28e Rencontres du Réseau Vautours

 

 

 

28e Rencontres du Réseau Vautours (Rennes-le-Château)

 Le Programme

 Vendredi 14 octobre

11h Concilier activités de pleine nature et enjeux biodiversité des milieux rupestres Bérenger RÉMY (Communauté de Communes des Cévennes Gangeoises et Suménoises)

Nichée entre gorges et falaises, la Communauté de communes des Cévennes Gangeoises et Suménoises (CCCGS) jouit d’un patrimoine naturel d’exception entre Gard et Hérault. Elle est animatrice d'un site Natura 2000 de la directive oiseaux où nichent entres autres des rapaces rupestres menacés (aigle de Bonelli, vautour percnoptère, aigle royal...), sensibles aux activités humaines. Elle bénéficie aussi d’une attractivité touristique pour la pratique d’activités de pleine nature (APN) en falaises, représentant un important levier économique. La CCCGS a ainsi initié en 2022 une démarche d’harmonisation des enjeux naturels et de gestion de la sur-fréquentation dans une optique de développement durable.
L’objectif de cette mission était de concilier les enjeux biodiversité et APN sur les falaises, en concertation avec les acteurs du territoire. Un diagnostic partagé des enjeux a été réalisé via des entretiens avec sportifs, naturalistes et gestionnaires. Ceci a permis de cerner les objectifs du territoire. Pour y répondre un plan d’actions a été élaboré, s’appuyant sur divers retours d’expériences. L’animation de réunions a permis de co-construire ce plan de gestion.
 

11h30 Démarche de conception d'une mallette pédagogique "vautours " Guillaume Bagnolini, Elise Courtois-Brieux, (Cosciences)

La relation entre l’homme et le vautour n’est pas sans conflit ces dernières années. Accusés d’attaquer les élevages notamment ovins, le développement des populations de vautours est remis en cause. Dans ce cadre, d’une part, le développement d’une mallette sur l’écologie et la biologie des vautours semble plus que jamais importante afin de transmettre un savoir scientifique auprès de différents publics. D’autre part, le recueil des représentations de la relation entre vautour et élevage servira à la concertation sur cette thématique. C’est le constat partagé par de nombreux scientifiques de communiquer activement sur les dernières connaissances sur ces espèces. Cela inclut l’inclusion dans les programmes d’éducation formelle et également informelle (Lambertucci et al., 2021). Dans le cadre de cette communication, nous présenterons notre démarche de conception de cette mallette pédagogique sur les vautours. Cette mallette sera une véritable boîte à outils de vulgarisation scientifique permettant à certains publics de mieux appréhender le sujet.


12h Animation d'un réseau de bénévoles, retour d'expérience sur le Réseau gypaètes Mercantour François Breton (PN Mercantour)

Le retour des gypaètes barbus dans les Alpes du Sud suscite un bel engouement du public. Depuis plus de 10 ans, le Parc du Mercantour met en musique cette énergie à travers un réseau de science participative, qui permet, tout à la fois, de sensibiliser largement à la conservation de cette espèce et de collecter une grande quantité d'observations utiles au monitoring. Quels sont les fondamentaux à respecter, les écueils à éviter pour faire vivre un tel réseau...

ATELIERS

14h Atelier 1 - Constats partagés sur les enjeux vautours face aux développements éoliens Pascal Orabi (LPO France) Olivier Duriez (CEFE-CNRS) Vincent Ramard (LPO France)

L’objectif de cet atelier est d’échanger avec les participants sur la complexité de cette problématique émergeante sur la quasi-totalité des territoires de présence des vautours : quelles sont les difficultés rencontrées par les différentes structures, comment prévenir et limiter le développement éolien au cœur des domaines vitaux, quels sont les outils et moyens techniques, scientifique et juridique dont nous disposons … ?
Trois intervenants animeront cet atelier en apportant leurs compétences et leurs expériences sur le sujet : Pascal Orabi (chargé de projet à la LPO France) dans le cadre de la coordination du LIFE Gypconnect, visant la reconstitution d’un corridor écologique pour les Gypaètes barbus reliant le massif pyrénéen au massif alpin en passant par le Massif central, largement convoité par le développement éolien ; Olivier Duriez (CEFE CNRS) dans le cadre du projet de recherche multi-acteurs MAPE (« Réduction de la Mortalité Aviaire dans les Parcs Éoliens en exploitation » et notamment des recherches engagées pour le module « Evaluation des outils de détection automatique » ; et Vincent Ramard (service juridique à la LPO France) qui apportera ses compétences de juriste ainsi que les retours d’expériences qu’il a obtenu sur des procédures juridiques engagées par la LPO France auprès de projets de parcs en fonctionnement au cœur des domaines vitaux des vautours.
 

