Le suivi 2013 des colonies de vautours dans les Grands Causses

 

  • Vautours fauves

En 2013, le suivi de terrain a permis de constater 414 tentatives de reproduction pour cette espèce soit 11% d’augmentation par rapport à l’année 2012. Le succès de reproduction reste bon avec un taux à 0,74 pour 309 jeunes envolés.
Deux départements accueillent cette colonie, la Lozère et l’Aveyron pour 13 communes différentes.
Comme tous les ans, 50 poussins ont été bagués à l’aire. Le travail de contrôle des bagues et d’indentification des individus permet les études de dynamique des populations menées par le Muséum National d'Histoire Naturelle et le CNRS.

Ce suivi est réalisé d’une part par les salariés de l’Antenne LPO et d’autre part des agents de terrain du Parc national des Cévennes.
Il a deux finalités. Réalisé depuis le début de la réintroduction, il sert en quelque sorte de baromètre et permet de mesurer l’évolution de la colonie (Evolution numéraire et spatiale). Les scientifiques du Muséum ou du CNRS, avec qui nous travaillons, n’hésitent pas à parler de «laboratoire» quand ils parlent du travail réalisé sur ce site. Cette présence sur le terrain pour acquérir ces données, permet également d’avoir une bonne crédibilité vis à vis de certains interlocuteurs ou partenaires. Cette légitimité est précieuse, notamment avec les partenaires du monde agricole, cette espèce étant étroitement liée à cette profession de par son mode d’alimentation.

  • Vautours moines

Avec 21 couples reproducteurs, cette espèce semble «stagner» dans les Grands Causses. Le nombre de couples ne décolle pas et le nombre de jeunes à l’envol reste modeste, 12 en 2013. Il est certain que le travail de repérage des sites de reproduction est plus délicat à réaliser, comme toute espèce arboricole et ce, malgré la taille imposante de ce rapace. Nous pouvons donc imaginer que 1, 2 voire 3 couples nous échappent peut-être… Mais d’autres facteurs rentrent aussi en ligne de compte, comme le dérangement des sites. Par exemple, un affût photographique a été trouvé le jour du baguage sur un des sites des gorges de la Dourbie… Malgré un petit mot laissé à l’attention du photographe pour qu’il nous contacte, personne ne s’est manifesté… Le couple en question avait d’ailleurs construit une autre aire plus bas dans la pente.
Les jeunes issues de la colonie caussenarde, sont souvent observés en erratisme. Ils sont notamment identifiés sur les sites de réintroduction des Préalpes du sud mais aussi sur le projet Catalan.

  • Vautours percnoptères

Cette année, un seul couple reproducteur était présent dans notre région. Ce couple, localisé assez tardivement a permis malgré tout l’envol de 2 jeunes vers le fin du mois d’août. Au début du mois de juillet, les 2 poussins ont été bagués au nid. Le site de reproduction était situé dans un des sites d’escalade des Gorges de la Dourbie, site assez fréquenté au printemps et bien connu des millavois. En accord avec le CAF de Millau et le Parc Régional des Grands Causses, les voies d’escalade ont donc été neutralisées de manière à assurer le bon déroulement de la nidification. Nous en profitons pour remercier de nouveau le CAF pour cette fructueuse collaboration.

  • Gypaètes barbus

Les oiseaux lâchés en 2012 et 2013 : Basalte, Cardabelle et Layrou, sont observés régulièrement ou suivi grâce à leur balise GPS. Basalte est toujours dans les Alpes, Cardabelle dans les Pyrénées et Layrou est cantoné sur la corniche Sud-Est du Causse Méjean depuis plusieurs semaines.