Aider les vautours moines captifs à trouver l'amour

Écrit tiré de la traduction de l’article ‘‘Dating the Cinereous Vulture way - helping captive birds find love’’, de la Vulture Conservation Foundation.

Les vautours moines, très sensibles aux perturbations et au stress pendant leur période de reproduction, sont particulièrement difficiles à élever au sein des zoos, mais certains ont trouvé un moyen pour favoriser cette étape cruciale, à l’aide de grandes volières communautaires, dites « de rencontre », spécialement conçues à cet effet.

Vautour moine © Régis Descamps

Premiers rendez-vous délicats

Pour la population de vautours captifs, le processus de formation des couples est généralement laissé entre les mains des coordinateurs du réseau, qui doivent aider à maintenir la diversité génétique. Cependant, les liens sociaux formés au sein de ses couples artificiels sont faibles, conduisant à des échecs de reproduction. Alors, le zoo de Planckendael en Belgique a décidé d'essayer une approche différente, permettant aux oiseaux de choisir leur propre compagnon dans une volière conçue à encourager les rencontres.
Profitant de la destruction des anciens enclos en 2012, un espace presque trois fois plus grand fut créé afin d'accueillir plus d'individus. Par sa taille, cette ‘‘Dating Aviary’’ permet aux jeunes oiseaux de se mélanger et de choisir naturellement leur partenaire.
Et ça marche ! Les vautours moines du zoo de Planckendael, ont un comportement social au sein de leur couple beaucoup plus développé, comme l'approche, l'accueil et le lissage mutuel.
La réussite d’une reproduction réside en grande partie par un minimum de perturbations extérieures. Pour cela, une fois qu’un couple semble être formé, les gardiens le déplacent dans un enclos plus privé, à l’abri du dérangement.
En plus du parc animalier Planckendael, deux autres zoos possèdent une volière de rencontre, celui de Prague en République tchèque et de Rhenenen aux Pays-Bas. Des oiseaux des autres parcs animaliers sont ainsi régulièrement envoyés dans l’un de ces trois zoos pour être mis dans ces volières de ‘‘rencontre’’, afin de favoriser leur reproduction et de maintenir la diversité génétique.
 

Réintroduire les vautours moines

Vautour moine © Régis Descamps

Un couple qui s'est formé au zoo d'Ostrava en République tchèque, a élevé l'un des trois oiseaux relâchés en Bulgarie l'an dernier, dans le cadre du projet Vultures Back to LIFE.
Parallèlement, les jeunes oiseaux élevés dans les zoos du réseau d’élevage ont joué un rôle important dans la réintroduction de l'espèce en Europe, notamment sur trois sites en France :
dans les gorges du Verdon, les Grands Causses et les Baronnies.

Réseau d'élevage en captivité des vautours moine

Composé de 44 zoos et parcs animaliers allant de l'Espagne au Kazakhstan, le Réseau abrite 40 couples reproducteurs. 2018 fut une mauvaise année de reproduction avec seulement trois poussins menés à l’envol. Ces trois oiseaux, dont deux nés au zoo de Riga en Lettonie et un au zoo d'Ostrava en République tchèque, furent relâchés à Kotel en Bulgarie.
Espèce très sensible aux perturbations, leur reproduction au sein des zoos est donc très difficile. Le zoo de Planckendael a récemment construit un centre de reproduction hors exposition afin de créer les conditions optimales pour l'espèce. Ceci, ainsi que les volières ‘‘rencontres’’, contribuent à l’amélioration de la reproduction au sein du Réseau et sont cruciales pour le retour des vautours moines dans le ciel européen.

La saison de reproduction des vautours moines bat son plein, ce qui laisse espérer que d'autres couples se formeront et se reproduiront avec succès en 2019.

Rédaction/Traduction article en français : Aurélien Dessort LPO Programme Nationaux de la Conservation