14h Atelier 2 - Réflexions partagées sur la situation actuelle du percnoptère et projets à engager pour aider l’espèce Erick Kobierzycki (Nature en Occitanie) Cécile Ponchon (CEN-PACA)

Face à la stagnation des effectifs français de Vautour percnoptère, voir à leur légère diminution, l'atelier consistera à échanger sur les différents contextes locaux en s'appuyant sur des exemples dans les 2 massifs où les effectifs sont soient en baisse soit en augmentation. Ceci dans l'objectif de tenter d'identifier les contextes plus favorables ou des pistes à étudier.

16h30 Atelier 3 - Présentation des bases de données utilisées par le réseau « vautours » : base muséum, géomatika, biolovision, IBM… Philippe Jourde (LPO France), Renaud Nadal (LPO Grands Causse), Etienne Marlé (Asters), Leslie Damestoy (géomatika)

Diverses bases de données existent désormais et sont utilisées par les réseaux de naturalistes, associations, gestionnaires et chercheurs, pouvant intégrer des données de suivis de reproductions et/ou de simples données d’observations et/ou des données CMR et/ou des données cartographiques. En fonction des structures et des objectifs de conservation et de gestion, des données vautours sont intégrées sur ces différentes bases.
Le principe de cet atelier est de faire un état des lieux de ces différentes bases, de présenter leurs objectifs respectifs, leurs interfaces et leurs fonctionnalités aux participants. Dans un second temps, ce temps d’échange sera l’opportunité d’interagir avec les participants afin de les questionner sur l’utilisation concrète qu’ils en font au quotidien ainsi que de l’application au sein de leurs programmes de conservation/recherche.

16h30 Atelier 4 - Echanges constructifs pour un prochain PNA en faveur du Gypaète barbu Arnaud Delbary (DREAL Nouvelle-Aquitaine), Pascal Orabi (LPO France)

Le précédant PNA en faveur du Gypaète barbu sur la période 2010-2020 a fait l’objet de bilans techniques par massif (Alpes, Pyrénées, Massif Central et Corse-en attente) ainsi que d’une évaluation générale. Cette évaluation devrait être présentée fin 2022, début 2023 au CNPN.
L'état de conservation de l'espèce s’est amélioré au cours de ces 10 années, en France et dans toute l'Europe. Son statut, d'après la liste rouge européenne, est passé de vulnérable à quasi menacée. Au vu des menaces qui pèsent encore sur l’espèce, des risques de variabilité génétiques de certaines populations (Corse et population alpine), et démographiques (taux de survie et de fécondité) des différentes populations, il s’avère nécessaire de poursuivre la majeure partie des actions engagées dans ce dernier PNA. La reconduction d’un PNA en faveur du Gypaète barbu est ainsi plus que recommandée afin de pouvoir cadrer et prioriser les actions de conservation dans l’objectif d’assurer la viabilité sur le long terme de l’espèce à l’échelle nationale, en ayant également une vision de conservation pour l’espèce à l’échelle internationale.
Cet atelier est donc l’occasion de réunir les différents acteurs œuvrant pour la conservation du Gypaète barbu afin d’initier les échanges et de dresser les principaux objectifs de conservation que devrait présenter le prochain PNA en faveur de l’espèce.
 

Samedi 15 octobre

8h45 Présentation du projet d’aide à la fixation d’une population de vautour moine dans l’Aude Lise Dauverne Yves Roullaud (LPO Occitanie Dt Aude)

