16 mars, la période du retour des balbuzards bat son plein en forêt d’Orléans…

Cette année, c’est le 27 février que nous avons pu observer pour la première fois un balbuzard de retour en forêt d’Orléans. Il s’agissait de ‘’Panchita’’, déjà observée la première l’an passé et dont l’historique a déjà été évoqué dans ces colonnes (voir nouvelle du 6 mars 2014). Au 3 mars, trois autres oiseaux constituaient avec elle l’avant-garde des arrivants, dont un couple déjà reformé au 1er mars.
Après une ‘’pause’’ apparente de quelques jours, nous assistons maintenant à la succession des retours…
En cette période où des individus arrivent avant leur partenaire de l’année précédente, il n’est pas rare de voir se constituer des couples temporaires, certains oiseaux n’hésitant pas à se délocaliser pour rejoindre sur un nid un représentant de l’autre sexe lui aussi disponible, fort instinct de reproduction oblige… Le plus souvent, le deuxième arrivant chasse l’intrus qui a pris sa place auprès de son partenaire habituel, et les couples se reforment d’année en année sur le même nid tant que les deux oiseaux survivent…
Comme en 2014, et probablement attirée par l’étang, c’est sur le Ravoir que ‘’Panchita’’ s’est installée à son retour de migration et s’est appropriée l’aire très attractive visible de l’observatoire ouvert au public. Elle allait à quelques kilomètres de là se faire offrir des poissons par un mâle encore seul sur son nid, et ce dernier a fini par la suivre sur l’étang, délaissant par la même occasion sa femelle habituelle arrivée sur ces entrefaites…

 

Bien installé sur le Ravoir dont il profitait pleinement des possibilités d’ablution, ce couple a toutefois du abandonner le site le 14 mars au retour quasi simultané de ‘’02’’ et ‘’8Z’’, qui l’occupent ensemble depuis 2008…
Le 16 mars, ‘’Panchita’’ était sur son nid habituel, apparemment de nouveau seule, et son compagnon temporaire avait rejoint la femelle avec laquelle il s’est déjà reproduit pendant 9 ans…
Avec d’autres observés dans le passé, ce cas montre que la formation des couples est parfois liée aux circonstances et que la fidélité apparente chez les balbuzards peut n’être due qu’au fort instinct territorial qui habite ces oiseaux…
Rappelons que ces cas intéressants n’ont pu être mis en évidence que grâce aux bagues de couleur qui équipent bon nombre d’individus, et notamment à celles que pose Rolf Wahl sur un maximum de jeunes balbuzards nés en région Centre depuis 20 ans…

Gilles Perrodin