Catastrophe sans précédent en Argentine, 34 condors empoisonnés

 

 
Le VCF d’une part et Sandrine Rivier de la Fondacion de la Tierra (Argentine) nous rapportent les faits suivants

Au moins 34 condors des Andes (20 mâles et 14 femelles, et presque tous des oiseaux adultes) ont été retrouvés morts, apparemment par empoisonnement, dans une localité au sud de Mendoza. Les condors des Andes (Vultur gryphus) sont de très grands charognards du nouveau monde, présents tout au long de la chaîne andine, du Venezuela à la Terre de Feu. Avec seulement environ 6700 individus restant dans le monde, l'espèce fait face à un déclin rapide et constant de population dans son aire de répartition. Donc cet incident est significatif et a porté un coup aux populations de l'espèce en Argentine - en fait, c'est l'incident avec la mortalité la plus massive des condors des Andes jamais enregistrée!
La découverte a été faite par un résident de la région, qui a alerté les autorités et la Fondation BioAndina, qui se spécialise dans la protection du condor. Le site de l'incident est à près de 3 000 mètres d'altitude. Les cadavres des condors étaient empilés et partiellement brûlés. En plus des oiseaux, plusieurs animaux domestiques (chèvres et moutons) ont également été trouvés ainsi qu’un puma suggérant que l’empoisonnement était destiné à le tuer. Parfois, la population d'Amérique du Sud croit aussi que les condors des Andes tuent des animaux vivants, ce qui n'est jamais le cas - les condors, comme la plupart des vautours, ne sont que des charognards. Des analyses toxicologiques sont en cours à Buenos Aires.


L’objectif est désormais (avec l’appui des autorités pour cela) de faire prononcer une loi sur la traçabilité des produits agricoles toxiques. Dans cette affaire il y a pour l’instant un éleveur en garde à vue et un autre toujours recherché. Ils encourent des amendes allant de 35 000 à 220 000 pesos argentins (1 400 à 9 000 euros) par oiseaux (donc multiplié par 34) et jusqu’à 4 ans de prison.
Le Plan d'Action Multi-Espèces Vautour (MsAP Vautour) qui a été approuvé récemment lors de la Convention sur les Espèces Migratrices est un plan stratégique global identifiant les priorités et actions pour conserver les 15 espèces de vautours du vieux monde. Il y est dit clairement: le poison avec des appâts empoisonnés (souvent contre les prédateurs du bétail) est la principale menace pour les vautours dans le monde entier.
Le MSAP Vulture recommande un certain nombre de mesures pour lutter contre cette menace: une stratégie à multiples facettes comportant l'amélioration des connaissances sur l'utilisation des poisons (impact, conditions d'utilisation, capacité d'analyse des produits et des cadavres), des campagnes de sensibilisation. L’accent est mis sur l'application de la loi et la collaboration avec les instances judiciaires pour parvenir à des condamnations à l'encontre de ceux qui commettent ces crimes, généralement laissés impunis.
Le VCF est particulièrement actif dans la lutte contre cette menace et met en œuvre un certain nombre de projets à travers l'Europe, y compris de nombreuses actions contre les empoisonnements. Ont également été signalés à plusieurs reprises les épisodes dramatiques d'empoisonnement affectant les vautours africains, dans ce qui est déjà connu sous le nom de crise des vautours africains, conduisant à plusieurs espèces a être considérées comme en danger critique. Mais l'utilisation illégale du poison se produit ailleurs aussi - comme le montre cet événement tragique en Argentine.