Disparu du territoire français au cours du 18 et 19 e siècles, le Vautour moine Aegypuis monachus, a depuis recolonisé une infime partie de ses anciens territoires en France grâce à des programmes de réintroductions. Nicheur actuellement dans les Grands Causses et les Préalpes du sud, l’espèce a aussi été réintroduite en Catalogne espagnole et le nord de la Castille où elle avait là aussi disparue.
La zone géographique étudiée, s’étendant des Pyrénées jusqu’aux Cévennes, rassemble des conditions très favorables aux différentes espèces de vautours. A ce jour, trois d’entre elles, ont bénéficié de mesures de protection et de soutien alimentaire qui ont contribué à leur retour spontané depuis le début des années 2000. La fixation du Vautour moine au sein de cette zone géographique permettrait donc de reconstituer la guilde complète des grands rapaces charognards et de créer un continuum entre les populations de Vautour moine présentent en Espagne et en France.
Les associations LPO Occitanie, le Groupe Ornithologique du Roussillon et la Fédération des Réserves Naturelles Catalanes, se proposent de mettre en œuvre des actions en faveur d’une recolonisation par le Vautour moine sans avoir recours à un programme de réintroduction complexe et couteux.
Ce projet a reçu le soutien de la Vulture Conservation Foundation (VCF) et du Groupe pour la Réhabilitation de Faune Autochtone et de son habitat (GREFA ; ONG espagnole).
 

9h15 Contribution des analyses génétiques pour l'apport de connaissance d'une population en cours de restauration : le cas du vautour moine Philippe Helsen (Centre for Research and Conservation, Royal Zoological Society of Antwerp)

Parallèlement aux rapports dévastateurs décrivant le massacre en cours et la vitesse globale à laquelle nous perdons de la biodiversité, quelques signaux positifs se manifestent grâce au dévouement d’une grande communauté professionnelle et de bénévoles. Les vautours en France représentent une situation unique dans le monde pour la conservation des espèces. Les populations de vautours réinstallées en France établissent plusieurs connexions aussi bien en établissant des corridors entre des populations européennes actuellement isolées qu’en reconnectant l’humanité avec la nature. Cette recolonisation unique crée l’opportunité exceptionnelle de mieux comprendre les réintroductions d’espèces menacées qui sont rarement considérées comme des succès. Nous tenterons de répondre aux questions suivantes : Comment la recherche génétique peut aider à mieux comprendre les systèmes d’établissement et de croissance d’une population? Comment les données génétiques peuvent compléter les observations de terrains et apporter des informations pertinentes sur la biologie de l’espèce et éventuellement remettre en question les résultats actuels et les futures actions de translocation?

9h45 Comportement alimentaire du Vautour Moine dans les Grands-Causses Renaud Nadal et Anna Terras (LPO Grands Causses)

Les études du régime alimentaire menées en Europe ont mis en évidence une relative plasticité et une réelle capacité d’adaptation de l’espèce vis-à-vis des ressources trophiques. Une étude du régime alimentaire dans les Grands-Causses a été initiée en 2010 pour documenter les ressources localement accessibles. Malgré des biais non négligeables, les résultats obtenus en 10 ans de suivi révèlent une intéressante diversité des espèces consommées et mettent en évidence des enjeux de conservation.
Les observations de curées dans les Causses ainsi que les études publiées en Espagne nous ont également incités à étudier le comportement alimentaire des vautours fauves et vautours moines. Nous avons comparé durant une année la fréquentation de trois placettes d’équarrissage approvisionnées avec des déchets différents pour décrire les préférences alimentaires et les relations entre Vautour fauve et Vautour moine.
Enfin, la collecte des restes alimentaires a été mise à profit pour récupérer les boucles d’identification du bétail régurgitées par les adultes. Cette méthode originale et non invasive, malgré des biais inévitables, permet de proposer une cartographie du domaine vital de la colonie caussenarde. Les données télémétriques, d’une précision inégalable et essentielle à la conservation de l’espèce, peuvent être complétées utilement par cette méthode qui peut facilement être mise en œuvre répétable pour tous les couples.
 

10h45 Identification des aires historiques de Gypaète barbu dans les Grands Causses : des pressentis de terrain aux confirmations scientifiques Véronique Laroulandie et Jean Baptiste Mallye (PACEA CNRS de Bordeaux), Renaud Nadal et Thierry David (LPO Grands Causses)

