Espagne : un braconnier tue le dernier Vautour moine d’Alinyà.

En novembre 2016, le dernier vautour moine installé dans la région d’Alinyà (Pyrénées espagnoles) s’est envolé de son territoire pour la dernière fois. Son nom était Trasgu, un mâle de 6 ans, transféré d’un centre de réhabilitation vers les Pyrénées en 2013, et lâché par la suite dans le cadre du programme de réintroduction de cette espèce dans les Pyrénées (Alinàa et Boumort). Ce mois-ci, il a été retrouvé mort à Alynià, et l’autopsie réalisée par le centre de la faune sauvage de Vallcalent a confirmé les soupçons: Trasgu a été tire, dans la même zone où deux autres Vautours moines avaient également disparus (Orri, a été retrouvé mort et Alinyà, a été remis en captivité). Le temps que l’enquête soit menée, cette nouvelle n’a pas été divulguée jusqu’à aujourd’hui.

Au siècle dernier, les persécutions directes et les tirs étaient les principales raisons de l’extinction du Vautour moine dans plusieurs régions espagnoles. Bien qu’on observe, depuis les dernières décennies, la rareté des tirs de rapaces sont de plus en plus rare. Néanmoins, l’incident avec Trasgu nous rappelle que ça peut toujours arriver – même à cette époque !

Le programme de réintroduction du Vautour moine a commencé en 2006 à Alinyà et Boumort – grâce à une collaboration entre le MAGRAMA (Ministère espagnol de l’agriculture, alimentation et environnement), la fondation Catalunya-La Pedrera, les ONG TRENCA et GREFA, et les Réserves de Boumort et de Muntanya d’Alinyà. Le but était d’établir une nouvelle population afin de créer un corridor génétique entre les autres populations présentes dans le sud-est de la péninsule ibérique et les populations réintroduites françaises (Cévennes et Baronnies).

Les sites d’Alinyà et Boumort ont d’autres espèces reproductrices de vautours, comme le Vautour fauve, le percnoptère et le Gypaète barbu. Les résultats ont été prometteurs à Boumort – où un couple de Vautour moine a produit un jeune à l’envol en 2010 – chose non observée depuis un siècle. Depuis, on compte environs 12 couples et l’an dernier six éclosions. En revanche, à Alinyà, région non-éloignée de Boumort, aucun couple n’est installé. Trasgu était le dernier individu sur ce site, et sa disparition a tué l’espoir de voir un jour le retour de cette espèce à Alinyà.