Rencontre de lancement du PNA - 16 novembre 2021 - MOBE

Rencontre de lancement du Plan National d’Actions en faveur du Balbuzard pêcheur et du Pygargue à queue blanche

16 novembre 2021 – Muséum d’Orléans pour la Biodiversité et l'Environnement (MOBE) – 13h30 – 19h00

 

Le 16 novembre 2021, le Muséum d’Orléans pour la Biodiversité et l’Environnement (MOBE) a accueilli la rencontre de lancement du nouveau Plan national d’actions en faveur du Balbuzard pêcheur et du Pygargue à queue blanche.
 
L’évènement qui devait se dérouler en 2020 avait été reporté plusieurs fois en raison de la crise sanitaire. C’était donc avec un grand plaisir que nous avons enfin pu organiser cette rencontre permettant de se retrouver pour un moment convivial et marquer le lancement de ce nouveau PNA prévu pour 10 ans. Une cinquantaine de participants ont répondu présent lors de cette rencontre.
 
L’après-midi a débuté par un mot d’accueil de Laure Danilo, conservatrice responsable du MOBE. S’en est suivi les discours d’ouverture de Sandrine Cadic, directrice adjointe de la DREAL Centre-Val de Loire puis celui du responsable de service Programmes nationaux de conservation à la LPO France, Yvan Tariel.
 
L’équipe coordinatrice du PNA, composée de Ségolène Faust de la DREAL Centre-Val de Loire et d’Emmanuelle Csabai de la LPO France désignée en tant qu’animateur du PNA, a ensuite présenté le nouveau Plan national d’action en faveur du Balbuzard pêcheur et du Pygargue à queue blanche, initié en 2020 pour 10 ans.
 
cliquez ici pour accéder au diaporama de présentation du PNA et du programme de la rencontre
 
 
Par la suite, plusieurs intervenants se sont succédés pour présenter certaines actions mises en oeuvre en France et à l'étranger en faveur des deux aigles pêcheurs.

 

Résumé des interventions

 

Où sont nos balbuzards français en hiver ? – Rolf Wahl

 Présentation_RW.pdf

Le Diaporama ci-joint, a pour but de donner une idée sur les différents quartiers d’hiver de nos Balbuzards de la France continentale. Il s’agit d’un petit échantillon concernant quelques oiseaux qui ont été identifiés par leurs bagues orange codées et photographiées.
Plusieurs correspondances avec les auteurs des photos ont été faites avant qu’un individu a pu être finalement validé par le détenteur du programme personnel de baguage des Balbuzards en métropole. Ceci est d’autant plus important afin de renseigner ces individus correctement dans la base de données du CRBPO, dans un fichier Excel qui, par la suite les présentera à l’EURING.
Pour les bagueurs, il n’y a plus gratifiant que lors qu’un oiseau a été revu ou « contrôlé » par sa bague quelque part. C’est la première preuve qu’il a survécu depuis son baguage jusqu’à sa découverte et ce en bonne santé.
Pour l’équipe des bagueurs de Balbuzards,
Rolf Wahl
 

 

Situation du Balbuzard en Corse en 2021 – Gilles Faggio (OEC) intervention en visio

 PNA Balbuzard bilan 2021 OEC.pdf

Le suivi de la reproduction du Balbuzard en Corse est coordonné depuis 2020 par l’Office de l’Environnement de la Corse (OEC) en collaboration avec le Parc Naturel Régional de Corse (PNRC). D’autres partenaires y sont associés comme la Collectivité de Corse, le Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate (PNMCCA) et le Conservatoire d’espaces naturels de Corse.

Les nids étant situés sur les côtes rocheuses, le suivi nécessite des moyens nautiques dont disposent le PNRC, l’OEC et le PNMCCA. En 2021 20 observateurs ont été mobilisés au cours de 74 missions et donnant lieu à l’enregistrement de 520 observations. Sur la soixantaine de nids connus, un seul est construit naturellement sur un arbre, les autres étant sur des pitons rocheux et falaises (nids naturels et artificiels). Un seul nid artificiel a été aménagé sur un ancien poteau électrique.

Le dispositif d’observation a été complété en 2021 par une installation de 22 pièges photographiques dont certains à transmission par GSM. Un essai d’application d’une détection automatique de la présence d’oiseaux sur les nids en ayant recours à l’intelligence artificielle a été réalisé par l’ESME de Lyon (stagiaire d’une école d’ingénieurs).

En 2021, 37 nids ont été utilisés correspondant à 31-35 couples dont 16 nids avec reproduction certaine (ponte) et 15-18 couples territoriaux (sans ponte). 9 nids ont donné seulement 11 jeunes à l’envol.

Bien qu’il n’y ait jamais eu autant de balbuzard en Corse probablement depuis siècle, le succès à la reproduction reste très faible depuis les années 2010-2012. Le dérangement par les bateaux a longtemps été présenté comme le seul facteur entrainant les échecs de reproduction, pourtant d’autres hypothèses peuvent être apportées grâce aux observations réalisées : 54% des couples territoriaux n’ont pas pondu (à une période ou la fréquentation nautique est nulle) ; sur 16 nids avec ponte 7 sont en échec entre mi-avril et début juin (pendant les restrictions des déplacements des mesures COVID) ; la densité est importante avec 6-7 couples / km² sur le secteur Calvi-Cargese (avec même 5 couples pour 900ha sur le secteur Capu Rossu) ; au moins 1 cas de prédation des œufs par un corvidé (probablement le Grand Corbeau) ; de nombreuses interactions intraspécifiques (4 oiseaux vus près du même nid à plusieurs reprises, une femelle qui a fréquenté 2 nids distants de 9km en début de saison,…) ; un vigilance à apporter sur au moins 3 nids proches de sites d’escalade ou de base jump.