Le Gypaète barbu fréquente actuellement les Grands Causses grâce à un programme de réintroduction débuté il y a une dizaine d’années ; il vise notamment à établir des échanges entre les populations pyrénéennes et alpines. Mais fréquentait-il le sud du massif central au temps historique ? Le cas échéant, à quand remonterait sa disparition ?
L’approche classique de recension par la consultation des traités d’ornithologie ne donnant guère d’indices probants, la seule solution qui s’offrait aux naturalistes convaincus de la présence ancienne de l’espèce dans les gorges du sud du massif central, était de visiter des cavités pour tenter de découvrir les témoins matériels de reproductions historiques. C’est ainsi, qu’à l’automne 2021, des ramassages de surface ont été réalisées dans quelques cavités perchées des gorges de la Jonte et de la Dourbie.
Les résultats préliminaires ont permis d’identifier, sur 4 sites, plusieurs centaines d’ossements appartenant à des ongulés domestiques et sauvages, des carnivores, des lagomorphes et des oiseaux. Certains de ces ossements présentent des traces laissées par les sucs gastriques durant leur ingestion. Les plus caractéristiques sont les 3èmes phalanges d’ongulés, trouvées en grand nombre dans les aires modernes de Gypaète barbu (Robert & Vigne 2002). Des coprolithes, des fragments de coquilles d’œuf (dont l’identification spécifique reste à faire) ainsi que quelques branches constituent d’autres arguments en faveur de la présence ancienne du « casseur d’os » dans cette région. Des datations radiocarbones d’ossements digérés situent les accumulations dans une fourchette de temps comprise entre 3 500 ans avant le présent et le 17ème siècle.
 

11h15 Résultats préliminaires d'une étude sur l'impact des sites d'alimentation sur les vautours fauves Julien Terraube (VCF)

Face à la raréfaction des ressources alimentaires, l’utilisation de sites d’alimentation supplémentaire est devenue un outil important de conservation des populations de vautours en Europe et dans le monde. Bien qu’ayant eu un effet bénéfique certain sur la restauration des populations de nécrophages au cours du 20ième siècle, la mise en place généralisée de sites d’alimentation sans évaluation scientifique de leur efficacité et de leurs impacts pose problème. D’autant plus que ces sites peuvent parfois avoir des effets négatifs sur les vautours, entraînant par exemple une compétition interspécifique accrue. L’écologie du Vautour fauve rend cette espèce particulièrement intéressante dans le cadre d’une étude sur les sites d’alimentation de par sa spécialisation alimentaire, son comportement grégaire et son statut de dominance face à d’autres espèces de nécrophages. Dans cette étude, nous effectuons une révision systématique de la littérature (journaux scientifiques et littérature grise) afin d’identifier des tendances générales à l’échelle européenne en termes de i) mise en place (localisation, taux d’apport de carcasses, quantité ou type de nourriture distribuée) ; ii) suivi (méthodes de suivi pour quantifier l’utilisation des sites par les Vautours fauves) et iii) d’impacts des sites d’alimentation (impact en termes de santé, de démographie, de comportement intra- et interspécifique) sur notre espèce d’étude. La prise en compte de ces résultats pourrait favoriser des changements de méthodes de gestion des sites d‘alimentation avec un effet bénéfique à terme sur la conservation de l’ensemble des espèces de nécrophages et de leurs écosystèmes.

13h45 Comportements d'évitement des éoliennes par les vautours fauves Yohan Sassi (CEFE/CNRS)

En réponse à la présence d’éolienne, les oiseaux peuvent éviter la zone complètement (macro-évitement), adopter une technique d'évitement anticipé des turbines (méso-évitement) ou n’éviter qu’au dernier instant (réflexe) lorsqu'ils détectent une turbine (micro-évitement). Nous vous présenterons les résultats d’une analyse basée sur des données de suivi télémétrique par GPS à haute fréquence provenant de 25 vautours fauves au sein des 4 parcs éoliens les plus fréquentés du massif central visant à connaitre les modalités de l’évitement des éoliennes par les vautours fauves. Cette analyse est combinée à des simulations informatiques (modèles agents centrés) nous permettant de manipuler les comportements d’évitement et de tester des mécanismes d’évitement en les comparant aux patterns observés. Savoir si les vautours évitent les éoliennes et s'il s'agit d'un évitement anticipé ou réflexe pourrait aider les gestionnaires à réduire les risques de collision en ajustant la distance à laquelle ils doivent détecter les vautours afin d'arrêter les éoliennes.

14h15 Synthèse de nouveaux articles sur la biologie des vautours hors de France Olivier Duriez (CEFE/CNRS)

L'auteur présentera une sélection d'articles scientifiques publiés ces 2-3 dernières années qui présentent une importance particulière pour l'étude et la conservation des vautours en France et dans le monde.

