Vautours empoisonnés : fin d’une enquête mais la menace rôde toujours

 Le 16 Avril 2018, 3 cadavres de Vautour fauve, Vautour moine et Renard roux étaient retrouvés en Aveyron, sur la commune de Saint-André de Vézines. Après récupération des cadavres pour identification de la cause de mortalité, les analyses toxicologiques ont permis de vérifier la suspicion d’empoisonnement.

 

Le carbofuran, insecticide interdit de vente et d’utilisation en France depuis 2008 avait été retrouvé en forte concentration sur les 3 cadavres. Après le dépôt d’une plainte par la LPO auprès de l’ONCFS (Office National de la chasse et de la Faune sauvage, actuel OFB, Office Français de la biodiversité), une enquête avait été diligentée.

Après de longs mois d'investigation et de nombreux moyens déployés (prospections de terrains et analyses approfondies de l'ensemble des données disponibles, investigations sur les sites de e-commerce, etc.), l'enquête n'a malheureusement pas pu conduire à l'identification du ou des responsables des faits. Le Parquet a par conséquent décidé de classer sans suite les procédures correspondantes début 2019.

De l'avis des spécialistes, les affaires d'empoisonnement de la faune sauvage sont complexes et génèrent souvent des enquêtes difficiles et de longues durées, dont la résolution peut être problématique. C'est pourquoi il est important de maintenir, sur les territoires considérés, une surveillance régulière, apte à détecter plus facilement tout fait ou indice relatif à l'emploi de toxiques. Suite aux faits ci-dessus rappelés, cette vigilance accrue a évidemment été mise en place sur le département par les services compétents, et continue de s'exprimer aujourd'hui

La LPO tient à remercier le travail réalisé par l’OFB et le parquet dans cette affaire, tout en regrettant que les coupables n’aient pu être identifiés. En effet les empoisonnements continuent de représenter une menace bien réelle pour les vautours. Des produits interdits continuent d’être utilisés, menant à la destruction d’espèces protégées, avec parfois des conséquences dramatiques pour les populations, au regard de leurs très faibles effectifs (ainsi dans le cas du Gypaète barbu retrouvé mort empoisonné en 2018).