

Construction du nid

Dès son arrivée, entre quelques manifestations territoriales, le couple s’affaire à la construction du nid. Ceci tend à prouver que le couple arrive déjà formé sur le site de nidification. Les couples qui ne reprennent pas le nid de l’année précédente en construisent un nouveau en utilisant la base d’un vieux nid de corneille noire ou de buse variable. Le nid, constitué de branches et brindilles, est bien souvent garni de papiers, plastiques et chiffons. Peu de temps avant la ponte, de la laine de mouton est déposée dans le nid et forme une petite cuvette destinée à recevoir les œufs. C’est essentiellement le mâle qui va chercher les matériaux dans un rayon de 70 à 100 mètres autour du nid. Des matériaux peuvent encore être apportés au cours de l’incubation et de l’élevage des jeunes.

L’aire

Support et emplacement du nid

Le nid est habituellement construit dans la fourche principale ou secondaire d’un grand arbre. Localement, dans certaines îles méditerranéennes (Baléares, Cap Vert), les oiseaux nichent dans les rochers ou falaises. Ce fait n'a pas été noté en Corse. Le nid doit être facile d’accès, aussi la majorité des nids se situe à moins de 100 mètres de la lisière et bien souvent les nids sont situés à flanc de coteau. Le milan niche également dans les haies avec de gros arbres et, dans certains cas, sur des arbres isolés. Enfin, il convient d'ajouter que l'espèce peut s'habituer à une certaine fréquentation humaine à proximité du nid et il lui arrive de nicher près des habitations, chemins ou routes.

Nids de Milans royaux - photo : Romain Riols ©

La ponte

La femelle pond 2 à 3 œufs, rarement 1 ou 4. Les pontes de 3 œufs dominent légèrement. Les œufs ovales sont blancs, très rarement bleuâtres, parsemés de petites et grosses tâches rouges à marron sombre. La période de ponte s’étend de fin mars à avril.

L’incubation

Il faut compter 31 à 32 jours d’incubation par œuf, soit 38 jours pour une ponte de 3 œufs. La femelle incube dès la ponte du premier œuf et en assure la quasi-totalité, le mâle ne la relayant que sur de très courtes périodes. Celui-ci s'occupe de nourrir la femelle durant toute la phase d'incubation. C'est également son rôle principal durant les 15 premiers jours qui suivent l'éclosion, période pendant laquelle la femelle nourrit et veille sur les poussins. Par la suite, mâle et femelle protègent la nichée et chassent pour les jeunes.

L’élevage des jeunes

La plupart des couples de milans produisent 1 à 3 jeunes à l'envol, rarement 4. Les poussins restent au moins 40 jours au nid, parfois jusqu'à 60 jours, la durée varie en fonction de la taille de la nichée et de la disponibilité alimentaire. A cet âge, ils quittent le nid pour voleter de branches en branches car ils ne volent réellement qu'à l'âge de 48-50 jours. Par la suite, la famille reste unie et continue d’exploiter le territoire de reproduction jusqu’à ce que les jeunes deviennent indépendants, généralement au bout de 3 à 4 semaines.

Maturité sexuelle

Le milan royal se reproduit généralement pour la première fois à l’âge de trois ans (exceptionnellement à l’âge d’un an seulement).

Régime alimentaire

Le milan royal est une espèce très opportuniste. Son régime alimentaire est très varié et dépend des conditions locales. Si les micromammifères (campagnol des champs, campagnol terrestre et taupe) constituent la base de son alimentation, le milan royal se nourrit également d’oiseaux (passereaux et jeunes corvidés essentiellement). Les invertébrés (lombrics, insectes terrestres et aériens) représentent une part importante de son alimentation. Mais le milan royal est également charognard : les restes d’animaux domestiques, récupérés à l’état de déchets sur les décharges, aux abords des élevages et de fermes ainsi que l’avifaune et les mammifères victimes du trafic routier, représentent aussi probablement une part importante de son alimentation. Contrairement au milan noir, le milan royal n’est pas inféodé aux milieux d’étangs, mais il ne dédaigne pas de s’alimenter de poisson ou même de parasiter d’autres espèces de rapaces. A la différence du milan noir qui fouille à l’intérieur des décharges, le milan royal préfère parasiter les milans noirs ou les corvidés pour leur subtiliser leur butin.

