Nouvel article scientifique sur le Vautour Percnoptère

Peut-on sauver une population de vautours percnoptère avec l'introduction d'oiseaux élevés en captivité ?

 Les vautours percnoptères qui se reproduisent en Europe de l'Est migrent sur environ 5000 km deux fois par an pour se déplacer entre les régions de reproduction et d'hivernage. Ces voyages sont dangereux et de nombreux vautours meurent de menaces humaines en cours de route, telles que la persécution directe, l'empoisonnement par inadvertance, l'électrocution ou la collision avec l'infrastructure électrique.

 La population de vautours percnoptères des Balkans a chuté de plus de 600 couples dans les années 1980 à seulement 48 couples en 2020. Malgré les nombreuses mesures de conservations mises en place, la population ne cesse de diminuer. Les programmes de renforcement de la population nécessitent des engagements à long terme pour réussir et peuvent détourner des ressources limitées d'autres mesures de conservation. Une évaluation de la capacité de ces programmes à stabiliser une population est donc indispensable pour justifier les investissements.

 Des écologistes de la BSPB (Bulgarian Society for the Protection of Birds), de BirdLife Bulgarie, de Hellenic Ornithological Society, de BirdLife Grèce, de Green Balkans et d'autres ONG environnementales de la région ont donc examiné si l'élevage de vautours percnoptères en captivité pourrait aider ou non à stabiliser sa population. Avec l'aide du Centre RSPB pour la science de la conservation, des années de données de suivi ont été rassemblées, cela comprenait le nombre de couples reproducteurs, le succès de la reproduction, les données d’occupation individuelle du territoire pour déduire quels adultes ont survécu, et enfin les données de suivi des juvéniles pour évaluer combien d'entre eux ont survécu jusqu'à l'âge de cinq ans, date à laquelle ils commencent généralement à se reproduire. Un modèle pour prédire l’évolution de la population au cours des 30 prochaines années a été créé.

 Les résultats de cette étude montrent que tant que la mortalité d’origine humaine reste importante le long de la voie de migration et qu’on observe aucune amélioration de la survie, libérer même jusqu'à 15 oiseaux élevés en captivité chaque année ne suffirait pas à maintenir la population reproductrice des Balkans. Cependant, le risque d'extinction dans 30 ans serait nettement plus faible avec que sans renforcement de la population. Le temps gagné pourrait par la suite être utilisé pour augmenter la survie des oiseaux dans la nature d'environ 6 %, ce qui serait suffisant pour que la population soit autosuffisante sans qu'il soit nécessaire de procéder à d'autres lâchers en captivité.

 Il reste donc un espoir pour la population de vautours percnoptères dans les Balkans. Les travaux progressent dans de nombreux pays pour réduire l'empoisonnement des animaux sauvages, pour remettre à neuf les infrastructures électriques dangereuses afin de réduire les décès accidentels dus aux collisions et aux électrocutions, et pour réduire la persécution directe des vautours.

 Vous pouvez retrouver l’article original ici

 Tiré de l’article : Population reinforcement and demographic changes needed to stabilise the population of a migratory vulture