Aperçu du séminaire final LIFE GypConnect

Environ 150 conservateurs, chercheurs et passionnés du Gypaète barbu nous ont rejoints à Die, dans la Drôme, en France, pour la réunion annuelle sur le Gypaète barbu 2021 et le séminaire final de LIFE GypConnect. Le projet touche à sa fin et le séminaire final de LIFE GypConnect, qui s'est déroulé du jeudi 25 au vendredi 26 novembre 2021, a permis de discuter des principaux résultats et des plans pour l'avenir.
Mené par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), le projet LIFE GYPCONNECT visait à établir des connexions entre les populations de gypaètes barbus des Alpes et des Pyrénées. 

Premier jour du séminaire final LIFE GypConnect

Le coup d'envoi des sessions a été donné par Vautours en Baronnies (VEB), le Parc Naturel Régional du Vercors (PNRV) et la LPO Grands Causses (LPO GC), les partenaires locaux du projet LIFE GypConnect, en partageant les résultats des efforts de réintroduction et en présentant le bilan de 6 ans de lâchers de gypaètes barbus dans le Vercors, les Baronnies et le Massif central.

L'évolution des observations de gypaètes barbus depuis le début jusqu'à la fin du projet Life a été présenté par VEB, le PNRV, la LPO GC et la LPO Aude, représentés par Yves Roulleaud de la LPO Aude.

Le suivi écotoxicologique des gypaètes barbus a été présenté par le Centre National d'Informations Toxicologiques Vétérinaires (CNITV). Ce suivi a été réalisé tout au long du projet afin d'identifier les menaces et d'orienter les actions de conservation.

Une des missions importantes du projet était de réduire les conséquences négatives des lignes électriques dangereuses sur la biodiversité. ENEDIS a présenté son travail pour l'atténuation des impacts des lignes électriques dangereuses dans les Baronnies et les Grands Causses. 

Des expérimentations de munitions alternatives ont été réalisées dans le parc national des Cévennes. Hervé Picq et Jean Claude Tolphin ont présenté le bilan de cette action. Le projet a permis de sensibiliser les chasseurs à la présence importante de plomb dans la faune et de promouvoir des munitions alternatives pour la saison de chasse. L'évaluation de la satisfaction des essais a montré une satisfaction pour le grande majorité des chasseurs ayant participé à l'expérimentation.

Léa Giraud (LPO GC) a réalisé une présentation sur la persécution illégale des gypaètes barbus. Dans cette présentation, était exposés la fréquence et les impacts potentiels de ces persécutions. Malheureusement, la persécution directe du Gypaète barbu est toujours présente. Au cours du projet, 15 gypaètes barbus ont été nécropsiés. De plus, 13% des vautours morts présentaient des résidus de plomb provenant de munitions.

Les actions mises en place au cours du projet ont permis une amélioration de la disponibilité des ressources alimentaires pour le gypaète barbu. Anna Terras de la LPO Aude a dépeint ces actions. 12 petites stations de nourrissage ont été créées spécifiquement pour le Gypaète barbu pendant le projet LIFE GypConnect. De plus, les autorités françaises n'ont pas donné la possibilité d'établir des sites de nourrissage en dehors des sites spécifiques de nourrissage supplémentaire et les communautés locales n'aiment pas voir des carcasses dans l'environnement.

LPO Aude a réalisé une revue de l'utilisation de stations d'alimentation supplémentaires par le gypaète barbu. L'objectif de l'utilisation de stations de nourrissage supplémentaires était d'augmenter la disponibilité de nourriture pour les vautours et de les attirer dans la région. Ces stations ont permis d'augmenter le flux d'individus entre les Alpes et le Massif Central.

Le rôle des acteurs locaux et les actions de sensibilisation ont été présenté par Noëllie Ortega (PNRV) qui était en charge de la sensibilisation à la conservation du gypaète barbu.

Léa Giraud (LPO GC) a fait un panel des outils de communication et d'enseignement créés dans le cadre du projet LIFE.

Deuxième journée du séminaire final LIFE GypConnect

La deuxième journée du séminaire a débuté par une présentation de VEB et le PNRV. La présentation portait sur le suivi et la réintroduction des vautours dans les Préalpes françaises pendant les 30 dernières années. L'idée de réintroduire des vautours dans les Préalpes date de 1987. Aujourd'hui, près de 700 couples reproducteurs existent dans les Baronnies, le Verdon et le Vercors.

Une revue des études scientifiques menées dans le cadre de Gypconnect a été réalisé par François Sarrazin (Université de la Sorbonne). Cette présentation dense a permis la présentation des indicateurs mis en place pour estimer l'état des populations et de la métapopulation, les prédiction établies avant le commencement du programme, une comparaison entre l'état des populations à la fin du programme et les prédictions et ainsi, des perspectives de continuité pour la conservation de l'espèce.

La deuxième moitié de matinée a commencé par un résumé des principaux résultats du Life présentés par Julien Traversier et Léa Giraud de la LPO GC (conférence qui devait être initialement mené par Pascal Orabi qui n'a malheureusment pas pu être présent à l'événement afin de déposer le Life Gyp'Act). Le projet a permis de relâcher 42 oiseaux grâce au réseau d'élevage en captivité du gypaète barbu géré par le Vulture Conservation Foundation (VCF), alors qu'il était initialement prévu de relâcher 24 oiseaux. Pour améliorer la disponibilité de la nourriture, 8 points spécifiques ont été créés et 29 Placets. Les principales causes de mortalité documentées sont les traumatismes, les électrocutions, les pathologies infectieuses, les empoisonnements, les collisions avec les éoliennes, les tirs et les collisions avec les lignes électriques. 

Franziska Lörcher de la VCF a conclus la matinée par une présentation globale sur la contribution de GypConnect à la conservation des populations voisines de gypaètes barbus. Pour atteindre la connexion entre les populations, nous avons besoin de la dispersion natale, afin d'avoir une métapopulation en Europe.  L'analyse montre que les mouvements entre les chaînes de montagnes existent, mais sont rares, avec un seul migrateur reproducteur détecté des Pyrénées dans les Alpes. De plus, la population des Pyrénées semble être saturée et nous nous attendons à ce que les oiseaux de cette population commencent à se déplacer vers de nouvelles aires de répartition prochainement. Il y a également un besoin d'augmentation de la diversité génétique dans les Alpes (par migration, introduction d'oiseaux de nouveaux pool génétiques...).

Article original : ici
Clara Borrel