 

Migration et hivernage

Migration

Le milan royal est un migrateur partiel. Les populations les plus nordiques et les plus continentales traversent l’Europe, du nord-est au sud-ouest, pour aller hiverner en Espagne, en France et plus rarement en Afrique du Nord. Les populations les plus méridionales sont majoritairement sédentaires. Pour ce planeur, les heures chaudes de fin de matinée et début d'après-midi sont prépondérantes pour la migration. Il migre plutôt en solitaire ou en petit groupe.

Migration d’automne : en route pour les quartiers d’hiver

La migration postnuptiale du milan royal commence dès le début du mois d'août et se prolonge jusqu'en novembre. Le pic du passage est enregistré au mois d'octobre.

Migration de printemps : les nicheurs s’installent

Les populations migratrices du milan royal quittent très tôt leurs quartiers d’hiver. La migration prénuptiale s’étend de janvier à mai, le plus gros du passage s’effectuant en février-mars. Les couples nicheurs les plus précoces sont généralement de retour sur leur site de nidification en février-mars. Certains couples passent tout ou partie de l’hiver sur leur site de nidification, ils peuvent alors y être notés à partir de fin décembre, comme c’est le cas en Corse.

Hivernage

En dehors de la saison de reproduction, il s’agit d’une espèce grégaire qui forme des dortoirs regroupant plusieurs dizaines voire centaines d’individus. Ces dortoirs sont le plus fréquemment dans de petits boisements, bosquets ou alignements d’arbres. Ils sont aussi très souvent situés à proximité de fermes ou de petits hameaux isolés. Cette proximité avec des sites habités leur assure probablement une sécurité appréciable. L’emplacement d’un dortoir peut varier d’une année à l’autre et même d’un jour à l’autre.

 

Distribution et effectifs

Distribution

Le milan royal est une espèce dont la distribution mondiale est européenne (espèce endémique). On le rencontre dans une étroite bande reliant l’Espagne à la Biélorussie, l’Ukraine constituant sa limite orientale de répartition. Plus à l’ouest, une petite population récemment établie occupe une partie de l’Angleterre. Au total, cinq pays (Allemagne, France, Espagne, Suisse et Suède) abritent près de 90 % de la population mondiale.

Carte mondiale de répartition du milan royal

Répartition en Europe

Distribution en France (2000-2002)

 En France, la répartition du milan royal est hétérogène et se décompose en cinq foyers principaux que sont l’ensemble du piémont pyrénéen, le Massif central, la chaîne jurassienne, les plaines et régions collinéennes du nord-est et la Corse.

Effectifs

Europe :

Cinq pays abritent près de 90 % de la population nicheuse mondiale du milan royal : l’Allemagne (10 500-13 000 couples), la France (2 340-3 020 couples), l’Espagne (2 000-2 200 couples), la Suède (1 800 couples) et la Suisse (1 200-1 500 couples). Si l'on ajoute le Royaume-Uni (1 600 couples), la Pologne (650-750 couples), et l'Italie (300-450 couples), on obtient la quasi-totalité de cette population mondiale, estimée entre 20 800 et 24 900 couples.

France :

En France, la population nicheuse est estimée entre 2 340 et 3 020 couples (Enquête LPO/CNRS, 2008) soit près de 12 % de la population mondiale ! Plus de 5 000 individus hivernent également sur notre territoire, principalement dans les Pyrénées et le Massif central. Notre pays est survolé par les importantes populations continentales et nordiques lors des migrations printanière et automnale.

Evolution des effectifs :

Apparemment abondant dans presque toute son aire de distribution au 16e et 17e siècle, le milan royal connaît une régression de ses effectifs dramatique à partir du milieu du 19e siècle. Cette régression est freinée en France puis la tendance est même inversée à partir du début des années 1970, en grande partie grâce aux mesures de protection instaurée (protection légale de tous les rapaces en 1972). L’aire de répartition s’est considérablement accrue et ce jusqu’à la fin des années 80. Le début des années 90 marque l’amorce d’une diminution qui se poursuit encore aujourd’hui, malgré les efforts entrepris par le réseau « milan royal » dans le cadre du plan national de restauration. L’enquête lancée en 2008 révèle en effet un déclin de plus de 20 % des effectifs entre 2008 et 2002. Le Massif central et le nord-est de la France enregistrent des déclins statistiquement significatifs.
Le suivi de la migration sur les cols de migration du Pays basque illustre parfaitement cette régression des populations :

Evolution interannuelle des effectifs de milans royaux sur les 3 sites de migration du Pays basque (Organbidexka, Lindux et Lizarrieta)

Ce déclin affecte également les deux autres plus grosses populations européennes, situées en Allemagne et en Espagne. En revanche, l’espèce est en augmentation au Royaume-Uni, en Suisse et en Suède.

