Les premières explorations

Voilà presque 3 mois que Roc et Rei del Causse ont été lâchés à Meyrueis.
Il y a un peu plus d’un mois, ils commençaient à voler.
Dès leur envol, ils ont démontré leur agilité dans les airs aux observateurs émerveillés.
Ils sont aujourd’hui presque aussi habiles que leurs congénères plus âgés.
Leurs vols sont de plus en plus longs et majestueux.
Ils parcourent depuis deux semaines de plus grandes distances ; c’est le début de leurs explorations au-delà du site de réintroduction.
Lors de ces premières pérégrinations hors du site, ces jeunes gypaètes commencent à appréhender leur nouvel environnement mais aussi, débute pour eux l’apprentissage des prospections alimentaires.

Depuis ses premiers vols, Roc a parcouru presque 2 000 km, avec parfois des vols à plus de 1 700 m d’altitude.
Son congénère Rei a eu une progression plus lente et a parcouru 1000 km depuis l’envol.
Cette différence est sans doute due à la difficulté de ce plus jeune oiseau à voler les premiers jours.
Il a aussi pris plus de temps pour acquérir son indépendance par rapport au taquet.
Maintenant, Rei est tout à fait à l’aise en vol et le montre bien lors de ses interactions aériennes avec des vautours fauves, des aigles royaux, des grands corbeaux …!

Nos jeunes explorateurs ont débuté leurs expéditions en longeant les corniches de la zone de réintroduction, en direction de Meyrueis ou du col de Perjuret.
Nous avons pu observer, jour après jour, leur progression et leurs vols de plus en plus lointains.
Quelques semaines plus tard, Roc et Rei del Causse ont quitté le site de réintroduction pendant quelques heures, jusqu’à leur retour à la vire.

  Ensuite, Roc fut l’oiseau le plus téméraire : il débuta les expéditions hors de la vallée plus tôt que son congénère. Son émancipation a débuté le 27 juin, avec un déplacement jusqu’au Mont Aigoual.
Deux jours plus tard, il effectua un repérage dans le secteur de la grotte de l’Aven Armand.
Puis, il survola l’abime de Bramabiau ou encore l’amont des gorges de la Jonte, dans le secteur de la grotte de Dargilan.
Début juillet, il a étendu davantage ses explorations dans les gorges du Tarn, jusqu’à Campagnac (en Aveyron, à environ 38 km du site de réintroduction à vol d’oiseau) et Saint-Eulalie-d’Olt (à 65 km à vol d’oiseau), ou encore jusqu’au Mont Lozère ou l’Aubrac.
Plus les jours passent, plus ses « vadrouilles » deviennent importantes.
Mais depuis hier (27/07), Roc a franchi un nouveau cap : il a quitté les Grands Causses pour la première fois !
Le voilà, selon les dernières données GPS transmises, dans le Cantal, au Puy Mary !
Il y a d’ailleurs déjà été observé à plusieurs reprises par des ornithologues.

Rei a, quant à lui, débuté ses explorations dans le « nouveau monde » en commençant par des petits allers-retours sur le Causse Méjean.
Il a notamment été observé au niveau d’une lavogne, lors de ses vagabondages.
Son premier vol hors du site de réintroduction a été effectué le 10 juillet.
Ce jour-là, nous l’avons perdu de vue pendant quelques heures.
Grâce aux données GPS, nous avons su qu’il était parti sur le Causse Méjean puis, qu’il a volé en direction de Fraissinet-de-Fourques pour enfin se diriger vers le sommet du Mont Aigoual. Il était finalement de retour le soir-même sur le site de taquet.
Il effectua ce déplacement en moins de 50 minutes !
A partir de ce jour, Rei a commencé à s’émanciper du site de lâcher.
Le 21 juillet, Rei del Causse alla jusqu’au Mont Lozère.
Quelques jours après, le 24 juillet, il repartit cette fois jusqu’au Parc naturel régional de l’Aubrac, en allant jusqu’à Nasbinals.
Il est ensuite redescendu pour passer la nuit à côté de La Malène (gorges du Tarn).

Les deux oiseaux sont maintenant de très bons planeurs, pouvant faire de nombreux kilomètres en une journée.
Leurs explorations ne font que débuter mais nous espérons qu’ils fréquenteront le plus longtemps possible les Grands Causses.