Au titre de la protection des sites par rapport aux dérangements, 42 nids bénéficient d’une zone de quiétude sur un périmètre d’environ 250m avec 9 nids en arrêté de protection de biotope et 33 nids inclus dans la charte Natura 2000 « Calvi-Cargese » (dont 8 consolidés par une interdiction d’accès par le Préfet Maritime).
 

 

Bilan du programme régional en faveur du Balbuzard pêcheur en Nouvelle Aquitaine - Paul Lesclaux et Florent Lagarde (SMGMN)

 Bilan des 4 ans_Programme régional Nouvelle Aquitaine.pdf

La rencontre pour le lancement du PNA Balbuzard pêcheur & Pygargue à queue blanche au MOBE d'Orléans a été l'occasion pour le Syndicat Mixte de Gestion des Milieux Naturels de présenter le bilan des 4 ans du Programme Régional mené en Nouvelle Aquitaine en faveur de l'espèce (2018-2021).

Cet exposé a permis de revenir sur les principales actions menées sur et à proximité de la Réserve Naturelle du Marais d'Orx. Pour sa partie technique, Paul Lesclaux (Chargé de projet) a détaillé les aménagements qui ont été réalisés pour mener à bien l'opération de translocation (fabrication des volières), et pour accompagner le retour des oiseaux (aménagements de plateformes).

Les premiers résultats observés ont été annoncés. Ils mettent en avant la complémentarité de 2 programmes de translocation transfrontaliers menés consécutivement (Pays basque espagnol/Landes).

L'intervention s'est terminée par les actions de communication et de sensibilisation élaborées pour le grand public (Installation d'une caméra sur un nid comme la conception d'une exposition et de visites guidées gratuites).

 

 

Projet de réintroduction du Pygargue à queue blanche dans le bassin du haut Rhône français – Jean-François Noblet et Jacques-Olivier Travers

 Présentation Orléans_JOT.pdf

Jean-François Noblet et Jacques-Olivier Travers ont fait état de l'avancement du projet de réintroduction du pygargue à queue blanche soutenu par le comité de pilotage du PNA lors de sa réunion de juin dernier. Le projet avance bien, toutes les commissions ont émises un avis favorable (CSRPN, CDNPS, CNPN). Le dossier est dans la dernière phase d'instruction et l'arrêté d'ouverture est espéré pour la fin janvier, début février.
La réunion d'Orléans a permis de répondre aux questions de l'assistance et notamment d'expliquer le nouveau principe de réintroduction avec l'élevage des jeunes sur le site de réintroduction par les parents et ainsi une réintroduction "douce" pour les aiglons. En dehors de la présentation "officielle" cette réunion a permis des échanges fructueux autour des programmes de réintroduction et permet de créer une vraie dynamique Française autour de ces deux espèces emblématiques que sont les balbuzards et les pygargues.
 

 

Etat d’avancement (2021) de la réintroduction du Balbuzard pêcheur en Suisse et échanges avec la population française - Wendy Strahm & Denis Landenbergue (Nos Oiseaux)

 Orleans 16nov21 - réintro-CH et liens populations CH-F.pdf

Réalisé par l’association Nos Oiseaux (Société romande pour l’étude et la protection des oiseaux), le programme de réintroduction du Balbuzard pêcheur en Suisse a permis le lâcher et le départ en migration de 62 jeunes (originaires d’Ecosse, d’Allemagne et de Norvège) entre 2015 et 2020. La zone du projet se situe au carrefour des trois lacs de Neuchâtel, Morat et Bienne, sur de vastes terrains agricoles (interdits d’accès au public) appartenant à la prison de Bellechasse.

Parallèlement à ces lâchers, un effort particulier a été consacré à la recherche d’arbres favorables (essentiellement des Pins sylvestres) pour l’installation de 26 plateformes de nidification.
Le premier retour d’un oiseau relâché en Suisse est intervenu en 2018. Il s’agissait d’un mâle (bagué PR9) réintroduit en 2016, dont le site d’hivernage (2018/2019) a ensuite été découvert dans le nord du Sénégal par Jean-Marie Dupart. Revenu à Bellechasse en 2019, PR9 n’a pas été revu depuis lors.
A ce jour au moins 8 oiseaux relâchés entre 2016 et 2019 sont revenus en Europe, soit 5 mâles et 3 femelles. L’une d’elle (PR4, née en 2016) s’est intégrée dans la petite population nicheuse de Moselle, où elle a produit 2 jeunes à l’envol en 2021. Une autre (F02, née en 2018) s’est établie dans la population nicheuse du nord-est de la Bavière, où elle a produit 3 jeunes à l’envol en 2021.

Quant aux mâles, l’un d’eux (PS7, né en 2017) s’est apparié avec une femelle d’origine allemande durant l’été 2021, formant ainsi le premier couple en Suisse depuis plus d’un siècle. Un autre mâle s’est établi le long du Doubs (département 25), à seulement quelques km de la frontière suisse.

Entré en 2021 dans une nouvelle phase, le projet se focalise aujourd’hui sur le repérage et le suivi de mâles cantonnés et sur la localisation d’éventuelles femelles « exogènes » dans l’un ou l’autre secteur fréquenté par un mâle. Le programme d’installations de plateformes se poursuit par ailleurs.

 

 

 

Nous remercions chaleureusement l’équipe du MOBE pour leur accueil dans ce tout nouveau muséum !