Menaces et statuts

Menaces

Il y a encore vingt ans, le milan royal était un rapace commun. Aujourd’hui, c’est une espèce gravement menacée. Ses effectifs ont chuté et son aire de répartition a considérablement diminué. Les causes de son déclin sont multiples : la progression des surfaces cultivées, les modes de cultures plus intensifs associés aux traitements phytosanitaires contribuent à dégrader son habitat et à réduire les populations de proies.
A cela s’ajoutent les empoisonnements accidentels lors de régulations des populations de campagnols (bromadiolone) et volontaires (faits en toute illégalité), la fermeture des décharges, le tir, les lignes électriques, les collisions avec les véhicules et les éoliennes.

Dégradation de l'habitat

Depuis la fin des années 1980, les types de cultures ont beaucoup changé dans les zones où s'exerçait traditionnellement l'élevage bovin. On note la progression des surfaces en maïs aux dépens des prairies, pâtures et autres cultures. Ces espaces abritaient de nombreuses proies pour les milans, alors que les champs de maïs sont pauvres en ressources alimentaires. Les superficies de milieux prairiaux (hors prairies artificielles et pelouses) ont diminué en France de 16,4 % entre 1982 et 1997. A l'inverse de l’intensification, la déprise agricole entraînant l'extension des boisements au détriment des paysages ouverts, favorables aux milans, a aussi un effet négatif.

Empoisonnements

Les mœurs de charognard du milan royal le rendent particulièrement sensible aux empoisonnements. Certaines familles de produits actuellement utilisés présentent des risques immédiats, à long terme et indirects (diminution des ressources alimentaires), comme les rodenticides, anticoagulants, les corvicides, molluscicides, des insecticides et quelques herbicides. Les milans royaux peuvent aussi être contaminés par les plombs de chasse (saturnisme). La bromadiolone, puissant anticoagulant, est autorisée par les services de l'Etat pour lutter contre les pullulations cycliques du campagnol terrestre, lesquelles entraînent dans les champs et les prairies des dégâts considérables, responsables de graves pertes d'exploitation pour les éleveurs. Le milan royal, situé en bout de chaîne alimentaire, subit le phénomène de concentration des substances nocives. Il souffre du traitement chimique des cultures touchant les petits invertébrés (lombrics…) directement au contact des polluants.Les milans subissent également toujours les persécutions des chasseurs et agriculteurs qui l'accusent de s'attaquer au petit gibier. Les milans peuvent éventuellement s’attaquer à des poules dans les basses-cours, fait rare, mais qui contribue à lui donner mauvaise réputation. Ces persécutions étaient importantes surtout jusqu’aux années 1970. Aujourd’hui, ce sont les empoisonnements non ciblés qui affectent le milan royal. L’empoisonnement par des appâts destinés aux carnivores sauvages et aux corvidés est en effet l’une des principales causes de mortalité en France et en Espagne. C’est aussi une des causes principales de la raréfaction du milan dans certaines îles : Sardaigne, Sicile, Majorque etc.

Milan royal, buses et corvidés victimes d’un empoisonnement – photo : Romain Riols ©
Diminution des décharges

Le milan royal fréquente volontiers les décharges à ciel ouvert où il peut facilement trouver de la nourriture (déchets mais également tous les rongeurs y vivant). La Directive 1999/31/CE du Conseil du 26 avril 1999 concernant la mise en décharge des déchets prévoit la fermeture des décharges avant juillet 2002. Cette diminution progressive des dépôts d’ordures pourrait avoir des conséquences graves sur les populations de milans royaux.

Tirs

Le milan royal passe beaucoup de temps à voler à basse altitude et lentement. Il est peu farouche et très visible. Ceci le rend particulièrement sensible aux tirs illégaux, qui peuvent intervenir aussi bien en période de reproduction qu’en migration (Pyrénées) et en hivernage (Espagne).