14h45 Empoisonnements récurrents de Vautour charognard (Necrosyrtes Monachus) au Burkina Faso Clément DABONE (Laboratoire de Biologie et Ecologie Animale (LEBA)\Université Joseph Ki-Zerbo, Burkina Faso)

Le déclin catastrophique actuel des vautours africains est principalement dû à l'empoisonnement, au braconnage pour la consommation et à l'utilisation fondée sur des croyances (médecine traditionnelle). Pour en savoir davantage sur les principales menaces pesant sur les vautours en Afrique de l'Ouest, nous avons évalué les principales causes anthropiques de mortalité des vautours au Burkina Faso. Nous avons examiné les incidents de mortalité massive de vautours, sur la base d'entretiens menés en 2016 avec des bouchers, des vétérinaires, des forestiers et des vigiles d'abattoirs, au niveau de 44 sites à travers le pays. Un total de 730 entretiens a révélé que l'empoisonnement était la principale cause de mortalité des vautours au Burkina Faso (20 des 23 incidents de mortalité massive décrits par les personnes interviewées ont été causés par l'empoisonnement). L'empoisonnement était également la menace qui cause plus de dégâts aux vautours (779 des 879 carcasses de Vautour retrouvées étaient dues à l'empoisonnement). Selon cette enquête, l'empoisonnement intentionnel des vautours à l'aide d'appâts empoisonnés (qui représentait 15 des 23 incidents de mortalité massive) a occasionné le plus grand nombre de victimes (577 sur 879 vautours trouvés morts). Le nombre de vautours tués par les appâts empoisonnés était plus élevé près des frontières que nulle part ailleurs au Burkina Faso et nous pensons que ces récents empoisonnements intentionnels de vautours au Burkina Faso avaient pour but de répondre à la demande croissante de parties de corps de vautours en Afrique de l'Ouest. L'enquête a également montré que l'empoisonnement non intentionnel était la deuxième principale cause de mortalité massive des vautours (5 des 23 incidents de mortalité massive impliquant 202 des 879 vautours morts). Les autres causes de mortalité d’origine anthropique des vautours sont l'électrocution sur les lignes de haute tension électrique et les collisions avec les véhicules sur les routes. Nos résultats soulignent la nécessité de mettre en œuvre des campagnes de sensibilisation, d'améliorer les politiques et la législation, d'engager plus fortement les gouvernements des pays d'Afrique de l'Ouest, afin de mettre un terme au commerce de parties de vautours et d'empêcher leur disparition.

15h15 Etat des lieux des évènements d’Influenza aviaire hautement pathogène sur la faune sauvage Pascal Orabi (LPO France) Anne Van de Wiele (OFB)

La France a enregistré une crise d’Influenza aviaire sans précédent durant laquelle les foyers H5N1 hautement pathogène se sont concentrés une année sans discontinuer pour l’essentiel dans les élevages avicoles. Alors que la situation semblait s’améliorer nettement au niveau national à la fin du mois d’avril dernier, abaissant alors le niveau de risque à «modéré », des premiers cas de contamination de la faune sauvage apparaissaient alors affectant également des espèces réputées non sensibles comme les vautours. Depuis lors, nous assistons à une forte augmentation des cas constatés sur la faune sauvage « autochtone » sur le littoral de la Manche et plus globalement, sur la façade atlantique. Nous proposons de dresser un état de la situation et de présenter la surveillance mise en œuvre pour détecter et comprendre les mécanismes qui concourent à cet évènement exceptionnel.

15h45 Etat des lieux sur les connaissances scientifiques concernant le virus H5N1 et contamination des colonies de vautours fauves Guillaume le Loch et Jean Luc Guérin (ENVT)

