Le Vautour moine à l’étude

Nicolas Gal, dans le cadre de ses études a effectué un stage à la LPO Grands Causses sur le développement d’un protocole de détection des nids de Vautour moine.
Ce stage s’inscrit dans le cadre d’une thèse réalisée par Typhaine Rousteau et co-encadrée par la LPO Grands Causses, le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE) de Montpellier, et le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris.

Pourquoi ce travail sur le Vautour moine ?
Depuis 2011, La LPO Grands Causses et ses partenaires constatent que le nombre de couples reproducteurs reste très stable (autour d’une vingtaine chaque année exception faite de 2017 avec 27 couples), et plusieurs questions se posent :
• Est-ce due à la disponibilité en territoires de nidification potentiel ?
• Est-ce lié à la disponibilité de la ressource alimentaire ?
• Est-ce que les éléments de démographie (survie des jeunes, dispersion, recrutement…) permettent une augmentation de la population ?
• Est-ce que tous les couples reproducteurs sont détectés ?
 

Les travaux de la LPO GC et la thèse visent à répondre à ces questions et le stage de Nicolas vient compléter cette dernière.

Ainsi, même si le Vautour moine est le plus grand rapace d’Europe (2m95 d’envergure pour un poids d’environ 10 kg), il peut être très discret durant sa période de nidification.

Contrairement aux autres vautours européens, il ne niche pas en falaise, mais sur des grands nids de branches, construits généralement sur des Pins sylvestres (Pinus sylvestris), et dans la partie supérieure de versants fortement pentus (Mihoub 2009). Cette espèce est relativement bien observée et dénombrée lorsqu’elle s’alimente sur les charniers ou placettes des exploitations agricoles. Ces observations d’individus parfois bagués permettent d’estimer précisément les paramètres de survie, utiles pour les analyses démographiques.

En revanche, lors de la nidification, il est plus compliqué de détecter les sites de reproduction et les nids du fait de leurs emplacements forestiers, du relief des gorges des Grands Causses, de la taille de son domaine vital et de sa discrétion. Il est donc beaucoup plus compliqué d’estimer des paramètres de fécondité qui sont pourtant indispensables pour réaliser des projections sur le devenir de la population et de piloter les programmes de conservation. Il est donc important de pouvoir formaliser un protocole afin de mesurer le succès de la prospection des nids.

Objectif du stage, élaborer un protocole de détection de nids.

La détection d’un nid est possible en observant les adultes qui se relaient lors de l’incubation puis lors de l’élevage du poussin. Ainsi un suivi d’une dizaine de nids a été réalisé du lever au coucher du soleil sur la période d’incubation (mars – avril) et sur la période d’élevage du jeune (juillet).

Ces observations ont permis de calculer un taux de détection de l’espèce et savoir combien de visites sur un site donné sont nécessaires pour être sûr que l’espèce n’est pas présente. Pour cela des observations de 20 mailles de 500m x 500m ont été réalisées. Chaque maille contenant potentiellement un nid de Vautour moine, mais cette condition n’étant pas connue par l’observateur

Les résultats montrent tout d’abord qu’il y a un pic d’activité au nid entre 13h et 14h. Ensuite la détection d’un nid de Vautour moine est de 6%, et 5 visites de 10 min (soit 50 min) sur un site sont nécessaires pour pouvoir affirmer l’absence de l’espèce.

Merci à l’équipe de la LPO Grands Causses qui à accompagné ce travail ainsi qu’à celle des Baronnies qui a participé à cette étude ainsi qu’Alice Arnaud et Mathilde Fayot, deux stagiaires de licence, dont l’aide a été très précieuse.