Electrocution – collision

Le réseau électrique aérien représente une menace importante pour les oiseaux de grande taille comme le milan royal. Il peut influencer significativement la dynamique d’une population en accentuant de manière directe son taux de mortalité. Ce paramètre prend une signification particulièrement importante lorsqu’il s’agit d’une espèce au statut précaire. L’époque de l’année la plus meurtrière correspond aux périodes de migration.

Collision avec des véhicules

La circulation automobile est responsable de 12,5 % des admissions en centre de soins des milans royaux selon une enquête menée en 2001. Cette menace est liée au mode de chasse du milan, à la richesse des bords de route en petits rongeurs et cadavres d’animaux écrasés, aux aménagements et profil de la route (absence de haies, surface en herbe, route en remblai…).

Collision avec les éoliennes

Le mode de chasse du milan royal le rend vulnérable aux pales des éoliennes. En Allemagne, près de 16 % des cadavres d'oiseaux retrouvés sous les éoliennes sont des milans royaux, ce chiffre atteint 43 % si on ne prend en compte que les rapaces. C'est l'espèce la plus touchée par ce type d'installation.

Dérangements en période de nidification

L’exploitation forestière et agricole peut causer un dérangement lorsque la femelle couve ou que le couple nourrit la nichée. Si les parents prennent peur et quittent l’aire, la réussite de la nidification est menacée. L’absence prolongée des parents peut en effet être lourde de conséquences. Elle peut entraîner le refroidissement des œufs et la mort de l’embryon ou prive les jeunes de nourriture. Le nid n’est plus protégé et est exposé aux prédateurs naturels, tels que les corvidés qui en profitent pour gober les œufs ou dévorer les poussins. Pendant la période de cantonnement, la chasse peut aussi être facteur de dérangement.

Prédation et compétition interspécifique

Il est possible que le milan royal soit en concurrence avec le milan noir dans certains secteurs. Bien que ce dernier prenne possession de son aire beaucoup plus tardivement, il a été constaté des conflits entre les deux espèces. L’occupation d’aires de milans royaux par des milans noirs s’explique par la disparition des premiers. La corneille noire peut exercer une prédation sur les œufs.

Milans et corneille noire - photo : Romain Riols ©

Statuts

Le milan royal, comme toutes les espèces de rapaces, est protégé en France selon la loi du 10 juillet 1976 (arrêté d’application du 17 avril 1981) relative à la protection de la nature.

De plus, il figure en annexe I de la Directive « Oiseaux » (n° 79/409 du 6 avril 1979). Cette directive européenne s'applique à tous les Etats membres de la Communauté depuis le 6 avril 1981. Elle vise à assurer la protection de toutes les espèces d'oiseaux désignées en annexe I de la dite Directive et elle permet la désignation de Zones de protection spéciales qui sont destinées à renforcer le réseau Natura 2000.

Il figure également en annexe II de la Convention de Berne qui a pour objet d'assurer la conservation, au niveau européen, de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats naturels, notamment des espèces et des habitats dont la conservation nécessite la coopération de plusieurs Etats.

De plus, en tant qu’espèce migratrice, la Convention de Bonn (82/461/CEE du Conseil, du 24 juin 1982) lui accorde un statut de protection à l'échelle mondiale. Comme l’ensemble des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, il est protégé par la CITES ou encore Convention de Washington. Cette « Convention sur le Commerce International des Espèces » est un accord international entre Etats qui a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.

Etant donné que la totalité de la population mondiale est située en Europe et que les populations ont diminué ces dernières années dans les pays bastions (Allemagne, France et Espagne), le milan royal a été reclassé en 2004 en catégorie 2 des espèces européennes à statut de conservation défavorable (SPEC 2, « Species of European Conservation Concern ») d’après les critères de Birdlife International.

Pour les mêmes raisons, l’espèce figure sur la liste rouge UICN. Son statut a été réévalué en 2005 : auparavant considéré comme étant une espèce de préoccupation mineure, il fait aujourd’hui partie des espèces quasi-menacées dans le monde, c’est-à-dire des espèces qui peuvent être considérées à court terme comme étant « en danger » ou « vulnérable » si leur situation ne s’améliore pas dans les années à venir (source : Birdlife International, 2005).

En France, le milan royal figure désormais parmi les espèces vulnérables (liste rouge actualisée en 2008). Notre pays abritant plus du quart de la population mondiale, le milan royal doit être considéré comme une des espèces les plus menacées de France.

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