L’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène qui sévit en Europe depuis l’automne 2021, principalement causée par un virus de sous-type H5N1, est exceptionnelle de par son intensité (nombre de foyers en élevage et de cas dans l’avifaune sauvage), sa durée (pas d’arrêt de l’épizootie durant l’été 2022) et le spectre très large d’espèces de l’avifaune sauvage infectées. Parmi les espèces nouvellement concernées, les populations de vautours fauves en France et probablement aussi en Espagne, semblent avoir été largement infectées. Afin d’explorer la dynamique d’infection de plusieurs colonies françaises l’ENVT (UMR IHAP), avec l’appui de la LPO, de l’association Saiak et du CNRS (CEFE), a mené une enquête sérologique et virologique (écouvillons oropharyngés et pulpes de plumes) sur 137 oiseaux cliniquement sains capturés sur quatre sites (Pays Basque, Aude, Causses, Baronnies) en juin et juillet 2022. Afin de compléter cette enquête, des analyses virologiques ont également été réalisées sur des plumes de 34 poussins prélevés au nid durant le pic apparent de l’épizootie (mai-juin). Enfin, en vue d’étudier l’origine de cette contamination, les séquences de virus détectés sur trois cadavres de vautours (deux dans l’Aveyron et un dans les Pyrénées-Atlantiques) ont fait l’objet d’une analyse phylogénétique préliminaire. Les premiers résultats montrent l’absence de détection de virus sur les animaux vivants (137 oiseaux volants et 34 poussins), signifiant l’absence d’infection active et d’excrétion sur ces oiseaux, alors que la détection d’anticorps permet de suspecter une exposition des différentes colonies, à des niveaux a priori variables (de 5% de séropositifs dans les Baronnies à 47% dans le pays Basque). Bien que ces différences entre colonies soient difficiles à expliquer, ces résultats suggèrent que beaucoup d’oiseaux ont survécu à l’infection malgré un impact clinique parfois objectivé. Enfin les analyses phylogénétiques, très préliminaires à ce stade, suggèrent des liens génétiques importants entre virus détectés sur les vautours, suggérant une contamination initiale probablement unique et une diffusion ultérieure entre colonies, sans lien épidémiologique évident avec les foyers d’élevages du sud-ouest français. Des travaux sont en cours pour consolider ces données et ainsi mieux comprendre la dynamique d’infection dans et entre les colonies de vautours fauves.

16h45 Bilan 2022 du comptage des vautours fauves dans les Alpes Christian Couloumy (Envergure alpine)

Depuis les sites de lâchers préalpins autour des années 2000, les vautours fauves ont entrepris la reconquête des territoires pastoraux des Grandes Alpes, territoires oubliés depuis des décennies.
A l’initiative du PN Mercantour (Daniel Demontoux), un programme de dénombrement annuel estival des vautours présents dans les Alpes françaises, puis en Italie et en Suisse, a été initié dès la fin des années 2000. La couverture de l’espace qui s’étend du Léman à la Méditerranée et du Rhône aux frontières transalpines a été assurée par de nombreux observateurs en poste fixe près des dortoirs connus. Ces opérations ont permis d’évaluer le nombre d’individus présents au cœur de l’été : préAlpes et Grandes Alpes comprises . L’ordre de grandeur est estimé à 2500 – 3000 vautours fauves.
Les difficultés de recrutement de volontaires, le poids de l’organisation et une certaine démobilisation ont amené à espacer les opérations. Compte tenu de ces difficultés il est nécessaire aujourd’hui de réfléchir à leur avenir.
 

17h15 Objectif et premiers résultats d'équipement GPS sur des vautours fauves au Pays Basque et dans l'Aude Michel Clouet (Saiak), Lise Dauverne (LPO Occitanie Dt Aude)

Le programme « Suivi télémétrique de vautours fauves au Pays-Basque » est porté par l’association Saiak dans le cadre du Plan National d’Actions «Vautour fauve et activités d’élevage 2017-2026» et des «Études et suivis scientifiques Natura 2000» financées par l’État (DREAL Nouvelle-Aquitaine).
Grâce à la collaboration du CEFE (Montpellier) et du Parc National des Pyrénées, il a permis de baguer et d’équiper de balises de géolocalisation sept jeunes vautours à l’aire en 2021, cinq en 2022 et 29 adultes en mai et juin 2022.
Les premiers résultats attestent d’une forte mortalité juvénile en 2021 et permettent une estimation des domaines vitaux et des déplacements des adultes reproducteurs et de juvéniles après l’envol.
En 2021, la LPO Occitanie DT Aude a équipé une dizaine de vautour fauve par balise GPS. En espérant équiper des individus issus de la population nicheuse audoise de Vautour fauve, espèce « sentinelle » pour les autres vautours et en particulier le Gypaète barbu, les deux objectifs principaux sont d’améliorer les connaissances sur les couloirs de déplacement par rapport aux risques anthropiques associés et mieux appréhender l’ensemble de la ressource alimentaire disponible. Ce projet a été réalisé dans le cadre du Life Gypconnect et s’intègre dans le programme de recherche du CEFE-CNRS de Montpellier coordonné par Olivier Duriez intitulé « Suivi bio-télémétrique des vautours fauves, moines, percnoptères et Gypaètes barbus en France ».
Après une brève présentation du dispositif mis en place pour la capture d’individus adultes, nous vous présenterons les premiers résultats de l’année écoulée grâce aux données GPS.
 

