Rencontre nationale : un bref résumé pour ceux qui n'ont pas pu venir...

Les 26 et 27 octobre, 50 participants venus de la Corrèze, Creuse, Dordogne, Lot, Gironde, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Ariège, Aude, Tarn, Aveyron, Allier, Puy-de-Dôme, Loiret, Indre et Saône-et-Loire, ont répondu à l’invitation de la SEPOL et de la LPO Mission Rapaces.
Cette première rencontre nationale en Corrèze était bien évidemment l’occasion de faire connaitre les premiers résultats des études satellitaires en cours dans le Limousin. Les suivis menés sur 5 adultes et 3 juvéniles ont permis (entre autres connaissances sur les comportements, hivernage, etc.) d’identifier des aires de quiétude d’environ 20 ha et d’initier leur protection (gestion forestière et acquisitions foncières.)

 


Les prospections menées dans l’Aude depuis 2007, font état d’une population forte de 70-80 couples, distribuée assez régulièrement sur les 2/3 ouest du département, dans des milieux aussi divers que chênaies pubescentes ou mixtes avec yeuses, pinèdes, hêtraies, sapinières-hêtraies, voire en ripisylve.
En Haute-Garonne, l’aigle niche dans des habitats inattendus : 4 à 5 couples nichent dans une forêt périurbaine de 2900 hectares fréquentée par 200 000 à 1 000 000 de promeneurs, exploitée et chassée en période printanière. Ailleurs, sur les rives de la Garonne, un couple est trouvé nicheur dans une haie entre deux cultures.
La problématique de l’électrocution des grands rapaces est abordée via une information sur le Comité national avifaune qui réunit EDF/RTE/LPO/FNE pour favoriser la prise en compte de l’environnement par les gestionnaires des réseaux de transport d’électricité.
La population de la forêt domaniale d’Orléans, étudiée dans le cadre du programme Oiseaux des Bois, fait l’objet d’une intervention par l’ONF. Les caractéristiques des sites occupés, l’impact des travaux, la fidélité au site de reproduction, la météorologie, le régime alimentaire, etc. sont abordés. La « clause rapace » établie par l’ONF interdisant toute intervention entre le 01/03 et le 01/09 semble permettre de concilier gestion forestière et protection de l’aigle mais la poursuite de l’étude sur les relations entre coupe de bois et reproduction est essentielle.
Dans l’Allier, le suivi des rapaces forestiers menés depuis 30 ans en forêt de Tronçais a permis de constater la disparation progressive du milan royal, du milan noir, du circaète et du busard cendré. Une vingtaine de couple d’aigle botté niche dans les vieux chênes et la collaboration avec les forestiers n’est pas suffisante pour protéger tous les sites.
Ces interventions et d’autres seront détaillées dans un prochain bulletin du réseau, consacré à cette première rencontre nationale.

La Mission Rapaces et les participants tiennent à remercier l’équipe de la Sepol qui a initié cette première rencontre en terre Limousine, là où le suivi mené est un des plus anciens (31 ans en 2012 !). Quelques observateurs de longue date manquaient cependant à l’appel pour réunir au complet la famille des « bottérologues ». L’enjeu d’une prochaine édition (en Auvergne ? en Bourgogne ? dans les Pyrénées ?) sera donc de rassembler tous les sites d’études français.