17h45 Quantification de la ressource alimentaire disponible hors placettes chez les vautours fauves des Causses et des Baronnies (Olivier Duriez, Killian Gregory, Akshay Bharadwaj ) Olivier Duriez (CEFE/CNRS)

Les vautours ont, en tant que charognards stricts, un rôle écosystémique essentiel via l’élimination rapide de carcasses d’ongulés et peuvent être des espèces sentinelles de l’environnement. Pour conserver cette guilde très menacée, l’apport de nourriture supplémentaire a été mis en place pour permettre aux vautours d’avoir accès aux carcasses issues de l’élevage local. Néanmoins, ces derniers semblent bénéficier d’autres ressources alimentaires déposées en dehors des sites officiellement dédiés à l’équarrissage naturel. Afin d’identifier ces zones et de quantifier l’apport de nourriture non déclaré officiellement et sa contribution à l’accroissement de la population de vautours, nous avons utilisé le suivi biotélémétrique de vautours fauves (Gyps fulvus) dans les Grands Causses et dans les Alpes.
Des études préliminaires ont permis de valider une méthode de discrimination automatique des comportements d’alimentation des autres comportements à partir de capteurs d’accélérométrie intégrés dans des balises GPS. Dans un second temps, nous avons analysé les déplacements de 27 vautours fauves suivis de septembre 2018 à décembre 2021 dans les Causses, et 3 vautours suivis de mars 2020 à décembre 2021 dans les Baronnies.
Une majorité de sites d’alimentation des vautours étaient non référencés (autour de 50% dans les Causses et 80% dans les Alpes). Cette proportion était maximale en été ou automne, et augmentait avec la distance à la colonie. Dans les deux régions, plus de 80% des sites n’ont été visités qu’une seule fois par les vautours, révélant une utilisation opportuniste de ressources aléatoires. Il existe toutefois une dizaine de sites non référencés où les vautours se sont alimentés entre 25 et 50 fois, traduisant des dépôts officieux réguliers. Enfin les vautours semblent développer des stratégies individuelles, répétables d’une année sur l’autre, avec des individus s’alimentant préférentiellement sur les sites non référencés et d’autres préférant les placettes et charniers officiels. Dans les Causses, l’immense majorité des sites non référencés se trouvaient sur les quatre causses majeurs et très peu dans le Nord du massif Central ou l’ouest de l’Aveyron. Dans les Alpes, la majorité des sites non référencés se situaient à proximité des colonies en hiver, mais s’étendaient sur toute la chaine des Alpes Françaises en été.
Le maintien du suivi télémétrique des vautours et une évaluation plus précise de la quantité de carcasses vestiges des activités de chasse, permettrait d’estimer plus précisément ce dont se nourrissent les vautours et à quelle fréquence lorsqu’ils n’utilisent pas les placettes d’équarrissage naturel.
 

18h15 Evaluation de la ressource alimentaire disponible pour le Vautour fauve dans le massif pyrénéen Yves Peyre Stéphane Duchateau (OFB DR Nouvelle-Aquitaine)

Une estimation des besoins nécessaires à la population de Vautours fauves des Pyrénées françaises a été effectuée au cours du printemps 2022. La quantité de nourriture disponible, incluant les ressources issues de l'activité d'élevage (dépôts sur placettes, dépôts sur charniers non autorisés, mortalités en estive) et celles de la faune sauvage (mortalités naturelles et déchets de chasse), a également fait l'objet d'une évaluation. Ces données permettront une meilleure compréhension de la dynamique de l'espèce dans le massif.

Dimanche 16 octobre

2 sorties au choix suivant la météo
1. Sortie à pied autour du projet Vautour moine suivant la météo
2. Départ en voiture vers l'observatoire des vautours

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